Claude, Antoine Prieur-Duvernois dit Prieur de la Côte-d'Or

1763 - 1832

Informations générales
  • Né le 22 décembre 1763 à Auxonne (Côte-d'Or - France)
  • Décédé le 11 août 1832 à Dijon (Côte-d'Or - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 20 mai 1794 au 4 juin 1794

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 1er septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Côte-d'Or
Groupe
Majorité réformatrice
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Côte-d'Or
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 15 octobre 1795 au 10 avril 1798
Département
Côte-d'Or
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, né à Auxonne (Côte-d'Or) le 2 décembre 1763, mort à Dijon (Côte-d'Or) le 11 août 1832, fils d'un receveur des finances d'Auxonne, il se prépara à la carrière militaire en passant par l'Ecole de Mézières, d'où il sortit officier du génie.

Elu, le 1er septembre 1791, député de la Côte-d'Or à l'Assemblée législative, le 2e sur 10, par 343 voix (406 votants), il vota avec la majorité réformatrice, fit l'éloge de la conduite des gardes nationales dans les troubles de Reims, proposa un mode de concours pour l'admission dans l'artillerie, et rédigea un rapport sur les aspirants au corps du génie. Après le 10 août 1792, il fut envoyé à l'armée du Rhin pour y annoncer la déchéance du roi.

Elu membre de la Convention, le 5 septembre 1792, par le même département, le 3e sur 10, par 414 voix (507 votants), il répondit dans le procès du roi : « Je condamne Louis à la mort. » La même année (1793) il se rendit en mission à Caen, avec le représentant Romme, pour paralyser les efforts du parti girondin. Arrêtés et détenus comme otages, les deux représentants ne furent délivrés qu'au bout de cinquante et un jours, à la suite de la défaite des fédéralistes à Vernon. De retour à Paris, Prieur de la Côte-d'Or entra (août) au comité de salut public. Il prit une grande part à ses travaux et s'occupa activement, avec Carnot, des mesures tendant à l'organisation de la défense. Chargé de la fabrication des poudres, il fit appeler tous les citoyens à la récolte du salpêtre, fut élu président de la Convention le 2 prairial an II, et, après le 9 thermidor, se montra fidèle au système montagnard ; il fit décréter l'usage du système décimal, défendit les anciens comités, et se vit en butte, comme son homonyme Prieur de la Marne, aux dénonciations des thermidoriens ; mais la Convention passa à l'ordre du jour (9 prairial an III).

Il fut l'un des fondateurs de l'Ecole polytechnique et, dans le rapport qu'il présenta à ce sujet (18 juin 1795), il dit : « Trop longtemps l'ignorance a habité les campagnes et les ateliers ; trop longtemps le fanatisme et la tyrannie se sont emparés de concert des premières pensées des jeunes citoyens pour les asservir ou en arrêter les développements. Ce n'est pas à des esclaves ou à des mercenaires à élever des hommes libres ; c'est la patrie elle-même qui vient aujourd'hui remplir cette fonction importante. La République laisse aux parents la direction de vos premières années ; mais aussitôt que votre intelligence se forme, elle fait hautement valoir les droits qu'elle a sur vous... C'est sous les ailes de la représentation nationale que vous serez instruits, et c'est à côté de la cité du peuple français, de celle qui a été le siège de la révolution, et qui est le foyer du patriotisme et la patrie des arts, que vous viendrez recevoir une instruction nécessaire à tout républicain. »

Réélu député de la Côte-d'Or au Conseil des Cinq-Cents, le 23 vendémiaire an IV, par 172 voix (335 votants), il obtenait également la majorité, dans la Loire-Inférieure et dans le Puy-de-Dôme. Il parla dans cette assemblée sur les poudres et salpêtres, sur la marque d'or et d'argent, présenta un projet sur l'impôt du tabac, et sortit du Conseil en l'an VI.

Colonel du génie à l'époque du coup d'Etat du 18 brumaire, Prieur de la Côte-d'Or demanda sa retraite, et vécut désormais en-dehors des fonctions publiques. Le 27 novembre 1808, il fut créé comte de l'Empire.

Outre un grand nombre de mémoires, instructions et rapports insérés dans le Journal de l'Ecole polytechnique et dans les Annales de chimie, on a de lui :
- L'art du militaire, ou traité complet de l'exercice de l'infanterie, cavalerie, du canon, de la bombe et des piques (1793) ;
- Rapport sur le salpêtre (1793) ;
- Rapport sur les moyens d'introduire dans toute la République les nouveaux poids et mesures décrétés (an III) ;
- Mémoire sur l'Ecole centrale des travaux publics (an III), etc.