Jacques, Alexis Thuriot de la Rosière

1753 - 1829

Informations générales
  • Né le 1er mai 1753 à Sézanne (Marne - France)
  • Décédé le 29 juin 1829 à Liège (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 27 juin 1793 au 11 juillet 1793

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 2 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Marne
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 21 mai 1795
Département
Marne
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, né à Sézanne (Marne) le 1er mai 1753, mort à Liège (Belgique) le 29 juin 1829, il exerçait avant la Révolution la profession d'avocat à Reims.

Partisan de la Révolution, il eut part à la prise de la Bastille, fut, en 1790, lors de la formation des premiers tribunaux, juge au tribunal de district de Sézanne, et, en 1791, député de la Marne à l'Assemblée législative, le 10e et dernier, élu par 225 voix (384 votants). Il parut d'abord hésiter sur la voie à suivre, puis il se rangea parmi les révolutionnaires.

En mars 1792, il provoqua des mesures de rigueur contre l'émigration. Il parla ensuite contre le ministre de la guerre Narbonne, qui avait envoyé à l'armée, de sa propre autorité, un règlement militaire, se déclara, le 25 mai, contre les prêtres insermentés et pressa leur déportation. Le 2 juillet, il prononça un long discours tendant à obtenir le licenciement de l'état-major de la garde constitutionnelle. Il demanda en même temps que la patrie fût déclarée en danger, proposa de décréter la permanence des sections de Paris, puis la vente des biens d'émigrés et l'arrestation du ministre Tarbé, qu'il fit envoyer à l'Abbaye.

Au 10 août, Thuriot, parlant au nom de la commune de Paris, fit rendre un décret d'accusation contre d'Abancourt, ministre de la Guerre, et Laporte, ministre de la liste civile. Il fit en même temps décréter des visites domiciliaires, sur la proposition de Danton. Le lendemain, il demanda que les statues des rois de France fussent brisées. Le 14, on rapporta, sur sa motion, la loi qui ordonnait la formation d'une cour martiale, et l'on y substitua le tribunal du 17 août. Le 29 du même mois, il fit attribuer à ce tribunal le droit de juger sans appel les prévenus de contre-révolution.

Élu, le 3 septembre 1792, député de la Marne à la Convention, le 2e sur 10, par 344 voix (442 votants), Thuriot fit voter, le 4 décembre, que tous les députés absents eussent à revenir à leur poste, et demanda, le 12, que Louis fût jugé sous trois jours, déclarant qu'il devait porter sa tête sur l'échafaud. Il fut un des quatre commissaires chargés, dans la même séance, d'aller demander à l'accusé le nom des conseils qu'il voulait choisir. Lors du procès, il vota « la mort », sans appel ni sursis. Quelques jours avant le jugement, il attaqua très vivement Brissot, Vergniaud, Louvet et plusieurs autres membres de la Gironde, en les accusant d'intrigues pour maintenir Louis XVI sur le trône. D'autre part, il prit Pétion à partie, le 21 janvier 1793, et lui reprocha d'avoir, comme maire, laissé accomplir les massacres de septembre.

Nommé, le 24 janvier, secrétaire de la Convention, il attaqua avec véhémence Dumouriez, et se montra, aux approches du 31 mai et dans cette journée. des plus opposés à la Gironde. Lorsque Aubert-Dubayet, Merlin de Thionville et Rewbell furent inculpés pour la reddition de Mayence, Thuriot prit leur défense.

Président de l'Assemblée (27 juin 1793), membre du comité de salut public jusqu'au 20 septembre 1793, il se sépara a cette époque de Robespierre, qu'il dénonça aux Jacobins comme « modéré ». Le 12 octobre, il fit rendre un décret ordonnant de retourner, dans le délai d'un mois, les plaques de cheminées portant des empreintes royales ou féodales; en novembre suivant, la Convention décida, sur sa motion, qu'elle se rendrait dans le « Temple de la Raison » (la cathédrale de Paris), pour y chanter l'hymne de la liberté.

Exclu des Jacobins sur la motion d'Hébert, Thuriot présidait encore la Convention au 9 thermidor. Il se prononça vivement contre Robespierre, et, quand celui-ci voulut prendre la parole pour répondre aux accusations de dictature dirigées contre lui, Thuriot agita la sonnette en criant : « Tu n'as pas la parole ! » Au lendemain de cette victoire, Thuriot fit mettre hors la loi Coffinhal, Lavalette, Boulanger, agents de Robespierre ; le 13 août 1794, il présida la Société des Jacobins. Néanmoins il ne s'associa pas complètement aux mesures de réaction qui suivirent, fit rejeter comme calomnieuse la première dénonciation de Lecointre de Versailles contre les anciens comités de gouvernement, et fut impliqué, en germinal an III, dans l'insurrection jacobine contre la Convention.

Décrété d'accusation le 2 prairial, il échappa par la fuite à cette mesure, et fut rendu à la liberté par l'amnistie de l'an IV. « Homme adroit et dangereux, a dit de lui son collègue Hua dans ses Mémoires, car il se possédait toujours ; il était froid, même dans le crime. »

Le Directoire le nomma, en 1796, commissaire prés le tribunal de Reims. Le 14 germinal an VIII, la protection de son ami Sieyès lui valut d'être nommé suppléant du tribunal criminel de la Seine ; il y devint juge titulaire le 9 floréal an XI ; chargé, en 1804, d'interroger Moreau, Pichegru et Georges Cadoudal, il fut le rapporteur du procès. Cette besogne lui valut le poste de substitut du procureur général impérial près la cour de cassation (17 pluviôse an XIII), puis celle d'avocat général à la même cour.

Il quitta ces fonctions à la première Restauration, les reprit pendant les Cent-Jours, et fut banni comme régicide en 1816.

Il vendit ses biens dans la Marne, et partit, en février 1816, avec un passeport pour la Russie, mais il se retira à Liège, où il exerça la profession d'avocat jusqu'à sa mort (1829). Sa femme, restée en France, sollicita et obtint (17 novembre 1820) un secours de 300 francs du gouvernement; elle habitait chez sa mère, marchande de tabac, à Villers-Cotterets.

Thuriot avait, été créé chevalier de l'Empire le 16 mai 1813.


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