Louis, Alexandre Jard-Panvillier

1757 - 1822

Informations générales
  • Né le 7 novembre 1757 à Aigonnay (Deux-Sèvres - France)
  • Décédé le 12 avril 1822 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 3 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Majorité réformatrice
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Modérés
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 13 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Droite
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
Ire législature
Mandat
Du 22 août 1815 au 5 septembre 1816
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Centre
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 octobre 1816 au 26 mars 1817
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Centre
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 20 septembre 1817 au 12 avril 1822
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Centre

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, membre du Tribunat, député de 1815 à 1822, né à Aigonnay (Deux-Sèvres) le 7 novembre 1757, mort à Paris le 12 avril 1822, fils d'un médecin de Niort, il se fit recevoir aussi docteur en médecine, et s'établit à Niort.

Les services qu'il fut appelé à rendre le firent nommer (janvier 1790) premier maire constitutionnel de la ville, et, en juillet suivant, procureur général syndic des Deux-Sèvres. Le 3 septembre 1791, il fut élu député de ce département à l'Assemblée législative, le 1er sur 7, par 175 voix sur 328 votants; ses débuts parlementaires furent modestes, il défendit un de ses collègues, Robouam, et, le 5 septembre 1792, devint membre de la Convention pour les Deux-Sèvres, élu, le 2e sur 7, par 221 voix sur 373 votants.

Il siégea dans la Plaine, et, dans le procès de Louis XVI, répondit au 3e appel nominal: « Quoiqu'il soit contraire à mes principes de prononcer la peine de mort, je n'hésiterais pas à la voter si la tête du dernier conspirateur pouvait tomber avec celle de Louis. Je vote pour la détention jusqu'à la paix et le bannissement à cette époque. » Il se prononça ensuite pour le sursis. Ce fut lui qui entraîna son collègue Duchâtel (Voy. ce nom), alors malade, à venir voter pour le roi, et qui le soutint pour monter à la tribune. Le 31 janvier 1793, il fit rendre un décret sur les pensions militaires, obtint (3 mars) l'admission aux Invalides d'un certain nombre d'officiers et de soldats; fut envoyé (10 mai) en mission dans les départements insurgés de l'Ouest et à l'armée des côtes de la Rochelle, d'où Marat le fit revenir, le 13 juin, en l'accusant de modérantisme et en rappelant son intervention dans l'incident Duchâtel. En raison de ses idées modérées, Jard-Panvillier approuva le 9 thermidor, poursuivit les terroristes, et dénonça, le premier, Carrier. Le 1er nivôse an III, il s'opposa à la vente des jardins des presbytères; réclama (15 pluviôse) des secours pour la veuve de Philippeaux (Voy. ce nom) ; fut chargé (18 germinal) d'organiser l'instruction publique dans quatorze nouveaux départements du Nord et de l'Est; fit décréter (25 germinal) des secours pour les religieuses anglaises (de Paris) dont les biens avaient été confisqués; reçut (19 thermidor) une nouvelle mission près des armées des côtes de Cherbourg et de la Rochelle, et fut élu, le 21 vendémiaire an IV, député des Deux-Sèvres au Conseil des Cinq-Cents, par 163 voix sur 177 votants; le même jour, quatre autres départements lui confièrent le même mandat législatif; il opta pour les Deux-Sèvres.

Au Conseil, il attaqua la loi du 3 brumaire an IV, qui excluait des fonctions publiques les parents d'émigrés, et proposa (14 brumaire an V) l'aliénation de tous les presbytères. Le département des Deux-Sèvres le maintint au Conseil des Cinq-Cents, au renouvellement du 23 germinal an V; Jard-Panvillier reproduisit (11 thermidor) le projet relatif aux presbytères, tendant à maintenir les ventes faites, et à surseoir aux autres, jusqu'à ce qu'il eût été statué sur l'organisation des écoles primaires; le 18 thermidor, il fit voter un projet de résolution relatif à la liquidation des pensions des ci-devant gagistes de la liste civile; le 29, il fit adopter des projets relatifs à la révision des lois sur la liquidation des dettes des émigrés; il parla aussi sur le rétablissement du culte, fut élu secrétaire du Conseil le 1er fructidor, s'opposa (18 nivôse an VI) à la suspension du député Hermann (Voy. ce nom), et combattit (6 thermidor an VII) la loi des otages.

Partisan du coup d'Etat de brumaire, il fut nommé, à la création du Tribunat, membre de cette assemblée (4 nivôse an VIII), dont il fut successivement secrétaire, questeur et président ; rapporteur favorable de la proposition Curée sur l'établissement de l'empire, il fut chargé de porter au Sénat la motion du Tribunat. Le 11 ventôse an VIII, il avait été nommé préfet de la Vendée, puis membre de la Légion d'honneur (4 frimaire an XII), et commandeur de l'ordre (15 prairial suivant). Cette même année, le collège électoral des Deux-Sèvres le présenta comme candidat au Sénat conservateur, et renouvela cette présentation le 2 octobre 1806; mais Jard-Panvillier resta au Tribunat, et, lors de la suppression de ce corps, fut appelé (18 septembre 1807) aux fonctions de président de chambre à la cour des Comptes. Chevalier de l'Empire (2 juillet 1808), baron (28 avril 1813), il vota, en 1814, la déchéance de l'empereur, se rallia à Napoléon au retour de l'île d'Elbe, et revint aux Bourbons après Waterloo.

Le 22 août 1815, le collège de département des Deux-Sèvres l'élut député par 91 voix sur 173 votants et 224 inscrits, et lui renouvela successivement ce mandat, le 4 octobre 1816, par 97 voix sur 171 votants et 228 inscrits, contre 37 voix à M. Morisset, et 31 à M. Chauvin de Bois-Savary; et le 20 septembre 1817, par 453 voix sur 617 votants et 952 inscrits, contre 109 à M. Chebrou de la Roulière et 102 à M. d'Abbadie; son rôle fut peu actif dans ces dernières législatures; il siégea au centre et vota avec les défenseurs de la monarchie libérale. La ville de Niort a donné son nom à l'une de ses rues.