Louis Maribon de Montaut

1754 - 1842

Informations générales
  • Né le 22 octobre 1754 à Montaut (Gers - France)
  • Décédé le 12 juillet 1842 à Montaut (Gers - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 5 septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Gers
Groupe
Majorité réformatrice
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 3 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Gers
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791, membre de la Convention, né à Montaut (Gers) le 22 octobre 1754, mort au château de Montaut le 12 juillet 1842, il appartint à l'armée comme mousquetaire; il devint, à la Révolution, lieutenant-colonel de la garde nationale de condom et administrateur de ce district.

Elu, le 5 septembre 1791, député du Gers à l'Assemblée législative, le 7e sur 9, par 164 voix (314 votants), il siégea dans la majorité réformatrice, fit rejeter quelques articles du projet de loi sur les passeports, fit décréter d'accusation trois habitants de Clermont-Ferrand prévenus d'embauchage pour les émigrés, proposa que tous les anciens drapeaux fussent brûlés à la tête des régiments et, en présence des officiers municipaux, dénonça les « Chevaliers du poignard » et fit voter, au 10 août, un appel nominal pour jurer, au nom de la nation, de maintenir la liberté et l'égalité ou de mourir à son poste.

Réélu, le 3 septembre 1792, député du même département à la Convention, le 2e sur 9, par 494 voix (508 votants), Maribon de Montaut prit place à la Montagne et partagea les idées politiques des Jacobins. Il fut membre du comité de sûreté générale. Dans le procès du roi, il s'exprima en ces termes : « Citoyens, je ne crains pas de le dire, sous le masque de la sensibilité, quelques-uns de nos collègues voudraient commuer la peine de mort en une détention perpétuelle ou en bannissement. Mais, je le demande, cette sensibilité, l'ont-ils eue? J'ouvre le code pénal, j'y lis la peine de mort contre les traîtres et les conspirateurs. Louis est coupable de conspiration. Je lis encore, dans la Déclaration des droits de l'homme: « La loi doit être égale pour tous, soit qu'elle protège, soit qu'elle punisse.» Je condamne le tyran à la mort.»

Envoyé en mission à l'armée de la Moselle (avril 1793), il annonça à l'assemblée la capitulation de Mayence, reprocha au conseil défensif d'avoir rendu cette place avant la brèche ouverte, et demanda la punition des officiers ainsi que des commissaires Merlin de Thionville et Rewbell.

De retour à la Convention, il se prononça avec force contre les Girondins ; ce fut sur sa motion que l'on vota la translation dans les maisons d'arrêt de tous les individus accusés sur le rapport d'Amar. Devant le tribunal révolutionnaire, il déposa contre Brissot et ses coaccusés. Devenu président de la société des Jacobins, il prit une part active aux travaux de ce club, et intervint encore à la Convention dans plusieurs débats politiques importants. Il dénonça un certain nombre de ses collègues comme suspects de modérantisme, et resta attaché au parti jacobin après le 9 thermidor.

Comme Duhem était menacé d'être envoyé à l'Abbaye, il déclara que si l'on persistait, il voulait y être enfermé avec lui. Violemment accusé lui-même par Legendre, Bourdon (de l'Oise) et autres, il ne tarda pas à être décrété d'arrestation par la majorité thermidorienne (2 prairial an III). L'amnistie du 4 brumaire an IV le rendit à la liberté. Il ne semble pas qu'il ait joué depuis aucun rôle politique.

Frappé par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides, il quitta le Gers en 1816, et se réfugia à Bâle. Rentré à Paris, à ses risques et périls, avec Descamps, le 9 janvier 1822, il se rendit dans le Gers le 21 suivant, et ne fut pas inquiété, n'ayant accepté aucune fonction ni signé l'Acte additionnel pendant les Cent-jours. Il mourut dans son château de Montaut (Gers) à 88 ans.