Paul, François, Jean, Nicolas Barras

1755 - 1829

Informations générales
  • Né le 20 juin 1755 à Fox-amphoux (Var - France)
  • Décédé le 29 janvier 1829 à Chaillot (paris) (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 4 février 1795 au 19 février 1795

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 7 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Var
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 12 avril 1798 au 26 décembre 1799
Département
Var

Fonds d'archives

Le fonds Barras et Rousselin de Saint-Albin, conservé aux Archives nationales, couvre la période 1639-1877 et représente 40 centimètres linéaires. Les documents sont cotés en 171 AP et sont décrits dans un répertoire analytique. Ils ont fait l’objet de 30 achats entre 1955 et 2001 ainsi que d’un legs en 1982. La consultation des documents est libre.
Le fonds regroupe des papiers familiaux ainsi que les mémoires de Barras.
De plus amples renseignements sur ce fonds sont disponibles sur le site Internet des Archives nationales.

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents et au Conseil des Anciens, membre du Directoire, né à Fox-Amphoux (Var), le 20 juin 1755, mort à Chaillot (Seine), le 29 janvier 1829 descendait d'une famille de vieille noblesse de Provence, dont on disait : « Nobles comme les Barras, aussi anciens que nos rochers. »

Il entra dans l'armée comme sous-lieutenant au régiment de Languedoc, et se rendit, en 1775, à l'Ile-de-France, près du gouverneur, son parent. Capitaine au régiment de Pondichéry, il échappa à la capitulation de cette ville consentie à l'armée anglaise, servit sous le bailly de Suffren, et mécontent de la conduite des affaires militaires dans les colonies, rentra à Paris, où il dissipa rapidement en plaisirs tout son patrimoine. Dans cet état, il embrassa avec ardeur la cause de la Révolution, concourut à la prise de la Bastille, parla cependant en faveur du roi et de la reine quand le peuple envahit Versailles, le 6 octobre, mais abandonna vite le parti monarchique, dès qu'il le crut perdu sans ressources, s'affilia des premiers aux Jacobins, les poussa aux événements du 10 août 1792, et fut nommé administrateur du département du Var, haut juré à Orléans, commissaire à l'armée et administrateur dit comté de Nice.

Le 7 septembre 1792, le département du Var l'élut membre de la Convention par 268 voix sur 467 votants.

Dans le procès de Louis XVI, il ne dit que ces mots : « Je vote pour la mort, » refusa l'appel et le sursis, et vota, le 31 mai 1793, contre les Girondins.

Envoyé en mission à l'armée d'Italie, il apprit à Nice que Toulon venait d'être pris par les Anglais; il réunit aussitôt quelques troupes, vint bloquer la ville, et reçut du général Dugommier le commandement de l'aile gauche de l'armée assiégeante ; c'est là qu'il connut Napoléon Bonaparte, alors capitaine d'artillerie. Toulon repris fut décimé : « Les seuls honnêtes gens que j'ai trouvés, écrivit Barras à la Convention, sont les galériens. » Il ne se mêla point ostensiblement, sans doute, à ces cruelles représailles, car il fut excepté, avec Fréron, des dénonciations qui furent rédigées par les sociétés populaires du midi contre les autres représentants envoyés en mission, Robespierre jeune, Salliceti et Ricord.

Barras, froidement accueilli par les comités à son retour à Paris, attendit les événements, résista aux froides séductions de Robespierre, et prépara activement le 9 thermidor. Chargé de défendre la Convention contre la garde nationale soulevée par Hauriot, il parvint en une nuit à réunir assez de troupes pour prendre l'offensive, s'emparer de l'Hôtel de Ville et se saisir de Robespierre et de ses partisans qui s'y étaient réfugiés. Il revint alors à des idées plus modérées, alla voir au Temple le Dauphin et Mme Royale, et obtint pour eux quelques adoucissements, devint secrétaire, puis président de la Convention (novembre 1794) et membre du comité de sûreté générale, et s'efforça de se maintenir entre les partis extrêmes, attaquant les émigrés (janvier 1795), faisant proclamer jour de fête publique l'anniversaire de la mort de Louis XVI, poursuivant, le 1er prairial (20 mars), les derniers terroristes, et mitraillant le 13 vendémiaire (5 octobre), les sections mutinées de Paris. La Convention l'avait, la veille de cette journée, nommé général en chef à l'unanimité ; il s'adjoignit Bonaparte, pour qui il obtint, avec assez de peine, quelques jours après, le titre de général de l'armée de l'intérieur.

