Etienne, Louis, François, Honoré Letourneur

1751 - 1817

Informations générales
  • Né le 15 mars 1751 à Granville (Manche - France)
  • Décédé le 4 octobre 1817 à Laeken (Belgique)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 5 janvier 1795 au 20 janvier 1795

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 8 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Manche
Groupe
Majorité réformatrice
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Manche
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, député au Conseil des Anciens, membre du Directoire, né à Granville (Manche) le 15 mars 1751, mort à Laeken (Belgique) le 4 octobre 1817, était capitaine du génie en 1789.

Il adhéra aux principes de la Révolution, et se fit élire, le 8 septembre 1791, député de la Manche à l'Assemblée législative, !e 8e sur 13, par 400 voix (527 votants). Il vota avec la majorité, prit une part très active aux délibérations militaires, fit ordonner une revue générale des officiers de marine, rendre un décret sur les travaux de Cherbourg, et voter la fondation et l'organisation d'un camp sous Paris.

Réélu, le 5 septembre 1792, députe de la Manche à la Convention, il devint un des principaux membres du comité de la guerre, donna son avis sur plusieurs questions d'organisation et d'armement, obtint la création de plusieurs régiments de chasseurs à cheval et d'une légion américaine, la conservation du traitement aux officiers prisonniers de guerre, le paiement de-fonds destinés aux corps des éclaireurs républicains, etc. Dans le procès du roi, il opina ainsi :
« Lorsque la Convention a mis en question si le ci-devant roi serait jugé par elle, j'ai voté contre ; mais la majorité a prononcé. J'avais pensé ensuite que l'appel au souverain pouvait seul réparer cette faute. La majorité a rejeté cet appel ; je me soumets à sa décision, je suis donc obligé de juger sommairement : comme juge, je consulte la loi, toutes les considérations s'évanouissent devant elle. Je vote pour la mort. »

Il seconda souvent Carnot dans ses opérations et remplit plusieurs missions, notamment à l'armée des Pyrénées, qu'il réorganisa et à laquelle il fit reprendre l'offensive ; il exposa, en juillet 1793, un plan qui n'indique pas des talents militaires exceptionnels et qui consistait « à réunir à Saint-Gaudens une armée pour percer la chaîne par son centre et faire replier l'invasion aux deux extrémités ».

A son retour, il proposa et fit voter plusieurs décrets relatifs à la garde nationale de Paris, présenta un long rapport sur l'organisation du génie, fut élu président de la Convention, puis fut envoyé à l'armée navale de la Méditerranée, d'où il écrivit pour rendre compte du combat de l'Alceste contre le Berwick. Ennemi de Robespierre et des Jacobins, il s'associa aux mesures de réaction qui suivirent le 9 thermidor, fut chargé de diverses opérations contre les « terroristes », et délégué près le camp sous Paris et à la direction de la force armée de la capitale. Il dénonça Escudier, Lanot et autres, combattit, d'autre part, les royalistes au 13 vendémiaire, et fit décréter alors que quiconque sortirait de sa commune avec un passeport des sections serait considéré comme un de leurs agents et puni de mort.

En mission à Toulon en l'an III, il demanda par lettre en date du 29 germinal, qu'on « débaptisât tous les navires dont les noms l'appelaient les jours désastreux du terrorisme. » Le 21 vendémiaire an IV, il fut élu député de la Manche au Conseil des Anciens, par 275 voix sur 461 votants. Le même jour, il était également élu par huit autres départements.

Nommé, à la même époque, membre, puis président du Directoire exécutif, il fit peu parler de lui dans cette haute fonction. « Dans tous les temps, écrivait de lui la Révellière à cette occasion, on rencontre de sols parvenus, sans qu'on puisse dire comment ils sont arrivés. » Letourneur prononça un discours à l'ouverture de l'Institut national, et quitta le pouvoir au bout de quelques mois (prairial au V). On a dit que, séduit par les dédommagements que ses collègues lui offraient, il voulut bien consentir à ce que le sort, qui devait faire rentrer l'un d'eux dans la vie privée, portât sur lui. Il fut en effet promu, le 21 prairial au V, maréchal de camp et inspecteur général de l'artillerie ; peu après, le gouvernement l'envoya. comme ministre plénipotentiaire, pour négocier la paix avec l'Angleterre.

Au 18 fructidor, ses relations avec Carnot le firent rappeler et mettre, comme militaire, en non-activité. Après le 18 brumaire, Bonaparte lui confia, le 11 ventôse an VIlI, les fonctions de préfet de la Loire-inférieure. Letourneur occupa ce poste jusqu'à l'établissement de l'Empire. Il fut nommé plus tard maître des comptes, perdit cette place à la première Restauration, qui lui alloua une pension de 8 000 francs à titre de dédommagement, la reprit pendant les Cent-Jours, et, destitué de nouveau en 1815

Il fut de plus banni comme régicide par la loi du 12 janvier 1816.

Il se réfugia en Belgique et mourut l'année suivante à Laeken, près Bruxelles.


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