Félix Brun

1896 - 1964

Informations générales
  • Né le 18 décembre 1896 à Salindres (Gard - France)
  • Décédé le 24 octobre 1964 à Saint-cloud (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XVIe législature
Mandat
Du 3 mai 1936 au 21 janvier 1940 *
Département
Rhône
Groupe
Communiste

* : Un décret de juillet 1939 a prorogé jusqu'au 31 mai 1942 le mandat des députés élus en mai 1936

Biographies

Né le 18 décembre 1896 à Salindres (Gard).

Député du Rhône de 1936 à 1940.

Né à Salindres, petit village du département du Gard où son père travaillait comme manœuvre dans une usine de produits chimiques, Félix Brun passa son enfance à Lyon, son père s'étant installé peu après dans cette ville, pour s'y faire traiter médicalement, et y étant devenu poseur de voies à la compagnie P.L.M., puis revendeur au marché Saint-Antoine. En 1901, après la mort accidentelle de sa mère - il avait alors cinq ans, - il fut placé dans un orphelinat, mais revint peu après au foyer paternel, son père s'étant remarié. Il suivit les cours de l'école primaire jusqu'en 1910, date à laquelle il obtint son -certificat d'études et commença lui-même à travailler, pour aider sa famille. Durant 4 ans, il fut ainsi emballeur en soierie.

Appartenant à la classe 1916, il fut mobilisé le 8 avril 1915, à l'âge de 19 ans, et, après quelques mois d'instruction militaire, fut versé en 1916 au 255e régiment d'infanterie, qui se trouvait à Verdun. Il prit part aux combats qui se déroulèrent dans la région d'Avocourt de juillet à novembre 1916 et à l'offensive du 15 décembre suivant, dans le secteur de la Côte-du-Poivre. Dans la nuit du 18 au 19 décembre, il était atteint de graves gelures aux pieds, était évacué deux jours plus tard, pour être amputé des deux jambes le 4 janvier 1917 à l'hôpital de Rambervillers. Le 28 juin 1917, il était réformé en qualité de soldat de deuxième classe. Ses deux frères aînés avaient trouvé la mort sur le front dès le début de la guerre, en août 1914.

Rentré dans ses foyers, il fut obligé de suivre les cours du Centre de rééducation de Lyon, d'où il sortit avec la qualification d'ouvrier fraiseur et tourneur. Jusqu'en 1921, il travailla dans différentes usines, puis exerça pendant deux ans le métier de marchand forain.

Dès 1919, il s'était jeté dans les luttes ouvrières et avait donné son adhésion à l'A.R.A.C. (Associations républicaine des Anciens combattants et victimes de guerre, fondée par Henri Barbusse). En février 1921, il adhérait au parti communiste. Il devenait ensuite secrétaire de la fédération de l'A.R.A.C. pour le Rhône, puis, en 1923, membre du comité central de cette association, dont il devait devenir le président national en 1938, .succédant ainsi à Henri Barbusse et à Paul Vaillant-Couturier. Il avait été élu en même temps membre de la direction fédérale du parti communiste dans le Rhône.

Présenté une première fois par ses amis politiques aux élections générales de 1928, à Lyon, il fut battu, et échoua également au renouvellement de 1932. C'est seulement aux élections législatives des 26 avril et 3 mai 1936, deux ans après avoir été élu conseiller général du Rhône, qu'il devint député de la neuvième circonscription de Lyon, en battant au deuxième tour de scrutin, par 5.223 voix contre 4.072, le député sortant radical-socialiste Dominique Massimi.

Inscrit au groupe communiste et membre des Commissions des affaires étrangères et des pensions civiles et militaires, il présenta de nombreux rapports concernant les emplois réservés, les pensions temporaires et les emplois ressortissant de l'administration des travaux publics. Grand mutilé de guerre, il déposa également une proposition de loi concernant les pensions d'invalidité. Dès le début de la législature, il avait été chargé d'un rapport sur l'approbation à Berlin le 19 juin 1936 de l'accord et de l'arrangement franco-allemands relatifs aux pensions dues aux anciens fonctionnaires de nationalité française du Gouvernement de la Sarre.