La mise en vigueur de la Constitution de l'an III modifia la forme du gouvernement: Barras fut élu par le Conseil des Anciens membre du Directoire exécutif, le 5e sur 5 (octobre 1795) ; sa nomination fut attaquée, on prétendit à tort qu'il n'avait pas les quarante arts exigés par la Constitution; il alla habiter le palais du Luxembourg, avec 150,000 francs de traitement, et, véritable chef dit pouvoir exécutif, put donner libre carrière a ses appétits de luxe et de jouissances; la « cour de Barras » donna le ton à la « jeunesse dorée », dont Mme Tallien fut la reine. Bonaparte y rencontra la veuve du général Beauharnais ; Barras la lui fit épouser, et lui fit donner le commandement en chef de l'armée d'Italie.

Les élections de l'an V ayant été favorables aux royalistes, la représentation nationale se mit elle-même à conspirer. Barras, le plus résolu des Directeurs, se décida à résister et, le 18 fructidor (4 septembre 1797), aidé par Augereau, surprit les Tuileries, arrêta Pichegru, Barthélemy son collègue, et tous les représentants réactionnaires, aux cris de : « A bas les aristocrates ! » Bien que son énergie eut découragé les royalistes, il vit bien que le Directoire se discréditait tous les jours, et songea à l'avenir. Après sa victoire du 18 fructidor, il fit rompre brusquement les conférences ouvertes à Lille avec 1'Angleterre au sujet de la paix, puis écrivit en secret à Pitt, offrant d'accepter les conditions proposées en échange de cinquante millions pour ses amis et pour lui. L'importance de la somme et l'incertitude du résultat dirent échouer l'affaire, et, après le 30 prairial (18 juin 1799), qui fut la revanche parlementaire du 18 fructidor, la revanche des Conseils contre le Directoire, Barras entra en pourparlers avec Louis XVIII, par l'intermédiaire de David Mounier ; Barras devait recevoir douze millions ; l'agent royal, le chevalier Tropez de Guérin, écrivait à Louis XVIII : « Ce n'est pas une misérable conspiration qui se trame par des particuliers sans moyens, sans alentours ; c'est le chef du gouvernement, c'est l'homme presque assis à votre place, qui vous l'offre. » Mais la lenteur des négociations, du côté des royalistes, laissa à Bonaparte le temps de revenir d'Egypte, et de faire le 18 brumaire.

Pendant ces événements, Barras avait été élu député du Var au Conseil des Cinq-Cents, le 23 germinal au VI, et au Conseil des Anciens, le 23 germinal an VII. Le 18 brumaire mit fin à sa carrière politique ; il se retira à Grosbois escorté par un escadron de cavalerie, et donna sa démission de législateur « en confiant les destins de la République au guerrier illustre à qui il avait eu le bonheur d'ouvrir le chemin de la victoire. »

Bonaparte lui fit offrir l'ambassade de Dresde, celle des Etats-Unis, et le commandement de l'armée de Saint-Domingue ; Barras refusa, et ce refus irrita le premier consul, tenait à l'éloigner, et qui fut obligé de lui rappeler la loi qui interdisait aux officiers destitués le séjour à moins de 40 lieues de la capitale.

Barras se retira à Bruxelles, mais cette retraite lui pesait, et il demanda à plusieurs reprises à « la justice du gouvernement, de faire cesser son exil. » Il n'obtint, qu'en 1805, pour raisons de santé, l'autorisation d'habiter Marseille.

On l'accusa, en 1813, de conspirer avec les Anglais, et on l'exila à Rome, où il vécut sous la surveillance d'un ancien émigré. Il fut encore impliqué dans un autre complot avec l'ancien roi d'Espagne, Charles IV, arrêté à Turin au moment où il revenait en France, et mis en surveillance à Montpellier.

Il ne revint à Paris qu'au retour des Bourbons, et vécut tranquille dans sa belle maison de Chaillot, ayant été le seul régicide excepté de l'application de la loi du 12 janvier 1816.


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