Ernest, Dominique,François, Joseph Duquesnoy

1749 - 1795

Informations générales
  • Né le 7 mai 1749 à Bouvigny-Boyeffles (Pas-de-Calais - France)
  • Décédé le 17 juin 1795 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 30 août 1791 au 20 septembre 1792
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 6 septembre 1792 au 17 juin 1795
Département
Pas-de-Calais
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, né à Bouvigny-Boyeffles (Pas-de-Calais) le 7 mai 1749, mort à Paris le 17 juin 1795, fils d'un cultivateur de Bouvigny, il était moine au moment de la Révolution.

Il profita des circonstances pour quitter son couvent et se fit cultivateur, et surtout champion enthousiaste des idées nouvelles.

Le 30 août 1791, il fut élu député du Pas-de-Calais à l'Assemblée législative, le 7e sur 11, par 284 voix (548 votants). Il siégea au côté gauche de cette assemblée, et, révolutionnaire ardent, proposa, après le Dix Août, l'arrestation et l'emprisonnement, par mesure de sûreté, de toutes les personnes soupçonnées d'incivisme.

Elu membre de la Convention par le même département (6 septembre 1792), le 3e sur 11, avec 655 voix (734 votants), il y redoubla d'énergie révolutionnaire, remplit diverses missions avec Delmas, Duhem, Bellegarde, et, dans le procès de Louis XVI, s'exprima ainsi : « Intimement convaincu des crimes et des forfaits du tyran, je vote pour la mort. » D'un caractère violent, il contraignit, dit-on, un de ses collègues à voter comme lui la mort du roi en lui donnant des coups de canne. Il poursuivit avec acharnement les Girondins. Sa correspondance atteste un zèle farouche pour la cause qu'il avait embrassée. « Le moine fanatique, a écrit M. Jules Claretie (les Derniers Montagnards), subsiste sous le costume du conventionnel. » Il donnait, d'ailleurs, l'exemple de l'intrépidité aux soldats à la tête desquels il combattit constamment.

Commissaire à l'armée du Nord, il annonça à la Convention l'entrée de l'armée dans Maubeuge, et, dénoncé aux Jacobins, se justifia victorieusement. Le 30 brumaire an II, il écrivait d'Arras au Comité de salut public : « Je partirai demain pour aller donner l'émétique révolutionnaire aux aristocrates de Douai »

Envoyé en mission dans la Moselle, il décréta une taxe de 40,000 livres sur les riches de Metz pour être distribuée aux pauvres. La société populaire de la ville ayant protesté, le Comité de salut publie annula l'arrêté, mais l'argent ne fut pas rendu.

Le 27 germinal an II, à la Convention, à propos du décret destiné à « purger » Paris de tous les ex-nobles, Rival demanda quelle était la situation faites aux femmes. « La femme, répondit Duquesnoy, doit suivre le sort de son mari; la femme noble, qui a épousé un roturier, a prouvé qu'elle était au-dessus des préjugés ridicules de sa caste, elle a mérité une exception; au contraire, la femme roturière, qui s'est associée par vanité au marquis, au comte, doit partager son sort. »

Son attachement au parti de la Montagne ne se démentit pas dans les journées de prairial. Lors de l'envahissement de la Convention, il fit remarquer à ceux qui l'entouraient que les loges des journalistes étaient presque désertes. Il demanda, dans la même séance, que le Comité de sûreté générale fût cassé, et remplacé par une commission extraordinaire; lui-même fut nommé membre de cette commission. Mais les événements ne lui permirent pas de remplir ce mandat.

Bientôt décrété d'arrestation et d'accusation avec Bourbotte, Duroy et autres, par la majorité des députés rentrés en séance, il essaya vainement de prendre la parole, fut traduit, comme ses amis, devant la commission militaire, et, malgré le témoignage favorable de deux collègues, Charlier et Bonneval, fut (29 floréal) condamné à mort. Avant de mourir, il écrivit à sa femme une lettre, où il disait : « Tâchez de conserver vos jours afin de pouvoir faire donner à nos infortunés enfants une éducation républicaine. Rappelez-leur souvent ceci : Ne faites jamais à un autre ce que vous ne voudriez pas qu'on vous fît. Je vous embrasse mille et mille fois de tout mon cœur, embrassez bien tendrement pour moi nos chers enfants, et recevez mes tendres et éternels adieux... Je vous embrasse de nouveau, adieu, ma tendre et fidèle amie, je ne vous reverrai plus, c'est le seul regret qui me tourmente. » Dans la chambre d'arrêt où les condamnés furent transférés pour subir la « toilette », Duquesnoy reçut de Goujon le couteau dont celui-ci venait de se frapper, et s'en frappa à son tour. Plus heureux que Duroy,Bourbotte et Soubrany, il en mourut.