André Jeanbon Saint-André

1749 - 1813

Informations générales
  • Né le 25 février 1749 à Montauban (Tarn - France)
  • Décédé le 10 décembre 1813 à Mayence (Allemagne)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 11 juillet 1793 au 25 juillet 1793

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Lot
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Montauban (Tarn-et-Garonne) le 25 février 1749, mort à Mayence (Allemagne) le 10 décembre 1813, fils de Jeanbon, foulonnier, il servit dans la marine marchande où il devint capitaine, puis, de retour en France, se fit pasteur protestant.

Au début de la Révolution, il en embrassa les idées avec ardeur, fut nommé, en 1790, officier municipal de Montauban et, le 5 septembre 1792, fut élu membre de la Convention, le 4e sur 9, à la pluralité des voix, par le département du Lot (dont Montauban faisait alors partie, le département de Tarn-et-Garonne n'ayant été créé que plus tard).

Il siégea à la Montagne, s'opposa (1er décembre 1792) à l'envoi d'une lettre de félicitations à Dumouriez et, dans le procès de Louis XVI, répondit au 3e appel nominal :

« Tous les peuples qui ont voulu être libres n'ont pu l'être que par la mort des tyrans. Je vote pour la mort. »

Le 21 janvier 1793, il dénonça un placard de Valady, et demanda contre lui un décret d'accusation, et, le lendemain, fit accepter la démission de Roland, « l'Assemblée ne pouvant tenir enchaîné un homme qui veut être libre. »

Le 8 février, il réclama le rapport du décret rendu contre les auteurs des massacres de septembre, et, le 16, écrivit à ses collègues Simond, Grégoire, Hérault de Séchelles et Jagot, en mission dans la Savoie, une lette curieuse au point de vue des responsabilités de chacun dans la mort du roi :

« J'ai reçu votre lettre à la Convention sur la mort du tyran. J'y ai supprimé le mot « condamnation » qui pouvait faire équivoque, et j'y ai substitué une expression qui rendit mieux vos vrais sentiments qui étaient pour la mort, sans appel au peuple. » Il ajoute : « Condorcet, Barrère et Gensonné nous ont lu à eux trois une Constitution qui a été loin de plaire à tout le monde. Ce malheureux enfant de huit ou neuf pères brissotins a contre lui, aux yeux de bien des gens, un vice très essentiel, celui de sa naissance ; et puis on le trouve rachitique, mal conformé ; cela va jusqu'à dire qu'il ne pourra pas vivre. »

Le 9 mars 1793, il monta à la tribune pour rendre hommage au zèle des Parisiens qui volaient à la défense de la patrie ; il fit abolir, le même jour, la contrainte par corps pour dettes ; fut envoyé en mission dans la Dordogne ; fit adopter (8 juin) une augmentation de traitement de 300 livres pour les juges de paix de 1re catégorie, et de 150 livres pour ceux de 2e ; fut adjoint, le 12 juin, au comité de salut public pour la marine; remplit une courte mission en Seine-et-Marne ; loua (9 juillet) le patriotisme du général Rossignol, et fit décréter son élargissement ; fit partie (10 juillet) du nouveau comité de salut public.

Il fut élu, le 11 juillet 1793, président de la Convention.

Le 27, il fit remplacer, au comité de salut public, Gasparin, malade, par Robespierre, et fut envoyé, le 1er août, en mission aux années du Nord, des Ardennes, de la Moselle et du Rhin. De retour à la Convention à la fin du mois, il déposa, le 5 septembre, la proposition suivante : « Il existe à Paris une classe d'individus qui, malgré la faiblesse de leur sexe, font beaucoup de mal à la République. Ils corrompent vos jeunes gens, et au lieu de les rendre vigoureux et dignes des anciens Spartiates, ils n'en font que des Sybarites, incapables de servir la liberté : je veux parler de ces femmes impudiques qui font un honteux trafic de leurs charmes. C'est une peste dans la société, et tout bon gouvernement devrait les bannir de son sein. Je demande que le comité de salut public examine s'il ne serait pas utile d'étouffer ce germe de contre-révolution, en déportant au-delà des mers les femmes de mauvaise vie. » Le 14 septembre, sur sa motion, les citoyens âgés de plus de 40 ans furent autorisés à entrer dans l'armée révolutionnaire ; le 23, il fit décréter d'accusation Perrin (de l'Aube).

Le lendemain il fut envoyé en mission dans l'Ouest. A Brest, il refusa d'établir un tribunal révolutionnaire, s'occupa avec zèle de réorganiser notre marine, passa dans l'Ille-et-Vilaine en octobre, et fut envoyé au commencement de novembre à Cherbourg. « Le mal est dans la tête, écrivait-il le 27. Le général, entouré d'une foule de petits officiers qui ont toute la morgue et l'ignorance de la présomption, se laisse conduire par eux, parce qu'il n'a pas assez de capacité pour se conduire lui-même. Je vous invite à défendre sévèrement ces pétaudières appelées conseils de guerre. »

De retour à Paris, il rendit compte de sa mission à Brest le 12 pluviôse an II, fit décréter, le 13, des peines contre les capitaines qui rendent leurs vaisseaux, et des récompenses pour ceux qui s'emparent de vaisseaux ennemis d'une force supérieure, et n'accepta, comme on l'en pressait, de retourner à Brest qu'à la condition de remplacer les juges révolutionnaires qu'on y avait envoyés de Rochefort par un tribunal plus modéré; le comité de salut public accepta le renvoi des juges de Rochefort, mais les remplaça par des juges du tribunal révolutionnaire de Paris. Jeanbon reprit en main, à Brest, la réorganisation de nos flottes, visita les chantiers, surveilla les manœuvres, et s'embarqua même avec Villaret-Joyeuse (24 floréal) pour protéger l'arrivée d'un grand convoi de vivres d'Amérique. Il fut envoyé dans le même but à Toulon et à Marseille.

Lorsqu'il revint à la Convention, il insista (10 germinal an III) pour que l'on s'occupât des lois organiques de la Constitution ; réclama, le 12, l'organisation du gouvernement républicain ; émit le vœu, le 13, de créer à Toulon une école d'hydrographie ; fit une motion (2 floréal) en faveur des petites-nièces de Fénelon ; demanda (21 floréal) qu'on examinât la question de la suppression du tribunal révolutionnaire ; et, après l'insurrection du 1er prairial, fut dénoncé le 9, par Hardy (de la Seine-Inférieure), comme complice des envahisseurs, et décrété d'arrestation. Il bénéficia de l'amnistie générale du 4 brumaire an IV.

Le Directoire le nomma conseiller général à Alger, puis à Smyrne ; là il fut retenu prisonnier par les Turcs à Kirassoum, pendant trois ans. Il ne refusa pas ses services au gouvernement consulaire, qui le nomma commissaire général chargé de l'organisation des quatre départements du Rhin, et préfet du Mont-Tonnerre (11 fructidor an X) ; il dut, a-t-on dit, ces dernières fonctions au jeu de mots que le premier consul se serait plu à faire sur son nom et sur Mayence, chef-lieu de ce département.

Membre de la Légion d'honneur (25 prairial an XII), créé baron de l'Empire (9 juin 1809), Jeanbon resta préfet de Mayence jusqu'à sa mort.

Il périt du typhus rapporté par les malades et les blessés de l'armée française, contrainte de repasser le Rhin à la hâte devant l'invasion (1813).

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