Edme, Bonaventure Courtois

1754 - 1816

Informations générales
  • Né le 15 juillet 1754 à Troyes (Aube - France)
  • Décédé le 6 décembre 1816 à Bruxelles (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 7 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Aube
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 4 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Aube
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative de 1791, membre de la Convention, député au Conseil des Anciens, membre du Tribunat, né à Troyes (Aube), le 15 juillet 1754, mort à Bruxelles (Belgique), le 6 décembre 1816, il était le fils d'un boulanger qui lui fit faire ses études au collège de l'Oratoire.

Il occupait, à Arcis-sur-Aube, la place de receveur du district, lorsqu'il fut élu député de l'Aube à l'Assemblée législative, le 7 septembre 1791, le 1er sur 9, avec 215 voix (325 votants); il ne parut pas à la tribune et se contenta de voter avec le côté gauche.

Le même département le renomma membre de la Convention, le 4 septembre 1792, le 1er sur 9, avec 245 voix (409 votants). Il vota la mort de Louis XVI sans appel ni sursis, et ne se fit pas remarquer jusqu'au 9 thermidor. Dans cette journée, il se prononça contre les Jacobins, et fut chargé, par les vainqueurs, de l'examen des papiers de Robespierre. Il fit, à ce sujet, un très long et très violent rapport, dont la communication occupa plusieurs séances de la Convention, et qui contenait des phrases comme celle-ci : « Nous ne pouvons vous donner ici, citoyens, une idée de certains écrits qui ne souffrent pas l'analyse. Il faut les lire tout entiers, et vous frémirez en les lisant, et vous nous plaindrez, nous que vous avez chargés de l'affligeant et pénible emploi de dépouiller ces exécrables feuillets, dégouttants du fiel des furies, et rougis du sang du juste... etc. » Ce rapport avait surtout pour objet de compromettre un grand nombre de membres de la Convention et d'agents du gouvernement, et de les désigner aux poursuites.

Membre du comité de sûreté générale, Courtois (de l'Aube) se signala par son ardeur contre révolutionnaire: il prit contre les Jacobins diverses mesures de rigueur, et fit nommer Delmas commandant de la force armée de Paris au 1er prairial.

Passé, le 23 vendémiaire an IV, au Conseil des Anciens, comme ex-conventionnel, il en sortit le 1er prairial an V. Il fut réélu par le département de l'Aube, le 24 germinal an VI, avec 770 voix, mais cette élection fut annulée.

Il fut réélu une seconde fois, le 26 germinal an VII. Il fut porté par ses collègues à la présidence de l'Assemblée, et prit plusieurs fois la parole : sur les mesures à l'égard des émigrés, contre l'affranchissement de la presse, etc. Il dénonça à plusieurs reprises, une « conspiration terroriste » dont il voyait le foyer dans la société du Manège, et fut pris à parti, à ce propos, par quelques-uns de ses collègues, qui le sommèrent de fournir des preuves et raillèrent sa prétendue découverte.

Courtois prit une part très active aux événements du 18 brumaire, et favorisa de tout son pouvoir le coup d'Etat de Bonaparte. Ce fut lui qui, à la séance du 19, dénonça Aréna (V. ce nom) comme ayant voulu assassiner le général, et répandit la fausse nouvelle d'un mouvement populaire qui se serait préparé dans Paris.

Courtois entra au Tribunat le 4 nivôse an VIII ; mais les accusations de concussion dont il fut l'objet l'obligèrent à sortir de ce corps lors de la première élimination, en l'an X. La fortune rapide de Courtois avait servi de base à ces accusations, contre lesquelles il ne cessa d'ailleurs de protester.

Il se retira à Rambluzin (Meuse), où il s'occupait de belles-lettres et d'agriculture, lorsque la loi dite « d'amnistie », du 12 janvier 1816, vint le frapper de bannissement. Quelques jours avant, M. Decazes, ministre de la police, fit pratiquer chez lui, à Rambluzin (9 janvier 1816) une visite domiciliaire, sur le bruit qu'il détenait une correspondance secrète de Louis XVIII pendant l'émigration. Courtois se réfugia en Belgique. Il espérait, en adressant au ministre de l'Intérieur le testament de Marie-Antoinette qu'il avait trouvé dans les papiers de Robespierre, s'en faire un titre à l'indulgence du gouvernement de la Restauration, lorsqu'il mourut presque subitement.

Son domicile avait été envahi, ses papiers saisis, soustraits ou dispersés. Le procès, que son fils intenta vainement à l'Etat pour en obtenir la restitution, a prouvé qu'il s'agissait de plusieurs manuscrits importants, notamment d'une Histoire de la Révolution du 9 thermidor, de Notes historiques et matériaux de mémoires intéressant la famille royale, d'un écrit intitulé : Louis XVIII pendant la Révolution, etc.

Date de mise à jour: septembre 2019