François de Joinville

1818 - 1900

Informations générales
  • Né le 14 août 1818 à Neuilly-sur-seine (Hauts-de-Seine - France)
  • Décédé le 16 juin 1900 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Assemblée Nationale
Législature
Mandat
Du 8 février 1871 au 7 mars 1876
Département
Haute-Marne
Groupe
Centre droit

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Pair de France, représentant à l'Assemblée nationale de 1871, né à Neuilly (Seine) le 14 août 1818, troisième fils du roi Louis-Philippe, il suivit les cours du collège Henri IV à Paris, et se destina à la marine.

Après avoir voyagé en 1832 sur les côtes de l'Italie et de l'Algérie, il fut admis en 1834 à l'Ecole navale de Brest, fut nommé peu après enseigne (1835), puis lieutenant de frégate (même année), visita les grands ports de l'Angleterre, et devint lieutenant de vaisseau (1836). Il passa quelque temps en Orient, et reçut l'ordre de prendre part à l'expédition de Constantine; mais il arriva trop tard pour pouvoir contribuer à la prise de cette ville (1837). Ensuite il parcourut le Brésil, les Antilles, l'Amérique du Nord, se rendit au Mexique avec sa frégate la Créole, dont il était capitaine, contribua (27 novembre 1838) à la prise du fort de Saint-Jean d' Ulloa, fut cité pour ce fait à l'ordre du jour de l'armée, et, quelques jours après, à la tête d'une troupe de marins, enfonça une porte de la Vera-Cruz, pénétra dans la ville et fit prisonnier le général Arista. Promu capitaine de vaisseau et décoré de la Légion d'honneur (10 février 1839), il fut appelé au commandement de la Belle-Poule et se rendit à Sainte-Hélène, d'où il ramena en France, au mois de décembre 1840, les restes de Napoléon Ier. Deux ans plus tard, il partit pour le Brésil et épousa à Rio-de-Janeiro (1843) la sœur de l'empereur don Pedro II, la princesse dona Francesca de Bragance. Cette même année, le prince de Joinville fut promu contre-amiral, et entra à la chambre des pairs.

En 1844, il fut chargé de concourir par mer à l'expédition dirigée contre le Maroc par le maréchal Bugeaud. A la tête d'une escadre d'évolution, il bombarda Tanger (6 août), puis se dirigea vers Mogador, où il arriva le 11 août, et s'empara de vive force de cette ville après un bombardement. De retour en France, il fut nommé vice-amiral et membre du conseil d'amirauté, et s'occupa particulièrement des questions relatives à l'organisation d'une marine à vapeur. L'attitude du prince, son hostilité déclarée contre le ministère Guizot, l'offre de sa démission après le désaveu infligé à l'amiral Dupetit-Thouars, les tendances réformatrices que lui prêtait l'opinion publique, lui avaient acquis une réelle popularité, lorsque survint la révolution de 1848. Il se trouvait alors à Alger. Il remit spontanément son commandement aux autorités républicaines, et alla retrouver Louis-Philippe à Claremont, en Angleterre. Atteint d'une surdité presque complète, le prince de Joinville vécut dans la retraite, faisant de temps à autre quelque voyage, par exemple en Amérique, lorsqu'il se rendit (1861) auprès du président Lincoln avec son fils, le duc de Penthièvre, et ses deux neveux, le comte de Paris et le duc de Chartres.

Au début de la guerre franco-allemande (août 1870), le prince de Joinville demanda au gouvernement impérial à être employé dans les armées de terre ou de mer; il vint même à Paris après le 4 septembre, mais le gouvernement de la Défense nationale lui enjoignit de regagner l'Angleterre. Il ne s'en trouva pas moins, au mois de novembre, avec le général d'Aurelles, à l'armée de la Loire, et, sous le nom de colonel Lutherod, il prit part à quelques engagements. Gambetta ayant donné ordre de le faire rembarquer à nouveau, le prince de Joinville quitta la France en janvier 1871.

Quelques jours plus tard, le 8 février, il fut élu représentant à l'Assemblée nationale dans deux départements : dans la Haute-Marne, le 1er sur 5, par 45,648 voix (50,334 votants, 76,862 inscrits), et dans la Manche, le 1er sur 11, par 97,634 voix (98,856 votants). Il opta pour la Haute-Marne, et fut remplacé dans la Manche, le 9 juillet de la même année, par M. de Tocqueville.

L'examen de la validité de son élection et de celle de son frère, le duc d'Aumale, fut ajournée jusqu'au 8 juin 1871. Ce jour-là, la majorité vota l'abrogation des lois d'exil qui frappaient les Bourbons et valida l'élection des deux princes d'Orléans. Toutefois, en vertu d'un « engagement d'honneur » pris envers le pouvoir exécutif, ceux-ci déclarèrent qu'ils ne siégeraient point à l'Assemblée. Mais, le 18 décembre 1871, le prince de Joinville écrivit à ses électeurs de la Haute-Marne qu'il avait considéré l'engagement pris comme un simple ajournement, et qu'il s'en rapportait sur ce point à la décision de l'Assemblée elle-même. Après de vifs débats, l'Assemblée déclara se desintéresser dans la question, et le prince, interprétant cette réponse au gré de ses désirs, alla siéger au centre droit. Son rôle parlementaire fut d'ailleurs assez effacé. Il ne prit jamais la parole, s'abstint de voter sur la plupart des questions importantes, puis entra dans la coalition qui fit tomber Thiers du pouvoir le 24 mai 1873. Il se prononça pour le septennat, contre les propositions Périer et Maleville et s'abstint lors du vote de la Constitution du 23 février 1875.

En décembre 1875, au moment de la dissolution de l'Assemblée, le prince de Joinville adressa aux électeurs de la Haute-Marne une lettre dans laquelle il annonça qu'il n'accepterait aucune candidature aux prochaines élections ; en même temps il exposait ses vues et surtout ses regrets sur la question politique. Depuis lors il est rentré dans la vie privée. En 1872, il avait obtenu sa réinscription sur les contrôles de la marine comme vice-amiral ; admis (14 août 1883) dans la 2e section du cadre de réserve de l'état-major de l'armée navale, il en a été rayé après le vote de la loi d'expulsion des princes (juin 1886), qui d'ailleurs ne l'a pas autrement atteint. Le prince de Joinville a publié sous le voile de l'anonyme, dans la Revue des Deux-Mondes, diverses études sur la marine, réunies en un volume, puis : l'Angleterre, étude sur le self-government (1860) ; la Guerre d'Amérique, campagne du Potomac (1863) ; les Flottes des Etats-Unis et de la France (1865) ; Campagne de Sadowa et réorganisation militaire de la France (1868), etc.

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