Jacques, Claude Beugnot

1761 - 1835

Informations générales
  • Né le 25 juillet 1761 à Bar-sur-Aube (Aube - France)
  • Décédé le 24 juin 1835 à Bagneux (Hauts-de-Seine - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 8 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Aube
Groupe
Constitutionnels
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 octobre 1816 au 17 juillet 1819
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Minorité libérale
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 11 septembre 1819 au 9 mai 1823
Département
Seine-Inférieure
Groupe
Minorité libérale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative de 1791, puis de 1816 à 1823, et pair de France, né à Bar-sur-Aube (Aube), le 25 juillet 1761 « du légitime mariage de Me Edme Beugnot notaire royal et contrôleur des domaines de cette ville et de De Elisabeth Jeanson », mort à Bagneux (Seine), le 24 juin 1835, il était, avant la Révolution, lieutenant-général du présidial de Bar-sur-Aube.

Nommé, en 1790, procureur-général syndic de son département, il fut élu député de l'Aube à l'Assemblée législative, le 8 septembre 1791, par 223 voix sur 350 votants, et siégea parmi les constitutionnels. En arrivant à Paris, il fréquenta Danton, mais fut bientôt effrayé de son énergie. Danton disait à son collègue Courtois : « Ton grand Beugnot n'est qu'une dévote; il n'y a rien à faire de lui. »

A l'Assemblée, il prit assez souvent la parole, pour provoquer une demande d'explications à l'empereur sur le traité de Pilnitz, pour combattre l'élection par le peuple des agents de la trésorerie, proposition de Condorcet, pour dénoncer Marat comme l'assassin du général Dillon, et pour le faire décréter d'accusation. Cette attitude lui valut la haine de la gauche ; on ne le revit plus à l'Assemblée après le 10 août 1792; il fut emprisonné à la Force en 1793, et n'en sortit qu'après le 9 thermidor.

Il ne reparut qu'après le 18 brumaire, comme conseiller intime de Lucien Bonaparte ministre de l'intérieur, qui le chargea de choisir les préfets du nouveau régime. Beugnot prit pour lui-même la préfecture de Rouen (11 ventôse an VIII), qu'il quitta, le 11 mars 1806, pour entrer au Conseil d'Etat, après avoir été nommé membre de la Légion d'honneur, le 25 prairial an XII.

Chargé de l'organisation du nouveau royaume de Westphalie (1807), il fut nommé ministre des Finances du roi Jérôme, puis administrateur du grand-duché de Berg (1808), chevalier de l'Empire (6 juin de la même année), officier de la Légion d'honneur (3 décembre 1809), comte de l'Empire (24 février 1810) et commandeur de la Légion d'honneur (30 juin 1811). En 1813, il fut rappelé en France et envoyé préfet à Lille; en 1814, le gouvernement provisoire le nomma ministre de l'Intérieur.

Ce fut à ce moment que, sur la demande de Talleyrand, il rédigea pour le Moniteur une allocution au nom du comte d'Artois à son entrée à Paris. L'allocution était longue; Talleyrand n'en conserva que la phrase : « Il n'y a rien de changé en France, il n'y a qu'un Français de plus », contre laquelle le comte d'Artois protesta, mais qui fit fortune.

Beugnot échangea ses fonctions, par ordre de Louis XVIII, contre celles de directeur général de la police ; par une ordonnance du 7 juin 1814, Beugnot rétablit les processions et le repos obligatoire du dimanche, « considérant que l'observation des jours consacrés aux solennités religieuses est une loi qui remonte au berceau du monde. »

Le gouvernement royal pensa avoir ailleurs meilleur emploi de son zèle et lui confia le portefeuille de la Marine, au moment où Napoléon revenait de l'île d'Elbe.

Beugnot suivit le roi à Gand, reçut au retour la direction générale des postes (9 juillet 1815), qui lui fut bientôt retirée en échange du titre surtout honorifique de ministre d'Etat.

Elu député par le collège de département de la Seine-Inférieure, le 4 octobre 1816, avec 111 voix sur 188 votants et 233 inscrits, il vota souvent avec la petite fraction des libéraux appelés « doctrinaires »: « Ce parti est donc bien puissant? » lui demandait-on. « Je suis allé le visiter, répondit-il, il tiendrait tout entier sur mon canapé. »
Il était doué à un haut degré de cet esprit français si fécond en saillies et en mots heureux. Une de ses plus fines plaisanteries est celle qu'il laissa échapper dans une séance des comités secrets de la Chambre de 1815. Un membre ayant demandé que la figure du Christ sur la croix fût placée au-dessus de la tête du président : « Je demande, en outre, ajouta le comte Beugnot, qu'on inscrive au-dessous ses dernières paroles: « Mon Dieu, pardonnez-leur, car ils ne savent pas ce qu'ils font! »

Grand officier de la Légion d'honneur, le 24 avril 1817, directeur général de la caisse d'amortissement le 16 juin suivant, Beugnot fut réélu député, le 11 septembre 1819, par 1,034 voix sur 2,026 votants et 4,812 inscrits. Il se rapprocha du ministère Decazes, contribua au rejet de la proposition Barthélemy, et parla, en 1819, en faveur de la liberté de la presse, qu'il combattit à la session suivante.
Il fut encore fait Grand croix de la Légion d'honneur le 1er mai 1821 et Charles X le nomma pair de France le 27 janvier 1830.

Il a laissé des Mémoires intéressants, mais qui ne doivent être consultés qu'avec une certaine circonspection.

Date de mise à jour: juin 2015

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