Joseph, Jérôme Siméon

1749 - 1842

Informations générales
  • Né le 30 septembre 1749 à Aix-en-provence (Bouches-du-Rhône - France)
  • Décédé le 19 janvier 1842 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Présidence(s)

Présidence de l'Assemblée nationale
du 18 août 1797 au 21 septembre 1797

Mandat(s)

Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 16 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Modérés
Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 15 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Bouches-du-Rhône
Groupe
Modéré
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
Ire législature
Mandat
Du 22 août 1815 au 5 septembre 1816
Département
Var
Groupe
Modérés
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 octobre 1816 au 31 juillet 1821
Département
Var
Groupe
Modérés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député au Conseil des Cinq-Cents, membre du Tribunat, ministre, représentant aux Cent-Jours, député de 1815 à 1821, pair de France, né à Aix (Bouches-du-Rhône) le 30 septembre 1749, mort à Paris le 19 janvier 1842, « fils de M. maître Joseph-Sextius Siméon, avocat au parlement, et processeur en survivance dans la faculté de droit de l'université d'Aix, et de dame Marie-Bressier », il fit ses études au collège du Plessis, à Paris, et fut reçu avocat à Aix, à vingt ans. Il plaida sans éclat, mais avec une force et une clarté particulières, de nombreux procès, fut nommé professeur de droit à l'université d'Aix en 1778, et assesseur de Provence en 1783.

Peu favorable aux idées nouvelles, il dut renoncer à sa chaire pour ne pas prêter serment à la constitution civile du clergé, prit part au mouvement fédéraliste du Midi avec la charge de procureur syndic des Bouches-du-Rhône, et, mis hors la loi (août 1793), se réfugia en Italie. Il ne rentra en France qu'après prairial an III, et accepta aussitôt, des représentants en mission, les fonctions de procureur-syndic du département ; il y montra un esprit ferme et conciliant.

Elu, le 24 vendémiaire an IV, député des Bouches-du-Rhône au Conseil des Cinq-Cents par 168 voix sur 280 votants, il siégea parmi les modérés, dénonça les actes arbitraires de Fréron dans le Midi, s'opposa au serment de haine à la royauté, demanda la dissolution des clubs et la répression des journaux, et, rapporteur du message des Directeurs en faveur de Lesurques, conclut à l'ordre du jour qui fut voté.

Président du Conseil au moment du coup d'Etat de fructidor, il protesta énergiquement contre ce coup de force, fut condamné à la déportation, échappa aux recherches, mais obéit au décret de janvier 1799 qui enjoignait à ceux qui s'étaient soustraits à la déportation de se rendre à l'île d'Oléron, sous peine d'être considérés comme émigrés.

Le coup d'Etat de brumaire le remit en liberté. Il refusa la préfecture de la Marne que lui offrait le premier Consul (11 ventôse an VIII), accepta les fonctions de substitut du commissaire du pouvoir exécutif près le tribunal de cassation (19 germinal), et entra au Tribunat (8 floréal). Il prit une part importante à la rédaction du code civil qu'il fut chargé de présenter au Corps législatif, fit, sur le Concordat, un rapport remarquable, vota le consulat à vie (11 mai 1802), et l'établissement de l'empire (mai 1804) :
« Le peuple, dit-il, propriétaire et dispensateur de la souveraineté, peut changer son gouvernement. Le retour d'une dynastie détrônée, abattue par le malheur moins encore que par ses fautes, ne saurait convenir à une nation qui s'estime. Si la Révolution nous a fatigués, n'aurions-nous pas d'autres moyens, lorsqu'elle est arrivée à son terme, que de nous replacer sous ce joug brisé depuis douze années ? Qu'on ne se trompe pas en regardant comme une révolution ce qui n'est que la conséquence de la révolution : nous la terminerons. Rien ne sera changé dans la nation, nous passerons d'un gouvernement au même gouvernement. »

Nommé conseiller d'Etat le mois suivant, membre de la Légion d'honneur (4 frimaire an XII), commandeur (25 prairial suivant), Siméon fut chargé par l'empereur (1807) de l'organisation du nouveau royaume de Westphalie, avec les fonctions de ministre de l'Intérieur, de la justice et de président du Conseil d'Etat. Chevalier de l'Empire (10 septembre 1808), il fut envoyé à Berlin comme ministre plénipotentiaire du roi de Westphalie, remplit les mêmes fonctions près de la Confédération du Rhin, et obtint en 1813 sa retraite motivée sur son grand âge.

Mais, après l'abdication, il adhéra au retour des Bourbons, et fut nommé par le roi préfet du Nord (mai 1814), et grand-officier de la Légion d'honneur (octobre).

Les Cent-Jours le ramenèrent à Napoléon, et il fut élu, le 15 mai 1815, représentant du grand collège des Bouches-du-Rhône par 7 voix sur 13 votants. Son attitude assez réservée dans cette assemblée lui permit de se rallier avec empressement à la seconde Restauration, et de se faire élire, le 22 août 1815, député du grand collège du Var, par 61 voix sur 114 votants et 230 inscrits ; il siégea dans la minorité ministérielle de la Chambre introuvable.

Le roi l'avait nommé, dès le 24 août, conseiller d'Etat ; en cette qualité, il défendit devant la Chambre des pairs la politique de Decazes. En janvier 1816, il vota pour la loi d'amnistie, mais pas pour les amendements proposés par la commission.

Réélu député, le 4 octobre 1816, par 64 voix (126 votants, 232 inscrits), il défendit, comme commissaire du roi, le projet de loi sur la liberté de la presse (13 décembre 1817), le projet de loi sur le recrutement (1818), refusa, dit-on, le portefeuille de la Justice qui fut donné à M. de Serre, accepta le titre de comte (3 juillet 1818), fut nommé inspecteur des écoles de droit (7 mai 1819), puis sous-secrétaire d'Etat à la justice, et ministre de l'Intérieur dans le cabinet Richelieu, du 21 février 1820 au 14 décembre 1821. En cette qualité, il dut présenter et défendre les lois contre la presse et contre la liberté individuelle, et la loi du double vote.

Démissionnaire avec le cabinet en décembre 1821, il avait été fait grand-croix de la Légion d'honneur en mai et nommé pair de France le 25 octobre ; il reçut en outre le titre de ministre d'Etat et de membre du conseil privé. Il défendit à la Chambre haute les libertés constitutionnelles, prêta serment au gouvernement de Juillet, entra à l'Académie des sciences morales et politiques (29 décembre 1832), remplaça M. Barthe à la présidence de la Cour des comptes (27 mai 1837), et se démit de ses fonctions le 31 mars 1839 : il avait alors 90 ans.

Il mourut trois ans plus tard, et conserva jusqu'au dernier jour « les agréments d'un esprit vif et orné, a dit M. Mignet, les ressources d'une expérience instructive et indulgente. »

On a de lui :
- Eloge de Henri IV (1769) ;
- Choix de discours et opinions (1824), etc.

Date de mise à jour: mars 2015


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