Jean-François Barailon

1743 - 1816

Informations générales
  • Né le 12 juillet 1743 à Viersat (Creuse - France)
  • Décédé le 14 mars 1816 à Chambon-sur-Voueize (Creuse - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 7 décembre 1801 au 22 décembre 1801

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 6 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Creuse
Groupe
Modérés
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 13 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Creuse
Groupe
Modérés
Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 25 décembre 1799 au 1er juillet 1806
Département
Creuse
Groupe
Bonapartiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, au Conseil des Anciens et au Corps législatif en l'an VIII, né à Viersat (Creuse), le 12 juillet 1743, de Joseph Baraillon, bourgeois et de Catherine Jouhandeau mort à Chambon-sur-Voueize (Creuse) le 14 mars 1816, il était médecin à Chambon, avant 1789, puis juge de paix en 1790.

Il fut élu, le 6 septembre 1792, membre de la Convention par le département de la Creuse, à la pluralité des voix (le procès-verbal d'élection ne mentionne pas de chiffres). Il siégea d'abord parmi les modérés, dénonça le premier l'ambition de Robespierre, et attaqua l'administration de Pache, ministre de la guerre. Dans le procès de Louis XVI, il répondit, au 2e appel nominal :
« Je demande que, si l'on condamne Louis à mort, la sanction soit renvoyée au peuple. »
Au 3e appel nominal :
« Je vote, dit-il, non comme juge, car je déclare derechef que je ne le suis point, que je n'entends point l'être, mais comme représentant de la nation et pour son intérêt. Je demande en conséquence que Louis Capet soit d'abord condamné à la détention, et sauf à prendre par la suite telle autre mesure que la sûreté générale exigera à son égard. Mais pour prouver en même temps à toutes les altesses possibles que je les regarde comme une surcharge, comme une souillure dans le pays de l'égalité, je demande que l'on décrète, dans cette séance à jamais mémorable, la peine de l'ostracisme contre tous les Bourbons sans exception, et contre tout ce qui porte ou a porté le titre de prince en France. »

Le 11 mai 1793, il prit la parole pour proposer une amnistie en faveur des Vendéens qui mettraient bas les armes ; le 9 septembre 1793, il provoqua la suppression des loteries, et, après la chute de Robespierre, se montra un des plus ardents contre les terroristes, parla en faveur des prêtres détenus, et demanda qu'on célébrât par une fête patriotique l'anniversaire de l'exécution de Louis XVI. En germinal an III, il fut nommé membre de la commission de l'instruction publique, présenta plusieurs rapports en cette qualité, et fut délégué comme médecin pour panser les défenseurs de la Convention, blessés au 13 vendémiaire.

Le 21 vendémiaire an IV, il fut élu député de la Creuse au Conseil des Cinq-Cents, par 148 voix sur 218 votants; il était absent le 18 fructidor, mais il applaudit à cette journée, et stimula le zèle du Directoire dans la poursuite de tous les agents contre-révolutionnaires ; le 7 nivôse an VII, il accusa Grégoire de fanatiser la France par ses nombreuses correspondances comme évêque.

Elu, le 24 germinal an VII, au Conseil des Anciens par son département, il se convertit aux opinions modérées, qui préparèrent son adhésion et son concours au coup d'état de brumaire et son entrée, le 4 nivôse an VIII, au Corps législatif dont il devint le président à la fin de l'an X.

Sorti de cette Assemblée en 1806, il fut nommé substitut du procureur impérial à Chambon, puis procureur impérial au même tribunal.

Au retour de l'île d'Elbe, en 1815, Baraillon, qui venait d'être nommé président du collège électoral de la Creuse, vint complimenter l'Empereur sur ses nouveaux projets constitutionnels : « Il était digne, dit-il, du prince qui a illustré le nom français par l'éclat des armes et par une grande supériorité de génie et de talents, d'améliorer nos institutions politiques; ce que vous avez fait annonce assez que les sacrifices de l'autorité ne vous coûteront point quand il s'agira de la félicité publique : aussi l'amour du peuple s'alliera à son admiration pour Votre Majesté. »

Ce fut le dernier acte de la vie politique de Baraillon, qui mourut moins d'un an après.

Il a publié des Recherches sur plusieurs monuments anciens du centre de la France.