Joseph, Augustin Guinard

1799 - 1874

Informations générales
  • Né le 29 septembre 1799 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 6 juin 1874 à Villepreux (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Deuxième République
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 23 avril 1848 au 26 mai 1849
Département
Seine
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Représentant en 1848, né à Paris le 29 septembre 1799, mort à Villepreux (Seine-et-Oise) le 6 juin 1874, fils de Joseph Guinard (1770-1839), député au Conseil des Cinq-Cents et membre du Tribunat, Joseph Augustin Guinard fut envoyé au collège Sainte-Barbe, où il se lia avec Godefroy Cavaignac, et, ses études terminées, se lança de bonne heure dans la vie politique active.

Républicain ardent, il s'affilia à la charbonnerie, prit part aux complots de Nantes, de Belfort, de Saumur, coopéra à la fondation du National, et, lorsqu'éclata la révolution de 1830, courut aux barricades.

Après l'avènement de Louis-Philippe, il continua son opposition, principalement dans les rangs de l'artillerie de la garde nationale, où il avait le grade de capitaine et dont faisaient partie avec lui plusieurs démocrates militants.

Membre de la Société des Droits de l'homme, Guinard fut poursuivi à plusieurs reprises par le pouvoir pour participation à divers complots. Impliqué dans le procès des accusés d'avril, il fut condamné à la déportation ; mais il parvint à s'échapper de la prison de Sainte-Pélagie le 15 juillet 1835, et gagna l'Angleterre.

Après treize ans d'exil, il revint à Paris en février 1848, à temps pour s'emparer avec des gardes nationaux de la caserne des Minimes, et pour se rendre à l'Hôtel-de-Ville, à la tête de la 8e légion, qui fut des premières à acclamer la République.

Le gouvernement provisoire nomma Guinard adjoint au maire de Paris ; il remplit quelque temps cette fonction, refusa celle de préfet de police, et fut encore chef d'état-major de la garde nationale et président du comité des récompenses nationales dont il avait déjà fait partie en 1830.

Lors des élections pour l'Assemblée constituante (23 avril 1848), il fut élu, le 33e sur 34, représentant de la Seine, par 106 262 voix (267 888 votants. 399 191 inscrits). Il siégea à gauche, n'eut qu'un rôle parlementaire effacé, et vota :

- contre le rétablissement du cautionnement,
- contre les poursuites contre Louis Blanc et Caussidière,
- contre le rétablissement de la contrainte par corps,
- pour l'abolition de la peine de mort,
- pour l'amendement Grévy,
- pour le droit au travail,
- pour l'ordre du jour en l'honneur de Cavaignac,
- pour la suppression de l'impôt du sel,
- pour la proposition Rateau,
- pour l'amnistie
- contre les crédits de l'expédition de Rome,
- pour la mise en accusation du président et de ses ministres.

Lié avec le général Cavaignac, dont il avait surtout intimement connu le frère Godefroy, il subit son Influence pendant les journées de ,juin, et se détermina, non sans hésitation, à combattre l'insurrection, comme colonel de la garde nationale : il fut assez grièvement blessé.

Non réélu à l'Assemblée législative, Guinard ne se désintéressa pas de la lutte, et lorsque, le 13 juin 1849, Ledru-Rollin en appela au peuple en déclarant la Constitution violée et se rendit au Conservatoire des Arts-et-Métiers, le colonel Guinard, suivi d'une centaine d'artilleurs, n'hésita point à faire cause commune avec le chef de la Montagne, et n'essaya pas de s'échapper lorsque le Conservatoire fut envahi par la troupe.

Son nom fut porté sur les listes républicaines aux élections complémentaires du 8 juillet suivant, et réunit dans la Seine 94 000 suffrages, nombre insuffisant toutefois pour assurer son succès. Peu après, il fut traduit devant la Haute cour de Versailles. Guinard refusa de se défendre et fut condamné à la déportation perpétuelle. Détenu successivement à Doullens et à Belle-Isle, il fut rendu à la liberté en 1854, et vécut depuis lors dans la retraite.