Michel, Mathieu Lecointe-Puyraveau

1764 - 1827

Informations générales
  • Né le 13 décembre 1764 à Saint-Maixent (Deux-Sèvres - France)
  • Décédé le 15 janvier 1827 à Ixelles (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 21 mars 1797 au 21 avril 1797
Présidence de l'Assemblée nationale
du 20 juillet 1798 au 17 août 1798

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 3 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 2 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Montagne
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 13 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Deux-Sèvres

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents et membre du Tribunat, né à Saint-Maixent (Deux-Sèvres) le 13 décembre 1764, de Germain Lecointe, marchand, et de Catherine Renée Levesque, mort à Ixelles les Bruxelles (Belgique) le 15 janvier 1827, il était homme de loi à Saint-Maixent avant la Révolution.

Nommé (1790) administrateur du département des Deux-Sèvres, et partisan enthousiaste des idées nouvelles, il fut élu, le 3 septembre 1791, député des Deux-Sèvres à l'Assemblée législative, le 3e sur 7, par 169 voix sur 299 votants. Il prit place parmi les plus avancés ; appuya (10 décembre) une adresse contre le veto mis par le roi à la loi contre les émigrés ; présenta (26 janvier 1792) une motion en faveur des gardes-françaises révoltés ; s'opposa (27 mars) à la célébration d'une messe en musique en l'honneur de Mirabeau ; fit rendre un décret (11 avril) sur le paiement de la contribution patriotique par les députés ; réclama (16 mai) la déportation des prêtres réfractaires ; et, le 10 juillet, dit en parlant de Collot d'Herbois : « Quel est le citoyen qui ne connaisse Collot d'Herbois ? Quel est le département, la ville, le canton, où le nom de Collot d'Herbois ne soit connu, chéri ? Collot d'Herbois a fait connaître et aimer la Constitution à tous les habitants des campagnes. » Le 1er août, il appuya l'armement avec des piques, et dénonça (19 août) les « chevaliers du poignard ».

Le département des Deux-Sèvres l'envoya siéger à la Convention, le 2 septembre 1792, le 1er sur 7, par 322 voix sur 403 votants. Il siégea avec les Girondins, fit décréter (29 septembre) que les ministres ne pourraient être pris parmi les députés, dénonça (4 octobre) Marat comme l'un des auteurs des massacres de septembre, fut traité dans l'Ami du peuple de fédéraliste et de girondin, fut envoyé avec Biroteau dans l'Eure-et-Loir pour pacifier le département, mission qui ne fut pas sans danger, et, à son retour, répondit dans le procès du roi, au 3e appel nominal :
« Je déclare que je ne me présente point en qualité de juge, mais avec le caractère de représentant du peuple. C'est en cette qualité que je vais exprimer mon vœu. Mardi, j'ai voté pour l'appel au peuple. Vous avez rejeté cet appel je respecte votre décision ; le peuple la jugera. Je représente le peuple, le peuple a été assassiné par le tyran. Je vote pour la mort du tyran. »

Le 4 février 1793, il présenta la défense des députés à l'Assemblée législative compromis dans les papiers de l'armoire de fer.

Envoyé en mission dans l'Ouest le 10 mai, il blâma (29 juin) la rigueur du décret de la Convention contre les soldats remis en liberté par les Vendéens, et, à son retour, bien que dénoncé par Marat, s'efforça de justifier, à la tribune, la destitution du général Rossignol.

Compromis avec les Girondins, il fut attaqué, avec demande de mise en accusation, par Amar, sur la foi d'une lettre, sans signature, datée de Rouen et qui accusait Lecointe de participation aux troubles de l'Ouest. Lecointe fit observer que cette lettre serait arrivée à Paris avant la distribution du courrier de Rouen, et ne fut pas inquiété.

Il prit parti, au 9 thermidor, contre Robespierre, attaqua les Jacobins (12 germinal an III) qu'il appela des « royalistes masqués », s'opposa (13 fructidor) à l'adoucissement des lois portées contre les émigrés, et s'écria de sa place, dans la journée du 13 vendémiaire an IV : « Président, il faut que tous les représentants restent dans cette enceinte, ou que tous se mettent à la tête des républicains qui combattent pour la liberté. » Il s'opposa (le 29 vendémiaire) à la nomination du Directoire par la Convention.

Réélu au Conseil des Cinq-Cents le 22 vendémiaire an IV, dans les Deux-Sèvres, par 52 voix sur 150 votants, il échoua aux élections de l'an V avec 26 voix sur 210 votants, et rentra au Conseil des Cinq-Cents le 20 germinal an VI, élu par 127 voix sur 220 votants ; il attaqua (ventôse an V) les magistrats qui refusaient de prêter le serment de haine à la royauté, réclama la mise sous séquestre des biens des pères et mères d'émigrés, appuya (nivôse an VI) la création d'un ministère de la Police et, par des motions successives, fit sortir du Corps législatif, en vertu de la loi du 3 brumaire an IV qui excluait des fonctions publiques les parents d'émigrés, Mersan, Ferrand-Vaillant, Polissart, Le Cerf, Palhier, Doumerc, Gau, Bodinier et Gaillard.

Secrétaire du Conseil (1er frimaire) il en fut élu président (1er germinal), fut envoyé en mission dans les Deux-Sèvres pour rendre compte de la situation du département, fut réélu président le 1er thermidor, et, sept jours après, prononça, en cette qualité, un discours commémoratif des journées des 9 thermidor, 13 vendémiaire et 18 fructidor, discours qui, par ordre du Conseil, fut traduit en plusieurs langues.

En fructidor, il proposa une levée de 200 000 hommes, vota la confiscation des biens des déportés du 18 fructidor an V qui s'étaient évadés, fit décréter (22 vendémiaire) la vente de 125 millions de biens nationaux, et réclama, comme il l'avait fait plusieurs fois déjà, des rigueurs contre la presse, qu'il accusa de tous les excès de la révolution.

Le 18 brumaire ne le compta pas parmi ses adversaires, et son attitude lui valut, le 5 nivôse an VIII, d'être nommé membre du Tribunat ; il en sortit à la première épuration de 1802, fut, quelques mois, commissaire de police à Marseille, et refusa les fonctions de gouverneur de la Louisiane.

Il vécut dans la retraite sous l'Empire, mais, aux Cent-Jours, fut nommé lieutenant-général de police dans la région du Sud-Est, en résidence à Lyon.

A la nouvelle du désastre de Waterloo, il gagna à la hâte Toulon, et s'embarqua ; son navire, pris un moment par les croiseurs anglais, leur échappa à la faveur d'une violente tempête, et ne put que le débarquer à Toulon, qu'il ne fit que traverser pour se cacher dans les montagnes de l'Esterel. Arrêté à Priano, il fut ramené à Marseille, où la population faillit le massacrer, et fut enfermé au château d'If. Il fut remis en liberté au bout de six semaines, et revint à Paris ; mais, atteint par la loi du 12 janvier 1816, il se réfugia en Belgique où il mourut.

On a de lui : Opinion dans l'affaire du roi (1792).

Date de mise à jour: mai 2019