Edouard, Jean-Baptiste Milhaud

1766 - 1833

Informations générales
  • Né le 10 juillet 1766 à Arpajon-sur-cère (Cantal - France)
  • Décédé le 8 janvier 1833 à Aurillac (Cantal - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 3 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Cantal
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Arpajon (Cantal) le 18 novembre 1768, mort à Aurillac Cantal) le 8 janvier 1833, il fut reçu, en 1788, élève au corps du génie de la marine, et passa, l'année suivante, sous-lieutenant au régiment des colonies.

Il fut nommé, en 1791, commandant de la garde nationale d'Arpajon, et, le 8 septembre 1792, fut élu député du Cantal à la Convention, le 2° sur 8, par 232 voix (354 inscrits).

Dans le procès du roi, il se prononça en ces termes contre l'appel au peuple et pour la mort au 2e appel nominal :

« On aurait du écarter de nous toute idée de soumettre à la sanction du peuple le jugement du ci-devant roi. La souveraineté de la nature est au-dessus de la souveraineté du peuple ; les peuples n'ont pas le droit de faire grâce aux tyrans ; et quand même l'impunité de la tyrannie serait autorisée par une déclaration nationale, la nature conserverait à chaque citoyen le droit de Brutus. La voix pusillanime des tribunes ne serait pas entendue; oser soutenir qu'une faction quelconque peut s'élever sur les débris du trône, c'est insulter il la souveraineté et à la majesté nationale, qui veut la république ou la mort ; oser recourir à la souveraineté du peuple pour le jugement d'un roi, c'est abuser de la souveraineté du peuple ; je suis donc d'avis d'écarter l'appel, et je dis non. »

Au 3e appel nominal :

« Je n'ose croire que de la vie un de la mort d'un homme dépende le salut d'au Etat. Les considérations politiques disparaissent devant un peuple qui veut la liberté ou la mort. Si on nous fait la guerre, ce ne sera pas pour venger Louis, mais pour venger la royauté. Je la dis à regret, Louis ne peut expier ses forfaits que sur l'échafaud. Sans doute des législateurs philanthropes ne souillent point le code d'une nation par l'établissement de la peine de mort ; mais pour un tyran, si elle n'existait pas, il faudrait l'inventer. Je déclare que quiconque ne pense pas comme Caton n'est pas digne d'être républicain. Je condamne Louis à la mort ; je demande qu'il la subisse dans les vingt-quatre heures. »

Envoyé aux armées des Ardennes et du Rhin, il fit exécuter les mesures ordonnées par les comités ; à son retour, il fut successivement employé dans les comités des secours, de sûreté générale, des finances et militaire. Membre du club des Jacobins, il y fit, le 19 décembre 1793, la motion d'expulser du sol de la patrie tous les contre-révolutionnaires. Il eut il sévir contre les administrateurs de la Meurthe, et prit également contre les « aristocrates » des Pyrénées-Orientales des décisions rigoureuses. il transmit à la Convention les détails de la prise du fort Saint-Elme, de Port-Vendres et de Collioure. En mission dans l'Aude (en février 1791, il réquisitionna un jour les habitants pour décharger des fourrages militaires. N'ayant trouvé au travail « aucun muscadin ni aucune muscadine.» il imposa les riches de cent mille livres à payer de suite, sous peine de prison. De retour à Paris, il faillit être arrêté, sur la proposition de Girard de l'Aude, dans la journée du 12 germinal an III ; mais l'Assemblée passa à l'ordre du jour. Cependant la majorité thermidorienne le poursuivit fréquemment de ses accusations : on lui reprochait notamment d'avoir écrit aux Jacobins qu'il rivalisait d'énergie avec Saint-Just et Lebax dans les départements du Rhin.

Après la session, Milhaud reprit du service. Successivement capitaine au 14e régiment de chasseurs à cheval et chef d'escadron au 20e, il passa à l'armée d'Italie commandée par Bonaparte, et fut nommé, la 5 pluviôse au IV, chef de brigade au 5e dragons. Il se distingua dans plusieurs affaires, notamment à la Brenta, où il coupa la retraite à 3 000 Autrichiens, les força à déposer les armes, et s'empara de 8 pièces de canon, de 15 caissons et de drapeaux. À Bassano, il culbuta un bataillon hongrois ; à Saint-Michel, à Saint-Martin, prés de Vérone, il se comporta vaillamment. On l'employa ensuite à l'armée de réserve sous les ordres des généraux en chef Hédouville et Brune.

Favorable au coup d'Etat de brumaire an VIII, Milhaud fut nommé général de brigade le 15 nivôse suivant, et reçut une mission diplomatique dans le royaume de Naples et la Toscane. Peu après, il obtint le commandement de la ville de Mantoue, et, en 1803, celui de Gênes, qu'il quitta en 1805 pour passer à la grande armée. Il donna de nouvelles preuves de ses talents militaires dans la campagne de Prusse, et fut promu, le 30 décembre 1806, général de division. En 1808, étant en Espagne, il obtint la. croix de grand-officier de la Légion d'honneur (il était commandeur de l'ordre depuis le 25 prairial an XII), et le titre de comte de l'Empire. Appelé en 1813 à l'armée d'Allemagne, il se signala pendant la retraite à la tête de la cavalerie du 14e corps, passa au 5e corps pendant la campagne de France, et se battit bravement à Saint-Dizier, à Brienne et à Nangis.

Ayant donné son adhésion à la première Restauration, il fut nommé inspecteur général de cavalerie (1814) dans la 14e division militaire, et chevalier de Saint-Louis.

Il revint à Napoléon pendant les Cent-Jours, et assista à la bataille de Ligny, à la tête des grenadiers à cheval de la garde c'est dans la belle charge qu'il exécuta que la général Blücher fut renversé de cheval et ne dut sa liberté qu'au hasard.

Après le désastre de Waterloo, il se retira avec l'armée derrière la Loire, et fut un des premiers à adresser sa soumission à Louis XVIII.

Compris dans la loi d'exil au 12 janvier 1816, il obtint du roi un sursis indéfini, confirmé par l'ordonnance royale du 28 décembre 1818, qui lui laissa ses pensions et son grade dans la Légion d'honneur ; à la même date, il cessa d'être sous la surveillance de la police.

Marié, en 1322, à une riche marchande de nouveautés du Palais-Royal, il ne s'occupa plus de politique, et mourut dans sa propriété d'Arpajon, près d'Aurillac, à 66 ans.