Elie, Isidore, Jean Boudeau

1852 - 1912

Informations générales
  • Né le 4 février 1852 à La rochelle (Charente-Inférieure - France)
  • Décédé le 28 mai 1912 à Gagny (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 6 octobre 1889 au 14 octobre 1893
Département
Seine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 4 février 1852 à La Rochelle (Charente-Inférieure), mort le 28 mai 1912 à Gagny (Seine-et-Oise).

Député de la Seine de 1889 à 1893.

D'origine modeste, n'ayant pas eu les moyens de poursuivre des études supérieures, Elie Boudeau débuta comme représentant de commerce et, eut le mérite de se créer lui-même une situation enviable d'industriel fabricant de savon à Paris. Par la suite, devenu autodidacte, il put accéder, grâce à sa persévérance aux joies de l'esprit.

Sincèrement patriote, dès son adolescence il s'engagea comme volontaire, en 1871, à l'âge de 19 ans, dans le corps des frnacs-tireurs de la capitale. Il resta fidèle à son idéal, comme délégué de la Ligue des Patriotes à la direction de laquelle il prit une part très active. A ce titre, il fit plusieurs conférences sur la suppression des budgets des cultes, la réforme du calendrier, la politique républicaine.

C'est ainsi qu'il fut présenté par les Comités républicains socialistes révisionnistes du canton de Courbevoie au Comité républicain national et investi par ce dernier, comme candidat boulangiste, aux élections législatives des 22 septembre et 6 octobre 1889, pour la quatrième circonscription de Saint-Denis. Dans sa profession de foi, il déclara : « J'ai accepté le mandat impératif de défendre la République envers et contre tous, de provoquer le rappel du général Boulanger et de ses compagnons d'exil et de demander l'élection par le pays d'une Constituante véritablement républicaine et démocratique. Ai-je besoin de vous dire, électeurs, que comme vous, je demande la séparation intégrale et complète du conseil municipal de Paris et du conseil général de la Seine, que je suis avec vous pour affranchir nos communes de la tutelle administrative et policière des préfets de police et de la Seine, pour assurer leur indépendance budgétaire, enfin leur émancipation absolue. »

Il fut élu, au scrutin de ballottage, par 6.036 voix sur 13.577 votants.

Au cours de cette cinquième législature, il adressa une question au Ministre de la Justice sur les mesures prises en ce qui concerne l'erreur judiciaire dont le sieur Borras fut victime et il fut entendu dans la discussion de cette question transformée en interpellation (1890). Il intervint à plusieurs reprises, dans la discussion du projet de loi concernant les contributions directes et taxes assimilées de l'exercice 1891 et dans la discussion du budget de l'exercice 1891 (Guerre et colonies). Il présenta un ordre du jour motivé à la suite d'une interpellation sur les mesures à imposer aux compagnies de chemins de fer dans l'intérêt de la santé publique (1891).

A la fin de son mandat, il ne se représenta pas aux élections législatives des 20 août et 3 septembre 1893. Il s'effaça devant la candidature illustre de Maurice Barrès, lequel, placé en tête au premier tour de scrutin, fut battu, au deuxième tour, par M. Lefoullon.

Membre de la société de numismatique et d'archéologie, il prit goût à cette science, en apprit toute la technique et exerça désormais la profession de numismate.

Il fut l'un des premiers en France à composer des ouvrages de numismatique. Quelques mois avant sa mort, il eut la satisfaction de publier, en 1912, les trois volumes composant un catalogue illustré de monnaies françaises consacrés respectivement aux monnaies provinciales, aux monnaies nationales et aux monnaies antiques, grecques et romaines. Il laissa ainsi, dans sa succession, une richesse à la fois matérielle et spirituelle.