Pierre Paganel

1745 - 1826

Informations générales
  • Né le 31 juillet 1745 à Villeneuve-d'Agen (Lot-et-Garonne - France)
  • Décédé le 20 novembre 1826 à Bruxelles (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 3 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Majorité
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Majorité

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, né à Villeneuve-d'Agen (Lot-et-Garonne) le 31 juillet 1745, mort à Bruxelles (Belgique) le 20 novembre 1826, fils d'un notaire, il entra dans les ordres (1773), et professa la rhétorique au collège d'Agen. M. de Bonac, évêque d'Agen, se l'attacha quelque temps comme secrétaire, et lui fit obtenir (1778) la cure de Pardaillan, puis celle de Pujols (1780).

Partisan de la Révolution, Paganel fut nommé procureur-syndic de Villeneuve et, le 3 septembre 1791, fut élu député de Lot-et-Garonne à l'Assemblée législative, le 6e sur 9, par 214 voix (318 votants). Il y vota avec la majorité.

Réélu, le 5 septembre 1792, député du même département à la Convention nationale, le 3e sur 9, par 288 voix (538 votants), il se prononça, lors du procès du roi, dans un discours imprimé, pour la déchéance de Louis XVI et pour son renvoi devant les tribunaux ordinaires, puis il se rallia à l'opinion de Mailhe, et s'exprima en ces termes :

Au 2e appel nominal: « Parce que j'abhorre la royauté, parce que j'aime mon pays, parce que je crains les intrigues des nobles, parce que je redoute l'influence des prêtres, je dis non »

Au 3e appel nominal: « Les uns se considèrent ici comme juges, d'autres comme législateurs. Tous font, dépendre leur opinion de la qualité qu'ils se donnent, Les mots changent-ils donc la nature des choses ? Je ne vois, moi, que la plénitude de mes pouvoirs, les droits de la nation, la souveraineté que je représente, le devoir que nous nous sommes imposé de fonder la République, et le besoin de sauver la patrie.
J'ai publié mon opinion sur le procès du ci-devant roi; j'ai cherché la vérité dans les écrits de mes collègue. Un décret de la Convention m'a fait l'arbitre des destinées de Louis, en réservant à elle seule le jugement de ce grand coupable. Un seul motif m'a fait balancer un moment entre la sévère justice qui commande à ma raison, et une politique indulgente qui a presque séduit mon cœur. Ce motif, c'est la crainte de servir, par mon opinion, une faction conspiratrice ou l'ambition liberticide de quelques chefs de parti. Mais l'horreur qu'inspirent le caractère et les sentiments de ceux que la renommée désigne, et l'exécration imprimée d'avance à toute sorte de tyrannie, ont vaincu ce scrupule si légitime. Je n'ai pu sacrifier à cette considération ma conviction intime, ni la voix puissante de la justice aux rumeurs vagues de la pusillanimité. Louis est coupable de conspiration contre la sûreté générale et contre la liberté : qu'il expie ses crimes et nos infortunes. L'inviolabilité des rois est la source de toutes les misères publiques. Composer avec elle, ce serait rendre hommage à cette funeste erreur, et retarder l'affranchissement des nations, à qui nous devons la vérité tout entière, comme nous leur devons une entière justice. Les rois ne peuvent plus être utiles que par leur mort. Je désire que le supplice du ci-devant roi soit le dernier qui souille le territoire de notre République. J'appuie la motion de Mailhe. »

Après le 31 mai, Paganel fut envoyé en mission à Bordeaux mais ses collègues Tallien et Dartigoeyte lui retirèrent ses pouvoirs. A Agen (octobre 1793), il fit fondre les cloches, rasa les châteaux, emplit les prisons de suspects, érigea (17 novembre) le tribunal criminel en tribunal révolutionnaire, « parce que, disait-il, les formes auxquelles sont assujettis les tribunaux criminels ne doivent ni arrêter ni même ralentir la marche révolutionnaire adoptée par la Montagne et par la Convention. » Dans le Lot, il vint « régénérer les autorités »; en mars 1794, il parcourut le Tarn, l'Aveyron et la Haute-Garonne, et y établit le gouvernement révolutionnaire. Il fut appelé fréquemment à rendre compte de ses actes devant le comité de salut public qui approuva sa conduite.

Il prit peu de part aux luttes intérieures de la Convention, et, après la session, fut nommé successivement chef du contentieux au ministère des Relations extérieures, secrétaire général du même ministère, et, en 1803, chef de division à la Légion d'honneur.

Exilé en 1816 comme régicide, il résida à Liège, puis à Bruxelles. Malade et infirme, il demanda, le 23 juin 1819, à rentrer en France, et fit appuyer sa requête par son ancien collègue, Boissy-d'Anglas: « pour six mois seulement, écrivait-il ; avant ce terme il sera probablement, du moins il le croit, retiré dans un monde meilleur, où son repentir et ses infortunes auront touché le juge suprême des simples citoyens et des rois, et obtenu sa miséricorde. » Sa famille (il s'était marié en 1793) fit aussi dans le même sens de pressantes démarches, notamment à l'occasion de la fête du roi (25 août), mais ne put rien obtenir. Paganel vécut encore sept ans, et mourut en exil.

Fondateur, en 1776, avec Lacépède et Lacuée, de la Société d'agriculture, sciences et arts d'Agen, il a laissé divers écrits, entre autres un Essai historique et critique sur la Révolution française (1810), qui fut saisi par la police impériale.