Pierre, Edmond Teisserenc de Bort

1814 - 1892

Informations générales
  • Né le 4 septembre 1814 à Châteauroux (Indre - France)
  • Décédé le 29 juillet 1892 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIIe législature
Mandat
Du 1er août 1846 au 24 février 1848
Département
Hérault
Groupe
Majorité
Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Haute-Vienne
Groupe
Centre gauche

Mandats au Sénat ou à la Chambre des pairs

Sénateur
du 30 janvier 1876 au 7 janvier 1882
Sénateur
du 8 janvier 1882 au 3 janvier 1891
Sénateur
du 4 janvier 1891 au 29 juillet 1892

Biographies

Député de 1846 à 1848, représentant en 1871, membre du Sénat et ministre, né à Châteauroux (lndre) le 4 septembre 1814, il fut élève de l'Ecole polytechnique, et en sortit (1835) dans l'administration des tabacs.

Mais il s'occupa bientôt d'études techniques relatives aux chemins de fer et fit paraître successivement : Les travaux publics en Belgique et les chemins de fer en France (1839); Lettres adressée au ministre des travaux publics sur sa mission en Angleterre (1839); De la politique des chemins de fer et de ses applications diverses (1842); Etude d'un chemin de fer de Paris à Toulouse et à Bordeaux; Des principes économiques qui doivent présider au choix des tracés de chemins de fer (1843), etc. Secrétaire général, dès l'origine, de la commission établie en 1842 pour la surveillance des voies ferrées, puis commissaire général de l'exploitation, il fut chargé en outre par le gouvernement de diverses missions en Angleterre, en Belgique et en Allemagne.

Elu, le 1er août 1846, député du 4e collège de l'Hérault (Pézenas), par 333 voix (574 votants, 784 inscrits), contre 234 à M. Bédarrides, il siégea auprès de son beau-père, M. Muret de Bort, appartint à la majorité conservatrice qui soutint la politique de Guizot, et rentra dans la vie privée en 1848.

Depuis lors, et pendant toute la durée de l'Empire, il vécut retiré dans ses propriétés de la Haute-Vienne, s'occupant d'agriculture et d'économie politique. Attaché (1852) comme administrateur au chemin de fer de Lyon à la Méditerranée, il avait donné encore plusieurs études spéciales telles que : Statistique des voies de communication en France (1845); Etudes sur les voies de communication perfectionnées et sur les lois économiques de la production des transports, suivies de Tableaux, Statistiques, etc. (1847) ; De la perception des tarifs sur les chemins de fer (1856).

Aux élections pour l'Assemblée nationale, le 8 février 1871, M. Teisserenc de Bort fut élu représentant de la Haute-Vienne, le 4e sur 7, par 43,466 voix (62,174 votants, 87,375 inscrits). Il prit place au centre gauche, vota pour la paix, pour les prières publiques, pour l'abrogation des lois d'exil, et se montra, dès l'ouverture de la session, disposé à soutenir les vues politiques et économiques de Thiers ; son opposition à l'impôt sur le revenu fut particulièrement remarquée.

Appelé, le 22 avril 1872, à succéder à M. de Goulard au ministère de l'Agriculture et du Commerce, il y défendit les théories protectionnistes, quitta le pouvoir avec Thiers le 24 mai 1873, et se prononça, contre le septennat, contre le cabinet de Broglie, contre l'état de siège, la loi des maires, pour l'amendement Wallon et pour l'ensemble des lois constitutionnelles. Il prononça plusieurs discours importants sur le travail des enfants dans les manufactures, sur le budget, l'envoi d'ouvriers à l'Exposition de Vienne, sur les caisses d'épargne, et fut chargé de rédiger le rapport sur la convention monétaire.