Il intervint d'autre part dans la plupart des discussions concernant les revendications des anciens combattants, prit part au débat de 1937 sur les projets et propositions de loi d'amnistie et déposa à ce sujet un amendement relatif à l'insoumission et à la désertion. Il s'intéressa également aux discussions concernant le budget général et notamment les traitements de la Légion d'honneur et de la Médaille militaire. En 1939, il intervint dans les débats sur la politique extérieure du Gouvernement et sur la situation des réfugiés espagnols. L'année précédente, il avait demandé à interpeller le Gouvernement sur les conditions dans lesquelles « des inculpés du procès du C.S.A.R. avaient été mis en liberté provisoire, alors que les principaux responsables n'étaient pas encore arrêtés ».

Poursuivi, ainsi que la plupart de ses collègues communistes, par le Gouvernement Daladier, en raison de son attitude au début de la guerre de 1939-1940, il fut arrêté le 8 octobre 1939 et incarcéré à la prison de la Santé. Condamné à quatre ans de prison avec sursis et à 5.000 francs d'amende, il était déchu de son mandat de député le 20 février 1940. il fut interné ensuite à Baillet, en Seine-et-Oise, puis à l'île d'Yeu, avant d'être transféré de nouveau à la Santé. En octobre 1940, il quittait cette prison pour le camp d'Aincourt, en Seine-et-Oise, et ne fut libéré que le 26 février 1941, en raison de ses infirmités, en. compagnie de plusieurs de ses camarades, grands invalides de guerre.

Sans ressources pendant l'occupation, il dut chercher du travail, autant que le lui permettaient ses infirmités et, dans cette même mesure, put rendre quelques services à la Résistance.

A la Libération, Félix Brun devait être réintégré dans ses droits politiques et nommé président de la Commission départementale d'épuration du Rhône, puis élu conseiller municipal de Lyon en 1945. En cette qualité, il assuma également la charge de membre du conseil général des hospices civils de la grande ville rhodamienne. Elu simultanément conseiller général du Rhône, il ne sollicita pas le renouvellement de ce mandat en 1951 et démissionna en 1949 du conseil municipal pour se consacrer exclusivement à la défense des droits des anciens combattants et victimes de guerre, en sa qualité de président national de l'A.R.A.C. et de vice-président de l'Union française des :associations de combattants, fonctions qu'il remplit encore actuellement. Officier de la Légion d'honneur, officier du Mérite combattant, médaillé militaire, Croix de guerre, Félix Brun vit à Paris.

En 1936, il publia un opuscule présentant la position du groupe parlementaire communiste « pour réparer les injustices des décrets-lois » et commentant le projet gouvernemental déposé à ce sujet. Il a également préfacé un ouvrage de Marius Dauvergne intitulé Est-il possible de sauver la paix ?




Né le 18 décembre 1896 à Salindres (Gard)

Décédé le 24 octobre 1964 à Saint-Cloud (Seine-et-Oise)

Député du Rhône de 1936 à 1940

(Voir première partie de la biographie dans le dictionnaire des parlementaires français 1889-1940, tome II, p. 788, 789)

Après avoir été déchu de son mandat de député en application de la loi du 20 janvier 1940, Félix Brun est interné au camp d'Aincourt (Seine-et-Oise). Libéré le 26 février 1941 en raison de son état de santé- il avait perdu ses deux jambes durant la Grande guerre - il regagne la région lyonnaise et s'installe à l'Arbresle.

A la Libération, relevé de sa déchéance par décision du Conseil des ministres du 28 octobre 1944 consécutive à l'ordonnance du 9 août de la même année portant rétablissement de la légalité républicaine, Félix Brun, réélu conseiller général, devient Président de la Commission départementale du Rhône.

Il retrouve aussi son poste de Président national de l'A.R.A.C. (Association républicaine des anciens combattants) auquel vient s'ajouter la vice-présidence de l'Union française des associations de combattants.

Son état de santé et l'importance qu'il attache à l'exercice de ces fonctions le conduisent à renoncer progressivement à ses deux mandats locaux : élu conseiller municipal de Lyon en 1945 et réélu en 1947, il démissionne en 1949, et ne sollicite pas en 1951, le renouvellement de son mandat de conseiller général du Rhône.


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