Pierre Lanfrey

1828 - 1877

Informations générales
  • Né le 26 octobre 1828 à Chambéry (Savoie - France)
  • Décédé le 15 novembre 1877 à Pau (Pyrénées-Atlantiques - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Centre gauche

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 15 décembre 1875 au 15 novembre 1877

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1871 sénateur de 1875 à 1877, né à Chambéry (Savoie) le 26 octobre 1828, mort à Pau (Basses-Pyrénées) le 15 novembre 1877, fils d'un ancien officier de l'Empire, il commença ses études au collège des jésuites de sa ville natale ; un pamphlet qu'il composa contre les R. P. obligea ses parents à le changer d'institution.

Envoyé au collège Bourbon à Paris, il suivit ensuite les cours de l'Ecole de droit mais il ne se fit pas inscrire au barreau et, préférant se consacrer à des études de philosophie, d'histoire et de littérature, débuta, en 1857, par un remarquable écrit intitulé : l'Eglise et les philosophes du XVIIIe siècle. Les opinions démocratiques qu'il y affirmait attirèrent l'attention sur le jeune auteur, qui publia, quelque temps après, un Essai sur la Révolution française (1858), une Histoire politique des papes (1860) et des Etudes et portraits politiques (1863), empreints des mêmes sentiments. Vers la même époque, il donnait des articles au journal le Temps. En 1867, il commença la publication de son ouvrage le plus important, l'Histoire de Napoléon Ier, terminé en 1875 ; examinant d'un point de vue nouveau les actes politiques et militaires du règne de l'empereur, M. Lanfrey les appréciait avec une sévérité qui souleva d'assez vives polémiques.

Républicain modéré, M. Lanfrey désapprouva la conduite de la délégation provinciale du gouvernement de la Défense nationale, attaqua personnellement Gambetta, refusa la préfecture du Nord qui lui était offerte et fit, dans les rangs des mobilisés de la Savoie, la campagne franco-allemande.

Après l'armistice, il fut élu (8 février 1871) représentant des Bouches-du-Rhône à l'Assemblée nationale, le 7e sur 11, par 47,323 voix (75,803 votants, 140,189 inscrits). Il s'inscrivit au centre gauche et à la gauche républicaine, et vota avec les républicains conservateurs qui appuyèrent la politique de Thiers.

Nommé, le 9 octobre 1871, ambassadeur de France à Berne, il donna sa démission après le 24 mai 1873, et revint prendre part aux travaux parlementaires. Il vota alors:

- contre le septennat,
- contre la loi des maires,
- contre l'état de siège,
- pour l'amendement Wallon
- et pour l'ensemble de la Constitution.

Vice-président du centre gauche, il fut chargé, peu de temps avant la séparation de l'Assemblée, d'exposer le programme électoral de ce groupe dans un manifeste que publièrent les journaux (décembre 1873). Le 15 du même mois, M. Pierre Lanfrey fut élu sénateur inamovible par l'Assemblée nationale, le 45e sur 75, avec 350 voix (676 votants). Il s'inscrivit encore au centre gauche du Sénat; mais l'état de sa santé ne lui permit pas d'être assidu aux séances ; obligé d'aller résider dans le Midi, il mourut à Pau, le 15 novembre 1877.