Rémy, François Boutavant

1911 - 1979

Informations générales
  • Né le 26 février 1911 à Saint-vallier (Saône-et-Loire - France)
  • Décédé le 25 décembre 1979 à Le creusot (Saône-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
Ire législature
Mandat
Du 10 novembre 1946 au 4 juillet 1951
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIe législature
Mandat
Du 17 juin 1951 au 1er décembre 1955
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Communiste
Régime politique
Quatrième République - Assemblée nationale
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 2 janvier 1956 au 8 décembre 1958
Département
Saône-et-Loire
Groupe
Communiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1940 à 1958 (La documentation française)



Né le 26 février 1911 à Saint-Vallier (Saône-et-Loire)

Décédé le 25 décembre 1979 au Creusot (Saône-et-Loire)

Député de Saône-et Loire de 1946 à 1958

Fils d'enseignants du Creusot, Rémy Boutavant se rattache du côté paternel, à une famille d'exploitants agricoles de la région de l'Auxois en Côte-d'Or et, du côté maternel, à une famille d'ouvriers du Creusot. C'est donc tout naturellement qu'il suit les traces de ses parents et entre, après le brevet supérieur, à l'Ecole normale d'instituteurs de Mâcon. Il est alors nommé dans diverses écoles de Saône-et-Loire (Mont-Saint-Vincent, Chalons-sur-Saône et en dernier lieu Le Creusot). Adhérent au Parti communiste dès les années 30, il crée une Auberge de la jeunesse dans le village de Mont-Saint-Vincent et milite activement au sein du Syndicat National des Instituteurs (il est secrétaire de la commission départementale des jeunes du SNI et membre du conseil syndical à partir de 1936). Lors des grèves de 1936, il convainc les agriculteurs de soutenir les ouvriers par la fourniture de vivres. Enfin, à partir de 1939, il appartient à la direction fédérale du P.C.F. de Saône-et-Loire. A l'issue de la campagne de France, Rémy Boutavant est fait prisonnier et interné en Allemagne à l'Oflag IV D. Au sein du camp, il anime la résistance des prisonniers et rédige notamment un hebdomadaire clandestin intitulé Espoir. Cette attitude lui vaut d'être interné dans une baraque spéciale où étaient regroupés tous les éléments susceptibles d'être pris comme otages. A l'issue de la guerre, il est décoré de la croix de guerre 1939-45 et de la croix du combattant volontaire de la Résistance.

Aux élections législatives de 1946, Rémy Boutavant figure en seconde position, derrière Waldeck Rochet, sur la liste communiste de Saône-et-Loire. Celle-ci arrive en tête du scrutin avec 76843 voix et deux élus devant la liste gaulliste (64450 voix) et les listes socialiste et MRP. Le nouveau député de Saône-et-Loire siège à la Commission du travail et des affaires sociales.

A ce titre il dépose plusieurs propositions de loi en faveur des vieux travailleurs salariés, des pensionnés et retraités, des mutilés et invalides du travail. Le 29 décembre 1947, Rémy Boutavant est le rapporteur de l'une d'elles qui prévoit l'augmentation de l'allocation principale aux vieux travailleurs salariés avec toutefois une modulation selon la taille de l'agglomération et qui sera adoptée. Le 16 juillet 1948, il défend, mais cette fois en vain, deux amendements prévoyant une augmentation de cette allocation financée par les excédents financiers de la Sécurité sociale.

Le climat de guerre froide de cette période apparaît aussi à travers plusieurs polémiques qui l'opposent à des représentants de la majorité de troisième force. Ainsi, le 16 décembre 1948, Rémy Boutavant doit, témoignages à l'appui, défendre son passé de résistant contre des accusations proférées par un député MRP de Saône-et-Loire, Roger Devemy. De même, le 10 juin 1949, il est l'orateur désigné par le groupe communiste pour rejeter la demande de levée de l'immunité parlementaire de Georges Morand, député du Maine-et-Loire, pour un article qualifié de diffamatoire par le procureur de la République et publié dans un hebdomadaire dont Georges Morand est le directeur. Il rappelle le passé de résistant de celui-ci et souligne que le contenu de cet article n'est qu'une critique, licite en démocratie, de la politique du gouvernement. Sa dernière intervention importante de la législature est une protestation contre la réduction des crédits de la formation professionnelle accélérée (5 juin 1950).

