Claude, Dominique, Cosme Fabre

1762 - 1793

Informations générales
  • Né le 10 août 1762 à Montpellier (Hérault - France)
  • Décédé le 20 décembre 1793 à Collioure (Pyrénées-Orientales - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 7 septembre 1792 au 20 décembre 1793
Département
Hérault
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Montpellier (Hérault) le 11 août 1762, mort à Collioure (Pyrénées-Orientales) le 20 décembre 1793, fils de Claude Fabre et de Françoise Monstetou, avocat à Montpellier avant la Révolution, il était président de l'administration du district de cette ville, quand il fut élu, le 7 septembre 1792, membre de la Convention, par le département, de l'Hérault, le 8e sur 9, avec 240 voix sur 472 votants.

Il se rangea dans le parti avancé, mais s'occupa principalement des questions d'approvisionnement et de subsistances. Il fit décréter l'approvisionnement des départements du Gard et de l'Hérault (18 octobre 1792) ; fit voter l'envoi de commissaires dans les départements de Seine-et-Oise, de l'Aisne et de la Somme, pour assurer la libre circulation des subsistances (30 octobre 1792) ; présenta un rapport, suivi d'un projet de loi, sur l'organisation des subsistances de la République (3 novembre).

Au 3e appel nominal, lors du jugement de Louis XVI, il répondit : « D'après le Code pénal, je vote la mort. »

Envoyé en mission à l'armée des Pyrénées-Orientales, il se heurta à des difficultés provenant de la mauvaise organisation et des mésintelligences dans le commandement. Quand le ci-devant régiment de Vermandois se rendit au cri de « Vive le roi ! », dans une action où 500 hommes périrent, le sang-froid de Fabre assura la retraite, ainsi qu'en témoigne une lettre adressée par les représentants en mission, ses collègues, à la Convention nationale, en date du 4 octobre 1793 ; il contribua puissamment au succès qui se traduisit par l'envoi à la Convention de six étendards et d'un drapeau, enlevés à l'ennemi, et par la prise de quarante bouches à feu.

Un jour de combat, il ne revint pas au camp. Le représentant du peuple Boisset, écrivant de Montpellier à la Convention (2 nivôse an II), et annonçant la chute de Port-Vendres, de Banyuls et de Collioure, insinuait qu'il y avait peut-être de « grands coupables » et ajoutait : « Fabre a disparu. » Ce même jour, 2 nivôse, le Comité de salut public décida de ne pas laisser trop longtemps les représentants en une même mission, de les faire voyager, surtout « de tirer le représentant du peuple de son propre pays » ; la Convention rendit un décret envoyant Fabre et Gaston à l'armée des Alpes. Les précautions du Comité de Salut public n'étaient pas plus motivées dans la circonstance que les soupçons de Boisset n'étaient justifiés. Fabre était tombé en combattant, accablé par le nombre et mortellement frappé. On retrouva son corps prés d'une batterie qu'il avait défendue jusqu'à la dernière extrémité.

Fabre (de l'Hérault) fut le premier représentant du peuple qui mourut au champ d'honneur. Robespierre proposa et fit voter dans la séance du 22 nivôse le décret suivant :

« La Convention nationale décerne les honneurs du Panthéon à Fabre, représentant fidèle à la cause du peuple, et mort en combattant pour la patrie. Le rapport du Comité de Salut public et le présent décret seront envoyés à toutes les armées et particulièrement a l'armée des Pyrénées-Orientales. »

Le 18 germinal an II, la Convention décréta le renvoi au comité de l'instruction publique des propositions faites sur l'exécution des honneurs à rendre aux représentants Fabre, Gasparin, Baille et Beauvais, pour en faire le rapport dans les huit jours. Le 1er nivôse an V, le Conseil des Anciens approuva la résolution assignant une pension à la veuve du représentant Fabre, mort en combattant les Espagnols.