Louis, Toussaint Jullien-Dubois dit Dubois

1736 - 1806

Informations générales
  • Né le 25 août 1736 à Mortagne-au-Perche (Orne - France)
  • Décédé le 5 septembre 1806 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 12 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Orne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Mortagne-au-Perche (Orne) le 25 août 1736, de René Robert Jullien, commis à la recette des tailles de Mortagne, et Marguerite Leroux, mort à Paris le 5 septembre 1806, il était homme de loi à Bellême, quand il fut élu, le 12 septembre 1792, 1er suppléant à la Convention par le département de l'Orne, à la pluralité des voix.

Appelé dès l'ouverture à remplacer Priestley, non acceptant, il vota, dans le procès de Louis XVI, pour la mort, contre l'appel et contre le sursis, prit part à quelques uns des travaux les plus importants de la Convention, et fut chargé du rapport dont la présentation fit décréter l'institution du dépôt central des Archives. Voici les passages les plus curieux, au point de vue général, de ce document tout empreint des scrupules et des défiances révolutionnaires, en ce qui touche le culte du passé.
« Citoyens, votre comité des domaines, sans cesse occupé du recouvrement des propriétés nationales, avait reconnu combien il importe de recueillir et de rassembler les titres qui les établissent. En vain, vos prédécesseurs avaient-ils appliqué à l'amortissement de la dette publique les fonds possédés auparavant tant par le ci-devant clergé que par une multitude de corporations anéanties; en vain vous-mêmes auriez-vous accru le domaine national de tout ce que nos décrets y ont réuni, si l'on pouvait les éluder par la soustraction des pièces qui constatent la nature et déterminent la consistance de ces divers héritages. Le comité des domaines vous propose donc de donner aux recherches une nouvelle activité, et il croit qu'au nombre des moyens qu'on emploierait pour les rendre efficaces, l'un des plus assurés serait de rattacher la collection des titres domaniaux, par des rapports de subordination et de surveillance, à un dépôt central placé sous vos yeux et soumis immédiatement à votre inspection, c'est-à-dire à nos archives... Lorsque les statues des tyrans ont été précipitées, lorsque la lime et le ciseau n'épargnent aucun des emblèmes de la féodalité et de la monarchie, des républicains ne peuvent voir qu'avec indignation dans les collections de manuscrits la trace de tant d'outrages faits à la dignité de l'homme. Le premier mouvement dont on se sent animé est de livrer tous les titres aux flammes et de faire disparaître jusqu'aux moindres vestiges des monuments d'un régime abhorré. L'intérêt public peut et doit seul mettre des bornes à ce zèle estimable que votre commission partage. Loin de songer à le refroidir, c'est pour mieux proscrire ce qui vous est justement odieux que nous provoquons un examen sévère, et nous ne nous tenons en garde que contre une précipitation inconsidérée, qui pourrait blesser la justice, porter atteinte à la fortune publique, et nous exposer à des regrets... »

Jullien Dubois continue dans son rapport à plaider en ces termes la cause de l'histoire et de la conservation des documents historiques:

« Jamais aucun peuple avant nous ne porta si loin que les Romains la haine des rois, et quand la République déchirée par les factions fit place au pouvoir monarchique, il fallut la déguiser sous le nom de généralat ou d'empire. Cependant ces irréconciliables ennemis de la royauté avaient non seulement transmis d'âge en âge l'histoire des princes qui les avaient gouvernés d'abord, mais rendu justice aux qualités personnelles de quelques-uns d'entre eux... La voix du patriotisme nous crie que rien ne doit subsister de ce qui porterait l'empreinte honteuse de la servitude, et le respect pour la propriété publique ou particulière nous impose le devoir d'examiner soigneusement tout ce qui sert à constater l'une ou l'autre; enfin, ce qui peut servir à l'instruction mérite particulièrement des égards, puisque vous avez décrété qu'elle est le besoin de tous. »

De là le rapporteur de la Convention tire la division générale des titres, chartes et pièces manuscrites en trois classes :

« La première comprend ce qui concerne le domaine national ; la seconde, l'ordre judiciaire, c'est-à-dire les jugements des tribunaux ; la troisième, ce qui concerne l'histoire, les sciences et les arts. »

Arrivant aux archives laissées par les anciens parlements, Julien Dubois s'en explique en ces termes :

« Des magistrats, tour à tour zélateurs et rivaux de l'autorité royale, poussaient quelquefois un cri de liberté auquel on se ralliait, à défaut d'autre ressource contre l'oppression, jusqu'à ce que, se départant enfin de leur chimérique prétention d'être les représentants du peuple, et de consentir en son nom l'impôt, ils provoquèrent la tenue des Etats-Généraux, crurent pouvoir les soumettre à la forme qu'ils leur prescrivaient, et finirent par être engloutis dans la suppression générale de toutes les aristocraties, sans que leur chute obscure fût même honorée de l'attention qu'avait attirée celle de la noblesse et du clergé. Leurs registres n'en sont pas moins, pour les temps reculés, les principaux et presque les seuls débris qui nous restent; ils contiennent à toutes les époques des faits précieux, et s'ils fourmillent d'erreurs, ils renferment quelquefois des vérités utiles. Aussi les copies s'en étaient multipliées pour beaucoup de bibliothèques, en sorte que si l'original était anéanti on ne serait rien moins qu'assuré qu'il ne pourrait pas encore se reproduire. Ce sera au reste, une question à examiner que celle de savoir s'il mérite d'être conservé comme appartenant à la classe des monuments historiques.»

Date de mise à jour: octobre 2019