Pierre, Toussaint Durand de Maillanne

1729 - 1814

Informations générales
  • Né le 11 novembre 1729 à Saint-rémy-de-provence (Bouches-du-Rhône - France)
  • Décédé le 14 août 1814 à Saint-rémy-de-provence (Bouches-du-Rhône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale constituante
Mandat
Du 16 avril 1789 au 30 septembre 1791
Baillage
Arles (Type : Sénéchaussée)
Groupe
Tiers-Etat
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 6 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Plaine

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1789, membre de la Convention, député au Conseil des Anciens, né à Saint-Rémy (Bouches-du-Rhône) le 11 novembre 1729, mort à Saint-Rémy le 14 août 1814, il était avocat au parlement d'Aix, et s'était fait connaître par des écrits sur le droit canonique, lorsque, le 16 avril 1789, la sénéchaussée d'Arles le choisit comme député du tiers aux Etats-Généraux.

Membre du comité ecclésiastique, dont il publia en 1791 une Histoire apologétique, il prit une part considérable à ses travaux, rédigea avec Martineau l'important rapport sur la Constitution civile du clergé et fut un des auteurs du décret relatif au mariage civil. Les opinions qu'il soutint alors en matière religieuse excitèrent le mécontentement des membres du clergé qui siégeaient au côté droit de l'Assemblée: l'abbé Barruel, entre autres, l'attaqua violemment. Après l'arrestation du roi à Varennes, Durand de Maillanne opina pour qu'il fût jugé par les départements.

Elu, le 6 septembre 1792, membre de la Convention par le département des Bouches-du-Rhône, le 5e sur 11, avec 721 voix (728 votants), il s'assit d'abord à côté de Pétion, puis il se sépara des Girondins pour prendre place dans la Plaine, et exprima ainsi son opinion dans le procès de Louis XVI : au deuxième appel nominal (question de l'appel au peuple) : « Citoyens, dit-il, nous devons une explication à l'assemblée. Au moyen du mandat que j'ai reçu, le pouvoir de juger le ci-devant roi m'a été donné; mais la nation ne m'a pas délégué sa souveraineté, et il est aussi juste que nécessaire de lui en attribuer l'exercice dans tous les actes qui intéressent la nation entière. Je trouve que le décret qui va être rendu intéresse tous les citoyens, et je ne dois pas sacrifier des principes à des considérations qui n'ont rien de certain, puisque les mêmes considérations donnent lieu ici à la plus grande diversité d'opinions. Ainsi je conclus pour le oui. » Au 3e appel nominal (la peine), il dit : « L'Assemblée a décrété que le jugement serait rendu à la pluralité des suffrages. Ce n'est donc qu'en législateurs que nous prononçons. Pour la sûreté générale, pour l'affermissement de la liberté publique, je trouve plus d'inconvénients à la mort de Louis qu'à son existence. J'opine pour la réclusion de Louis jusqu'à la paix et le bannissement à cette époque. »

Sa tête fut mise à prix à Marseille, en raison de son attitude à la Convention. Durand de Maillanne accusa les Jacobins d'avoir provoqué cette mesure contre lui, et leur voua dès lors une haine implacable. Secrétaire de la Convention le 30 mai, il fut dénoncé comme l'auteur d'une lettre adressée à la commune d'Aix contre les journées des 31 mai, 1er et 2 juin, et cependant il resta dans la Convention, ayant gardé pendant quelques mois un silence prudent. Le 9 thermidor, comme Robespierre faisait appel aux « hommes vertueux » de la Plaine, Durand de Maillanne, le jugeant perdu, lui lança cette apostrophe qui fut le signal du soulèvement de la majorité contre lui : « Scélérat ! la vertu dont tu profanes le nom doit te trainer à l'échafaud! » Durand de Maillanne fut ensuite un des agents les plus actifs de la réaction thermidorienne, dénonçant plusieurs de ses collègues, et pressant l'assemblée de dissoudre partout les clubs de Jacobins. En avril 1795, il fit réintégrer aux armées le général de Prez de Crassier, destitué précédemment, et parla en faveur de l'impôt en nature. Le 6 mai, il fut nommé pour compléter la commission des onze; le 21, il fit étendre à tout rassemblement illégal le décret contre les insurgés de prairial, et provoqua encore l'arrestation de plusieurs représentants. En juillet, il fut envoyé dans le Midi, y poursuivit les débris du parti montagnard, toléra des massacres qui ensanglantèrent la Provence et couvrit de sa protection les bandes connues sous le nom de Compagnies de Jésus.

Député des Bouches-du-Rhône au Conseil des Anciens, le 23 vendémiaire an IV, par 245 voix sur 264 votants, il y apporta le même esprit, s'opposa, le 7 janvier 1796, à l'exclusion de Job-Aymé, et parla en faveur des parents d'émigrés. Il fut élu secrétaire le 19 juillet, vota le rétablissement de la contrainte par corps, s'opposa à ce que les électeurs furent soumis au serment républicain, et sortit du Conseil le 20 mai 1797. A la suite du 18 fructidor, accusé d'avoir favorisé la rentrée des émigrés, il passa quelque temps à la prison du Temple; mais son grand âge le fit échapper à la déportation. Mis en liberté le 25 février 1798, il adhéra plus tard au coup d'Etat de brumaire, et reçut de Bonaparte le poste de juge à la cour d'appel d'Aix, qu'il occupa jusqu'en 1809, époque de sa mise à la retraite.

On a de Durand de Maillanne plusieurs ouvrages, parmi lesquels : Dictionnaire du droit canonique (1761); Les libertés de l'Eglise gallicane prouvées et commentées... etc. (1771); Plan de code civil et uniforme pour toute la république française (1793) ; Histoire de la Convention nationale, publiée en 1825 dans la collection des Mémoires relatifs à la révolution française.


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