Etienne, Vincent Arago

1802 - 1892

Informations générales
  • Né le 9 février 1802 à Estagel (Pyrénées-Orientales - France)
  • Décédé le 6 mars 1892 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Pyrénées-Orientales
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 14 février 1871
Département
Pyrénées-Orientales

Fonds d'archives

Le fonds Arago, conservé aux Archives nationales, couvre la période 1797-1892. Les documents sont cotés en 348 AP et ont fait l’objet d’un microfilmage (372 Mi). Ils sont décrits dans un état sommaire et sont en libre accès.
Le fonds regroupe les papiers personnels de François et Etienne Arago et des familles Mathieu et Laugier.
De plus amples renseignements sur ce fonds sont disponibles sur le site Internet des Archives nationales.

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Frère de Dominique François Jean Arago (1786-1853) - membre du Gouvernement provisoire de 1848, et représentant du peuple aux Assemblées constituante et législative de 1848-49, lui-même représentant du peuple à l'Assemblée constituante de 1848 et représentant à l'Assemblée de 1871, né à Estagel (Pyrénées-Orientales) le 9 février 1802, il fut d'abord préparateur à l'Ecole Polytechnique, mais quitta bientôt la chimie pour la littérature dramatique.

De 1824 à 1847, il fit représenter, en collaboration avec Bayard, Dumanoir, Anicet Bourgeois, etc., plusieurs comédies et vaudevilles qui eurent du succès. Son dernier ouvrage, dans ce genre, fut une comédie en cinq actes et en vers, les Aristocrates, jouée au Théâtre-Français, et empreinte des idées démocratiques chères à l'auteur.
En voici les derniers vers :

« Chacun doit ici-bas mettre la main à l'oeuvre.
« Comme dans un navire, où tout homme manoeuvre,
« À la proue, à la poupe, aux mâts, au gouvernail.
« La loi de l'univers, n'est-ce pas le travail ? ...
Directeur du théâtre du Vaudeville de 1830 à 1840, et très répandu dans le monde des arts, M. Etienne Arago écrivit en même temps dans plusieurs journaux, notamment dans le Siècle et dans la Réforme qu'il contribua à fonder, maint article politique et littéraire.

Il avait été en 1830 parmi les combattants de Juillet, à qui il avait distribué les armes qui se trouvaient dans son théâtre, et depuis, il se trouva mêlé à toutes les luttes du parti républicain contre la royauté. Compromis dans la journée de juin 1832 et d'avril 1834, il réussit à se cacher à Puteaux.

En février 1848, il prit possession de la direction des postes, qu'il conserva jusqu'à l'élection du prince Louis-Napoléon Bonaparte à la présidence. En cette qualité, il consentit à retarder, le 25 novembre 1848, de plusieurs heures, le départ ordinaire du courrier, pour permettre d'y joindre la nouvelle du vote de l'ordre du jour fameux qui déclarait que le général Cavaignac avait bien mérité de la patrie. Cet acte, diversement apprécié, donna lieu à de vives polémiques. On lui doit, comme directeur des postes, la création des timbres-poste à vingt centimes.
Elu, le 23 avril 1848, représentant du peuple à l'Assemblée constituante par le département des Pyrénées-Orientales, le 4e sur 5, avec 25 364 voix sur 36 773 votants et 45 700 inscrits, il siégea à la Montagne, et, sauf dans le scrutin sur l'ordre du jour cité plus haut, vota le plus souvent avec les républicains avancés. Il opina:

- contre les poursuites intentées à Louis Blanc et à Caussidière,
- pour l'amendement Grévy,
- pour la suppression de l'impôt du sel,
- contre la position Rateau,
- contre l'interdiction des clubs,
- et pour l'amnistie des transportés.

Adversaire déclaré de l'expédition de Rome et de toutes les mesures proposées par les ministres du prince président, il observa la même attitude après la dissolution de la Constituante, et le 13 juin 1849 il se joignit, comme chef de bataillon, - il n'était pas représentant à la Législative - aux députés et aux gardes nationaux qui protestèrent aux Arts et Métiers contre l'expédition de Rome.

Poursuivi après cette journée, il se réfugia en Belgique, et fut condamné par contumace à la déportation. Il voyagea alors dans divers pays, à Bruxelles, en Angleterre, en Hollande, en Suisse, et publia, entre autres : Spa et son histoire, un poème : le Deux Décembre, et un volume en vers : la Voix de l'exil.

L'amnistie de 1859 lui ayant permis de rentrer en France, il rédigea à l'Avenir national de M. Peyrat, le feuilleton dramatique ; ce ne fut qu'après le 4 septembre 1870 qu'il fut rendu à la politique militante. Nommé maire de Paris par le gouvernement de la Défense nationale, il prit une part active aux travaux de la défense. Au 31 octobre 1870, il promit aux envahisseurs de l'Hôtel de Ville, de concert avec Dorian, que les élections auraient lieu à bref délai et, le lendemain, confirma cette promesse dans un manifeste qu'il fit placarder sur les murs. Les élections ayant été ajournées par le gouvernement, M. Etienne Arago donna sa démission de maire de Paris ; il refusa la place de commissaire général des monnaies, qui lui fut offerte en compensation, et fut, le 8 février 1871, élu représentant à l'Assemblée nationale, par les Pyrénées-Orientales, mais il donna sa démission au bout de six jours. En fait, il ne prit pas même séance à l'Assemblée, se trouvant en Italie au moment de son élection, pour une mission dont l'avait chargé le gouvernement.

Depuis, M. Etienne Arago a renoncé à la politique.

En 1874, il a publié sous le titre : l'Hôtel de Ville au 4 septembre et pendant le siège, le récit des événements dont la mairie de Paris avait été le théâtre ; cet ouvrage a surtout le caractère d'une défense personnelle en réponse au rapport hostile de M. Daru devant la commission d'enquête parlementaire. Il remplit actuellement les fonctions de conservateur du musée du Luxembourg, et a présidé, en 1887, à l'agrandissement et à l'installation nouvelle de ce musée.


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