Edouard de Fitz-James

1776 - 1838

Informations générales
  • Né le 10 janvier 1776 à Paris ( - Généralité de Paris France)
  • Décédé le 11 novembre 1838 à Quevillon (Seine-Inférieure - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 10 janvier 1835 au 3 octobre 1837
Département
Haute-Garonne
Groupe
Opposition légitimiste
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 11 novembre 1838
Département
Haute-Garonne
Groupe
Opposition légitimiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Pair de France, député de 1835 à 1838, né à Paris (Généralité de Paris) le 10 janvier 1776, mort au château de Quevillon (Seine-Inférieure) le 11 novembre 1838, il appartenait à une famille de vieille noblesse qui descendait des Stuarts.

Petit-fils du maréchal de France duc de Berwick, il émigra en Italie avec les siens des le début de la Révolution, s'adonna d'abord à son goût pour les beaux-arts, et passa ensuite à l'armée de Condé, où il servit en qualité d'aide de camp du maréchal de Castries. Après la campagne, il voyagea en Angleterre, où il épousa Mlle de Latouche, puis, ayant obtenu sa radiation de la liste des émigrés, il rentra en France (1801), où il vécut dans la retraite jusqu'à la fin du régime impérial.

En 1813, il accepta dans la Première légion de la garde nationale le grade de caporal, et fut envoyé en cette qualité avec sa légion à la barrière Monceau, le 30 mars 1814; mais « loin de remplir ce devoir », dit un biographe, il harangua ses camarades et les dissuada de prendre part à la défense de la capitale. Le lendemain, la capitulation fut signée, et M. de Fitz-James, réuni au vicomte Sosthénes de La Rochefoucauld et à quelques autres jeunes nobles, arborant la cocarde blanche, parcourut les rues de Paris en criant : Vive le roi! La Restauration le fit aide de camp et premier gentilhomme de la chambre du comte d'Artois, colonel de la garde nationale à cheval, et pair de France (4 juin 1814). Il accompagna « Monsieur » lors de sa tournée dans le Midi et à Lyon.

Après le débarquement de Napoléon, il fit avec Louis XVIII le voyage de Gand, rentra dans Paris à sa suite, et reprit sa place à la Chambre des pairs, où son zèle pour la cause royaliste ne se démentit jamais. Le 21 octobre 1815, il proposa de voter des remerciements au duc d'Angoulême. Il se signala par l'insistance qu'il mit à réclamer la peine de mort contre le maréchal Ney, et, lorsque la Chambre haute eut rendu son arrêt, ce fut lui qui le premier, dans la nuit du 6 décembre 1815, en apporta la nouvelle aux Tuileries. M. de Fitz-James ne fut pas étranger à un procès analogue fait à son beau-frère, le général Bertrand, et ne craignit pas de publier une lettre dans laquelle il déclarait que le général avait prêté serment à Louis XVIII; sa conduite, en cette circonstance, sévèrement jugée par l'opinion, donna lieu à la publication, dans un des journaux du temps, du quatrain suivant :

Fitz-James, de Judas renouvelant le crime,
Vient de vendre son frère et de trahir sa foi :
Fitz-James n'est pourtant que le bâtard d'un roi!
Que serait-ce, grand Dieu! s'il était légitime?..

M. de Fitz-James combattit en 1817 les tendances constitutionnelles du ministère d'alors, s'éleva dans la Chambre des pairs contre la loi du 5 février relative aux élections, et poussa son hostilité à l'égard du duc Decazes jusqu'à se faire le défenseur de la liberté de la presse, qu'il demanda comme contre-poids à la suspension de la liberté individuelle. Cette attitude lui attira des ennemis à la cour, et il fut tenu quelque temps à l'écart. Dès que MM. de Villèle, Corbière et Peyronnet furent arrivés au pouvoir, M. de Fitz-James leur prêta l'appui de son éloquence incisive; il soutint la loi du sacrilège et le droit d'aînesse; puis il combattit le ministère Martignac et appuya, par contre, tous les actes du cabinet dirigé par M. de Polignac.

Après la révolution de 1830, il se décida toutefois à prêter serment à la monarchie de Louis-Philippe, et resta à la Chambre haute, où il vota avec les légitimistes. M. de Fitz-James prit une part active à la discussion du projet de loi qui appelait sous les drapeaux 80,000 hommes de la classe de 1830, et, quelques jours plus tard (2 mars 1831), à l'occasion des troubles du 14 février dont l'église Saint-Germain-l'Auxerrois avait été le théâtre, il traça un lugubre tableau de l'état de la France et attribua aux tergiversations des ministres le malaise de la nation. Il protesta contre la loi relative au bannissement de Charles X et de sa famille, défendit les prérogatives héréditaires de la pairie, et, lorsque fut votée la loi qui supprimait l'hérédité, donna sa démission de pair. En 1832, accusé d'avoir secondé les tentatives de la duchesse de Berri, il fut momentanément arrêté, puis relâché faute de preuves.

Elu, le 10 janvier 1835, en remplacement de M. Berryer, qui avait opté pour Yssingeaux, député du 2e collège de la Haute-Garonne (Toulouse), par 247 voix sur 457 votants et 557 inscrits, contre 176 voix à M. de Malaret et 33 au général Bertrand, il siégea dans les rangs de la droite, vota contre le gouvernement et prononça à la tribune de la Chambre plusieurs discours retentissants, notamment (1837) contre l'alliance anglaise, et au sujet de la quadruple alliance et de l'intervention en Espagne.

Réélu, le 4 novembre 1837, par 245 voix (448 votants, 559 inscrits), il mourut l'année d'après, pendant la législature. - « M de Fitz-James, a écrit Cormenin, est le second orateur du parti légitimiste. Sa stature est haute, et sa physionomie mobile et expressive. Il a le laisser-aller, le sans-gêne, le déboutonné d'un grand seigneur qui parle devant des bourgeois. Il ne fait pas tant de façons avec eux, il se met à l'aise et cause tout comme s'il était en robe de chambre. Il prend du tabac, il se mouche, il crache, il éternue, va, vient, se promène à la tribune, d'une estrade à l'autre. Il a des expressions familières, qu'il jette avec bonheur, et qui délassent la Chambre des superbes ennuis de l'étiquette oratoire. On dirait qu'il veut bien recevoir la législature à son petit-lever. »