Jacques Brival

1751 - 1820

Informations générales
  • Né le 14 février 1751 à Tulle (Corrèze - France)
  • Décédé le 8 octobre 1820 à Constance (Suisse)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 31 août 1791 au 20 septembre 1792
Département
Corrèze
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Corrèze
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 12 avril 1798 au 26 décembre 1799
Département
Corrèze

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative de 1791, membre de la Convention, député au Conseil des Anciens et au Conseil des Cinq-cents, né à Tulle (Corrèze), le 14 février 1751, mort à Constance (Suisse) le 8 octobre 1820, il était procureur général syndic à Tulle lorsque le département de la Corrèze le nomma, le 31 août 1791, député à l'Assemblée législative, par 200 voix sur 373 votants.

Il avait eu, dans ses fonctions de magistrat, de graves démêlés avec les juges du tribunal présidial prévôtal qu'il avait accusés de prévarications; ceux-ci se défendirent avec une grande vivacité et invoquèrent le témoignage favorable de la municipalité de Tulle et des communes environnantes. Un libelle intitulé : Observations sommaires des députés extraordinaires de la commune de Tulle (Paris, de l'imprimerie de P.-Fr. Didot), mit les populations en garde contre « le venin d'une dénonciation atroce dans son principe, calomnieuse dans ses motifs, et dangereuse par l'esprit de vertige et d'insubordination à la loi, qu'elle peut propager dans les campagnes »

A l'Assemblée législative, Brival siégea parmi les partisans les plus décidés de la Révolution, et se signala par une motion contre les prêtres perturbateurs, par sa proposition (1792) de convertir en canons les statues de bronze des anciens rois de France, etc. Il dénonça les chevaliers du poignard, « qui se rendaient chez la reine pour y conspirer contre le peuple », et demanda la suppression des substitutions qui pourraient se faire sur les biens possédés aux colonies par les émigrés.

Le 4 septembre 1792, le même département le nomma membre de la Convention. Il opina pour que la défense de Louis XVI fût signée de lui en même temps que de ses défenseurs, et vota la mort sans appel et sans sursis.

Au 2e appel nominal, il répondit : « Citoyens, comme Louis n'a pas demandé la sanction du peuple pour livrer la France à nos ennemis; comme il ne l'a pas demandée quand il a tyrannisé et fait égorger 100,000 Français; comme nous sommes envoyés ici pour venger la nation, et comme nous ne devons mettre aucune différence dans la punition des coupables, et que la plupart de ceux qui ont commis les crimes dont le tyran devait profiter ont déjà péri sur l'échafaud, comme enfin je prends l'engagement de périr et d'exterminer le premier intrigant qui voudrait monter sur le trône, je manifeste mon opinion, et je dis non.»

Au 3e appel nominal: « Si on ne condamnait pas Louis à la mort, ce serait dire qu'il est d'une autre espèce d'hommes. On a dit que Louis servirait d'otage; mais il était déjà en otage, lorsqu'on a pris Longwy et Verdun, lorsque Lille a été bombardé. Etre indulgent envers Louis, ce serait se rendre complice de ses crimes. La Convention se couvrirait d'infamie si elle ne condamnait Louis à la mort. Je le condamne à la mort.»

Après le 31 mai, Brival se rendit à la commune de Paris pour la féliciter de sa conduite dans cette journée. Chargé au mois d'août 1793, d'une mission dans le centre, il en rendit compte par la lettre suivante, déposée aux Archives nationales :


« 8 fructidor, l'an 2e,

Le citoyen Brival, représentant du peuple dans les département du Loiret, Loir-et-Cher et Indre-et-Loire; au citoyen président de la Convention nationale.
Citoyen président, assez et trop longtemps la commune d'Orléans avait été livrée à l'erreur; les haines, les passions, les vengeances animaient tour à tour les différents partis; maintenant je puis vous assurer que cette commune est animée des meilleurs principes, que toutes les haines ont disparu. La Convention nationale peut même être assurée qu'il n'y règne d'autre parti que celui de la République, d'autre haine que celle des ennemis de la patrie. Les citoyens m'ont promis d'oublier tout esprit de vengeance; et quoique dans ce moment ils soient soumis à de grandes privations, vous apprendrez avec plaisir qu'ils ne se permettent même pas de se plaindre.

Le Journal des Débats m'ayant appris qu'un de nos collègues avait fait la proposition d'accorder 300 liv. de secours au citoyen Larousse, condamné à cinq ans de fers pour avoir fourni un écritoire et du papier à un détenu, je dois prévenir mes collègues que déjà je m'étais occupé de ce citoyen, et que je lui avais fait donner un secours provisoire de 100 livres. Peut-être la Convention nationale ne voudra-t-elle pas que cette somme soit imputée sur celle qu'elle aura accordée, attendu que le citoyen Larousse et son épouse sont très malades en ce moment. Je dois également vous prévenir, citoyens collègues, que le citoyen Pierre Chenau, meunier, demeurant à Pithiviers, se trouvant dans le même cas que le citoyen Larousse, fut présenté au jury d'accusation de Pithiviers, qui déclara qu'il y avait lieu à accusation; que, l'affaire portée au tribunal criminel du Loiret, ce malheureux fut condamné à cinq années de fers. Comme la Convention nationale n'a pas deux poids et deux mesures, je pense qu'elle ne balancera pas à annuler ce jugement. Quant à moi, pour que ce citoyen ne reste pas plus longtemps privé de sa liberté, je l'ai élargi provisoirement, à la charge par lui de demeurer à Orléans jusqu'à ce que vous ayez prononcé. Je lui ai fait également donner une somme de 100 liv. à titre de secours provisoire. Je dois ici, citoyens collègues, rendre compte des intentions des membres du tribunal criminel du département du Loiret, et dire qu'elles étaient pures; ils ont été induits en erreur parce qu'ils ont cru que le porte-clefs et le concierge étaient fonctionnaires publics, attendu qu'ils sont salariés par la nation et qu'ils ont prêté serment. Je n'attribue donc ces jugements qu'à l'erreur. Ce sont eux qui, les premiers, ont réclamé contre le jugement dont je viens de vous parler; leurs coeurs sont navrés de douleur : tous les citoyens les regrettent, l'opinion générale parle en leur faveur.
Salut et fraternité.
BRIVAL.»

A la Convention, Brival prit une part assez active aux délibérations sur le Code civil, sur la restitution des biens des condamnés, sur l'application de la loi du 17 nivôse touchant les successions. Il fit rendre le nom de Gironde au département du « Bec-d'Ambès ». Brival se prononça contre les Jacobins dans la journée du 9 thermidor, et vota, en fructidor an III, le rappel en France de M. de Talleyrand-Périgord.

Le 23 vendémiaire an IV, il entra, comme conventionnel, au Conseil des Anciens, où il parut rarement.

Devenu, le 23 germinal an VI, député de la Corrèze au Conseil des Cinq-cents, il n'y eut également qu'un rôle assez modeste.

Après le 18 brumaire, il devint juge à la Cour d'appel de Limoges. Il échangea ces fonctions, le 1er juin 1811, contre celles de conseiller à la Cour impériale. Atteint par la loi du 16 janvier 1816 contre les régicides, Brival fut forcé de s'expatrier. Il se retira à Constance, où il mourut.