Les conservateurs libéraux et les républicains modérés s'unirent pour assurer le succès de la candidature de M. Teisserenc au Sénat, dans la Haute-Vienne, le 30 janvier 1876 ; élu par 133 voix (271 votants), il reprit son portefeuille, le 9 mars, dans le cabinet Dufaure-Richard, et, parmi les mesures importantes dont il eut l'initiative, il faut citer le décret (4 avril), qui décidait l'ouverture à Paris d'une Exposition universelle des produits de l'agriculture et de l'industrie ; on résolut bientôt d'y joindre une Exposition des Beaux-Arts, et, une fois les crédits votés, les travaux commencèrent aussitôt pour se continuer jusqu'en 1878. M. Teisserenc de Bort conserva son portefeuille dans le cabinet Jules Simon (12 décembre 1876), et ne le résigna que le 16 mai 1877, après l'acte du maréchal, qui appela au gouvernement MM. de Broglie et de Fourtou.

Il reprit sa place au centre gauche du Sénat, contribua à la résistance organisée par les groupes de la minorité républicaine de la Chambre haute, se prononça contre la dissolution de la Chambre, et rentra pour la 3e fois au ministère de l'Agriculture et du Commerce, quand fut formé (le 14 décembre 1877) le second cabinet Dufaure. Il présida, le 1er mai 1878, l'inauguration solennelle de l'Exposition, et le discours qu'il prononça à cette occasion fut empreint de sentiments nettement républicains. Après la démission du maréchal de Mac-Mahon, M. Teisserenc de Bort fut nommé par M. Grévy (février 1879) ambassadeur à Vienne. Il n'occupa ce poste que jusqu'au 17 avril 1880, en raison de son état de santé.

Au Sénat il vota avec la fraction la plus conservatrice du parti républicain, obtint le renouvellement de son mandat, le 8 janvier 1882, par 145 voix (261 votants), et devint vice-président de la Chambre haute. En 1888, il fut délégué par le gouvernement français près le gouvernement italien pour tenter d'amener une solution à la question pendante du traité de commerce. Aussitôt que l'Exposition universelle de 1889 fut décidée et dès le début de son organisation, il fut nommé vice-président de la société de garantie, puis président du comité supérieur de révision et président du jury supérieur des récompenses. Au Sénat, il s'est abstenu lors du veto sur l'expulsion des princes, et s'est prononcé, en dernier lieu,

- pour le rétablissement du scrutin d'arrondissement (13 février 1889),
- pour le projet de loi Lisbonne restrictif de la liberté de la presse,
- pour la procédure de la haute cour contre le général Boulanger.

Chevalier de la Légion d'honneur (1846).


Né le 4 septembre 1814 à Châteauroux (Indre), mort le 29 juillet 1892 à Paris (16e).

Député de l'Hérault de 1846 à 1848.

Représentant de la Haute-Vienne de 1871 à 1876.

Sénateur de la Haute-Vienne de 1876 à 1892.

Ministre de l'Agriculture du 22 avril 1872 au 24 mai 1873, du 9 mars 1876 au 16 mai 1877 et du 13 décembre 1877 au 4 février 1879.

(Voir première partie de la biographie dans ROBERT ET COUGNY, Dictionnaire des Parlementaires, t. V, p. 377.)

Nommé en 1889 président de la commission chargée d'examiner la convention conclue entre la France et les Pays-Bas, ses dernières manifestations d'activité furent, cette même année et en 1890, ses interventions en séance dans la discussion d'un projet de loi tendant à l'amélioration du port du Havre et de la Basse-Seine.

Néanmoins, il se représenta lors du renouvellement de 1891 et fut réélu sénateur le 4 janvier au premier tour, ayant obtenu 444 voix sur 633 votants, Il siégea peu, en raison d'une santé déclinante. Il devait mourir pendant l'intersession de 1892.

M. Teisserenc de Bort se signala, en toutes circonstances, par une compétence technique, des qualités d'organisateur, une précision et une simplicité oratoire qui le plaçait au premier rang dans les discussions.