Germain, Théodore Abolin

1759 - 1842

Informations générales
  • Né le 17 novembre 1759 à Montesquieu-Volvestre (Haute-Garonne - France)
  • Décédé le 10 juin 1842 à Noé (Haute-Garonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 17 octobre 1795 au 19 mai 1799
Département
Haute-Garonne
Groupe
Centre

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre du conseil des Cinq-Cents, né à Montesquieu-Volvestre (Haute-Garonne), le 17 novembre 1759, de feu Gaspard Abolin, bourgeois, et Marie d'Espaignol, mort à Noé (Haute-Garonne), le 10 juin 1842, il était commissaire près le tribunal du district de Rieux, lorsqu'il entra au conseil des Cinq-Cents, le 25 vendémiaire an IV.

Il y combattit la proposition du royaliste Dumolard, tendant à retirer au tribunal de l'Isère le jugement des nombreux attentats commis après thermidor dans la région lyonnaise; mais une affaire assez délicate vint jeter sur son caractère une certaine défaveur. On lui reprocha de s'être approprié indûment une partie des biens d'une demoiselle Louise d'Espagne, dont les parents avaient émigré, mais qui, elle, n'avait jamais quitté la France, ainsi qu'elle l'avait fait constater par les autorités de la Haute-Garonne. Abolin, ancien protégé du marquis d'Espagne, avait été quelque temps administrateur de sa fortune. Mlle d'Espagne parut à la barre du conseil des Cinq-Cents pour y présenter ses réclamations : elles furent soutenues par les députés Golzart, Rouzet, Madier et Mailhe. Le conseil se rallia à l'opinion de Lecointe-Puyraveau et de Bourdon (de l'Oise), et repoussa par la question préalable la pétition de Mlle d'Espagne.

Abolin, qui siégea jusqu'en prairial an VII, vota le plus souvent avec le centre. Il fit diverses motions sur l'organisation du notariat et sur les propriétaires de rentes ; s'opposa, mais inutilement (28 fructidor an V), à ce que le Directoire fût autorisé à compléter les administrations, dans le cas où les administrateurs restants seraient réduits à un nombre inférieur à celui que prescrivait la loi pour délibérer. Nommé secrétaire du conseil en l'an VI, il intervint plusieurs fois dans les débats soulevés par la question judiciaire : pour demander, avec Roëmers, l'épuration de la magistrature d'alors; pour combattre la dénonciation en forfaiture contre les membres du tribunal criminel de la Drôme (29 floréal); pour obtenir l'adoption d'un projet de loi relatif à l'exécution de la loi du 12 vendémiaire dans la ci-devant Belgique (22 messidor) ; pour faire attribuer au Directoire la nomination des juges du Tribunal de cassation (23 messidor), etc. Il tenta, le 3 fructidor an VI, de faire opposer la question préalable à la motion de Lucien Bonaparte réclamant des explications au Directoire sur les bruits qui circulaient d'innovations rétrogrades projetées dans la Constitution de la République cisalpine, notre alliée, et fit voter l'ordre du jour, sur une proposition de Mortier-Duparc, tendant à envoyer le portrait du général Marceau à toutes les administrations centrales de la République.

Rallié sans hésitation au coup d'Etat du 18 Brumaire, Abolin reçut du gouvernement (prairial an VIII) la place de juge au tribunal civil de Toulouse, puis passa bientôt président de la seconde chambre au même tribunal. C'est alors que survint dans l'existence de l'ancien représentant du peuple un nouvel incident qui détermina (1808) le ministre de la Justice à lui imposer sa démission. Accusé d'avoir, comme juge, favorisé son fils, dans l'exercice de sa profession d'avocat, il se défendit de ces imputations dans un mémoire en date du 6 juin 1808, et où il dit : « ... Je remplissais mes fonctions depuis quelques mois lorsque mon fils, licencié en droit depuis un an, parut au barreau dans le mois de juillet 1806. Il plaida quelques causes devant la première chambre. Les talents qu'il montra alarmèrent quelques-uns de ses collègues ; ils voulurent le faire tomber en faisant courir le bruit qu'il n'était pas l'auteur de ses plaidoyers ; ils s'aidèrent de cette circonstance qu'il n'avait pas de causes devant la chambre que je présidais. L'année suivante il porta la parole devant l'une et l'autre, mais par une fatalité, il se trouva plus occupé devant la seconde : alors ses ennemis firent courir le bruit que c'était à ma place qu'il devait son emploi... Je sus, à l'occasion des renseignements que prit M. le procureur général, qu'on vous avait dit que j'allais jusqu'à suppléer publiquement à la défense des parties qui lui avaient confié leurs intérêts, que j'intimais aux avoués l'ordre de lui donner exclusivement des causes. » Abolin terminait ainsi : ... « Oui, Monseigneur, ma conscience est pure comme mon attachement est sans bornes ; mais; je dois le dire, des intérêts personnels se sont rattachés aux calomnies que l'on a dirigées contre moi; je m'imposerai silence pour ne pas abuser des avis confidentiels qui m'ont été donnés et je me consolerai de mon éloignement des fonctions judiciaires par le souvenir du bien que j'y ai fait », etc. (Arch. nat.)

En dépit de ses efforts, Abolin ne put obtenir d'être replacé dans ses fonctions. Il vécut dès lors, jusqu'en 1842, dans ses propriétés, porté comme électeur censitaire sur les listes électorales de Rieumes (Haute-Garonne). Il était, à son décès, maire de Noé et conseiller général de Haute-Garonne.

Date de mise à jour: mars 2020