Philippe, Jacques Rühl

1737 - 1795

Informations générales
  • Né le 3 mai 1737 à Strasbourg (Bas-Rhin - France)
  • Décédé le 30 mai 1795 à Paris (Paris - )

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 6 mars 1794 au 21 mars 1794

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 31 août 1791 au 20 septembre 1792
Département
Bas-Rhin
Groupe
Extrême gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 30 mai 1795
Département
Bas-Rhin
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, né à une date inconnue, mort par suicide à Paris le 30 mai 1795, il était fils d'un ministre de l'Eglise luthérienne.

Il exerça la même profession, puis fut chargé de l'éducation d'un jeune comte de Grumbach et rédigea pour le comte de Linange trois mémoires en allemand et en latin, relatifs à la succession de la branche allemande des Leinigen-Dachsburg, à laquelle appartenait son protecteur. Nommé, en récompense de son zèle, conseiller aulique avec la direction des finances et de la chancellerie de ce petit Etat, il conserva cette situation jusqu'à la révolution de 1789, dont il embrassa avec ardeur les principes, vint alors en France.

Il devint administrateur du Bas-Rhin, et fut élu, le 31 août 1791, député de ce département à l'Assemblée législative, le 7e sur 9, par 321 voix (614 votants). Rühl siégea à l'extrême gauche, s'éleva contre les intrigues du cardinal de Rohan, contre les rassemblements armés aux frontières du Rhin et contre les princes possessionnés en Alsace.

Réélu, le 4 septembre 1792, député du même département à la Convention, le 1er sur 9, par 334 voix (588 votants), il prit place à la Montagne. Chargé du rapport concernant les pièces trouvées dans l'armoire de fer, il présenta une analyse impartiale et sobre des documents qu'il avait entre les mains. Lors du procès du roi, il était en mission dans la Moselle et le Bas-Rhin.

Membre du comité de salut public et de celui de sûreté générale (1793), il devint, en 1794, président de la Convention. Le parti modéré lui reprocha vivement son ardeur à poursuivre à Strasbourg le maire Dietrich, ainsi que le caractère violent de certaines motions qu'il présenta à l'Assemblée, comme celle de brûler tous les châteaux à l'étranger et de démolir ceux qui restaient en France. Ce fut lui qui, étant en mission dans la Marne, brisa devant le peuple assemblé sur l'ancienne place Royale, à Reims, la sainte Ampoule (8 octobre 1793), et en envoya les morceaux à la Convention par la voie des messageries publiques, « enveloppés dans une chemise neuve et en mauvais état destinée pour les volontaires, preuve du gaspillage des intendants ».

Dévoué au parti jacobin, Rühl quitta le comité de sûreté générale après le 9 thermidor.

Dans la tournée du 1er prairial, il harangua les révoltes et convertit en motion leur cri : « Du pain et la Constitution de 1793 ! »

Décrété d'accusation le soir même comme fauteur ou complice de la rébellion, il fut mis en arrestation chez lui, et se tua d'un coup de poignard.