Les deux députés sortants communistes se représentent comme têtes de liste aux élections législatives du 17 juin 1951. Bien qu'en régression, le nombre de leurs voix reste le plus important de toutes les listes en présence dans ce scrutin : 68740 en moyenne (29,4 %) contre 50377 pour le RPF et autour de 10 % pour les autres listes. Seule la liste communiste compte donc deux élus car le système des apparentements n'a pas pu jouer entre les partis de la troisième force. Pendant la législature, Rémy Boutavant est membre de la Commission de l'éducation nationale et membre suppléant de la Commission des finances. Ses travaux écrits (propositions de résolution ou rapports) visent tous à améliorer la situation des enseignants ou des élèves, notamment de l'enseignement technique dont il est le défenseur attitré. Ses multiples interventions en séance pour défendre des amendements ou discuter au fond la politique gouvernementale sont placées sous le signe de la défense de la laïcité mise en cause, selon lui, par les lois Marie et Barangé. Elles visent aussi l'amélioration de la situation de l'enseignement technique « parent pauvre » de l'Education nationale. Le 4 septembre 1951 notamment, il défend la question préalable opposée par le groupe communiste à l'examen des textes connus sous le nom de lois Marie et Barangé. Le 30 mars 1954, il proteste, au nom du groupe communiste, contre la non-inscription à l'ordre du jour de la motion de censure déposée par Georges Cogniot pour exprimer la défiance de l'Assemblée à un gouvernement « qui se refuse à doter le ministère de l'éducation nationale d'un budget décent ».

Enfin, lors de la discussion budgétaire des crédits de ce ministère, Rémy Boutavant dresse un tableau très sombre de la situation tant de l'enseignement secondaire que de l'enseignement technique, faute de recrutement de personnel suffisant et de construction de locaux. Même quand les postes existent, beaucoup restent vacants, les candidats préférant des situations plus lucratives dans l'administration ou le secteur privé. Il s'inquiète pour finir de la situation en 1956, quand les classes pleines de l'après-guerre arriveront dans l'enseignement secondaire. Pour les élections du 2 janvier 1956, Rémy Boutavant retrouve la seconde place sur la liste du parti communiste et celle-ci fait un score similaire à celui de 1946, avec 73091 voix en moyenne (29,1 %). L'émiettement du corps électoral sur un grand nombre de listes permet aux communistes, arrivés en tête, d'avoir un élu de plus. Pendant la dernière législature de la IVe République, Rémy Boutavant siège à nouveau à la Commission de l'éducation nationale. A ce titre, il dépose trois propositions de résolution ou de loi concernant les professeurs ou les élèves de l'enseignement technique. En outre, il rédige une série de rapports sur des propositions de loi concernant l'avancement des professeurs des centres d'apprentissage. Ses interventions orales se concentrent pour l'essentiel sur les mêmes questions. Le 14 juin 1956, lors de la discussion du collectif budgétaire, il souligne le manque d'enseignants dans cette branche en dépit de l'effort substantiel fourni par le nouveau ministre, René Billères. Il insiste sur la nécessité de revaloriser les fonctions de professeur de l'enseignement technique, faute de quoi les meilleurs éléments se dirigeront vers le secteur privé. Il note aussi que l'insuffisance des bourses empêche les enfants des ouvriers les moins favorisés d'accéder à une qualification par l'intermédiaire de cet enseignement. Il conclut en demandant une augmentation substantielle des crédits d'équipement nécessaires à la modernisation des bâtiments et du matériel indispensables pour ce type d'enseignement. Lors de la discussion du budget de l'éducation nationale, Rémy Boutavant est le rapporteur pour avis pour l'enseignement technique, la jeunesse et les sports et reprend de manière plus approfondie ses observations du mois de juin. Il insiste sur le rôle démocratique de l'enseignement technique, et sur le manque de techniciens et d'ingénieurs qui constitue un frein pour le développement économique de la France. Au terme d'une comparaison d'ensemble avec le budget de l'éducation nationale, il affirme que les prévisions budgétaires ne permettent pas à l'enseignement technique de rattraper son retard, quatre chapitres étant notoirement insuffisants : le recrutement des maîtres, les subventions de fonctionnement, les bourses et enfin les subventions aux cours de perfectionnement.

Il développe des critiques analogues à propos du budget des sports. Ses trois dernières interventions importantes reviennent sur les mêmes questions lors des discussions budgétaires, des 25 juillet 1957, 8 mars et 27 mars 1958.

Avec son groupe, il s'oppose au retour au pouvoir du général de Gaulle et perdra son siège au profit d'André Jarrot aux élections de novembre 1958.


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