Jean, Félix, Auguste Louriou

1804 - 1879

Informations générales
  • Né le 16 décembre 1804 à Grez ( - Département de la Dyle - France)
  • Décédé le 10 janvier 1879 à Clermont (Oise - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 13 mai 1849 au 3 juin 1850
Département
Cher
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1849, né à Grez (Département de la Dyle - France) le 16 décembre 1804, mort à Clermont (Oise) le 10 janvier 1879, il étudia le droit et s'établit à Bourges comme avocat.

Il se distingua au barreau de cette ville et dut à ses déclarations républicaines d'être porté, par le parti avancé, comme candidat dans le Cher aux élections du 13 mai 1849 pour l'Assemblée législative : élu représentant du peuple, le 4e sur 6, par 32,648 voix (61,469 votants, 82,313 inscrits), M. Louriou prit place à la Montagne, appuya l'interpellation de Ledru-Rollin sur l'expédition de Rome, et se trouva compromis dans l'affaire des Arts et Métiers (13 juin), bien que son rôle personnel n'y eût pas été bien nettement établi.

Des poursuites ayant été autorisées contre lui par la majorité de l'Assemblée, M. Louriou se constitua lui-même prisonnier et comparut devant la haute cour de Versailles. « Sa présence au Conservatoire dans la journée du 13, lit-on dans l'acte d'accusation, est constatée par les fragments de sa carte de représentant, qui ont été trouvés dans le jardin près de la porte qui ouvre du côté de la rue du Vert-Bois. En rassemblant ces débris, on recompose complètement la syllabe "iou", et l'on voit que la carte a dû être déchirée avec les dents. » M. Louriou au cours de son interrogatoire, déclara qu'il n'avait pas signé personnellement les divers manifestes de la Montagne, et qu'il n'avait connu ces proclamations que par les journaux où son nom avait été ajouté aux autres. A cette question du président : « Etes-vous allé au Conservatoire le 13 juin? » il répondit : « L'accusation le prétend, mais c'est au moyen d'une induction. Je lui demande de me le prouver. Elle tire cette induction d'un fragment de carte sur laquelle on retrouve trois lettres se rapportant à mon nom; il faudrait établir que ce fragment de carte provient de la carte qui m'appartenait; et ce ne serait pas encore assez, il faudrait que l'accusation démontrât que ce fragment avait été apporté par moi, le 13 juin, au Conservatoire. Or, ce fragment m'a été présenté, et je dis devant MM. les jurés ce que j'ai dit dans mon interrogatoire, c'est que je ne sais pas si ce fragment de carte appartient ou non à ma propre carte. »

M. Louriou bénéficia du caractère ambigu de sa situation et fut acquitté par la haute cour. Il donna alors sa démission de représentant, et reprit à Bourges l'exercice de sa profession d'avocat, qu'il continua d'exercer pendant toute la durée de l'Empire, s'occupant aussi d'études historiques et archéologiques.

Après le 4 septembre 1870, M. Louriou fut nommé préfet du Cher; il eut pour successeur dans cette fonction, en 1871, M. Camescasse, qui fut plus tard préfet de police et député. Il fut quelque temps membre du conseil général du Cher pour le canton de Sancoins, et se fixa à Versailles dans les dernières années de sa vie. Atteint de paralysie, M. Louriou mourut dans une maison de santé à Clermont (Oise), le 10 janvier 1879.