Pierre, Jean Audouin

1764 - 1808

Informations générales
  • Né le 24 décembre 1764 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 11 mai 1808 à Bayonne (Pyrénées-Atlantiques - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 11 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Seine-et-Oise
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention et député aux Cinq Cents, né à Paris le 24 décembre 1764, de Pierre Audouin et Marie Lemotheux, mort à Bayonne (Basses-Pyrénées) le 11 mai 1808, surnommé le Sapeur, parce qu'il fut sapeur du bataillon de la section des Carmes au début de la Révolution, il était d'origine plus que modeste, et embrassa vite les idées les plus avancées d'alors; il fonda deux journaux, le Journal universel, en 1790, puis le Journal des hommes libres, où il se montra, par sa violence, le digne précurseur de Marat et d'Hébert.

Le département de Seine-et-Oise l'élut à la Convention nationale, le 11 septembre 1792, par 237 voix sur 670 votants. Dans le procès de Louis XVI, au 3e appel nominal, il dit : « Les hommes d'état qui viennent de se multiplier ne m'ont pas fait changer d'opinions. Je persiste à croire que je mériterais moi-même la mort, si je ne la demandais pour le tyran. Je vote pour la mort. » Il demanda en outre l'exécution dans les 24 heures.

En mai 1793, les représentants Bourbotte et Julien, en mission dans la Vendée, ayant pris un arrêté pour défendre certains journaux et en recommander d'autres, le Journal universel se trouva inscrit le premier sur la liste des recommandés. Audouin écrivit immédiatement au rédacteur en chef du Moniteur:


« Paris, le 24 Mai, l'an II de la république, 9 h. du matin.
Au Rédacteur.
Citoyen rédacteur, je viens de lire dans le n° 144 du Moniteur un arrêté des représentants de la nation dans les départements et près l'armée de la Vendée. Cet arrêté, signé Bourbotte et Julien, a de quoi me surprendre; et en effet, comment arrive-t-il que moi qui n'ai appartenu qu'aux principes; je sois rangé le premier sur la liste des écrivains que l'on recommande? Je crois bien que, parmi les journaux proscrits par ces deux députés, il en est qui désavouent dans leur coeur de vrais républicains; mais quel triomphe laisserez-vous à la raison, à la vérité, au patriotisme, en leur ôtant la facilité de combattre la folie, le mensonge et l'aristocratie? Quant à moi, je déclare que c'est me rendre le plus mauvais service (tout en violant les principes), que de m'inscrire dans le petit nombre des élus. Eh! de quel droit s'il vous plaît, mes collègues, m'accorderiez-vous l'honneur de votre protection? Si vous aviez le pouvoir de me placer parmi vos amis, vous auriez donc celui de me ranger parmi ceux que vous n'aimez pas? D'autres intercaleraient peut-être ici cette phrase de Jean-Jacques : « Il ne faut pas que les chefs d'une grande nation, épars pour la gouverner, puissent trancher du souverain chacun dans leur département, et commencer par se rendre indépendants pour devenir enfin les maîtres. » Mais moi, je n'en tire aucune conclusion, car vous n'êtes point chefs, car vous ne gouvernez pas, car vous n'êtes point indépendants, de moi tout le premier qui use de mon droit de réclamer contre votre protection. Mon journal a toujours été à moi, à moi seul; il n'appartiendra jamais à qui que ce soit, et seront toujours mal venus ceux qui auront l'air de me mettre dans un autre parti que celui de la liberté, de l'égalité du peuple souverain.

Signé P. J. AUDOUIN, député de Seine-et-Oise à la Convention nationale, et, depuis quatre ans, auteur du « Journal universel », sur lequel n'ont pas plus de droit ceux qui se disent patriotes que ceux qui passent pour aristocrates.

Le 23 vendémiaires an IV, il entra, comme conventionnel, au Conseil des Cinq-Cents, prononça un discours, le 27 messidor an V, sur la liberté des cultes, et surprit les Jacobins, ses amis, en demandant qu'on n'exigeât aucune déclaration des ministres des cultes; le 19 fructidor, il fit l'éloge des événements de la veille, célébra le triomphe du Directoire sur les royalistes, et proposa, quelques jours après, que ce jour fût reconnu comme fête nationale.

Nommé vice-consul à Messine, le 26 prairial an VI, il abandonna la politique après le 18 Brumaire. A sa mort, en 1808, il était contrôleur principal des droits réunis à Bayonne.

Date de mise à jour: août 2019


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