Etienne, Jean Panis

1757 - 1832

Informations générales
  • Né le 7 février 1757 à Paris (Seine - France)
  • Décédé le 22 août 1832 à Marly-le-roi (Yvelines - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 12 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Seine
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né en Périgord en 1757 mort à Paris le 22 août 1832, il fit ses études à Paris et s'y fit recevoir avocat. Il épousa la sœur de Santerre, et devint, avec son beau-frère, l'un des partisans les plus actifs de la Révolution.

Le 20 juin 1792, il contribua à soulever le faubourg Saint-Antoine, se plaça, dans la journée du 10 août, à la tête des rassemblements qui envahirent les Tuileries, et prit une part importante à l'établissement de la municipalité parisienne, connue sous le nom de « Commune du Dix-Août ». Il devint un des administrateurs de la police et fit partie de la commission que la Commune choisit dans soit sein, et où siégèrent avec lui Marat, Jourdheuil, Duplain, Sergent ; il signa comme eux la circulaire qui tendait à justifier les massacres de septembre mais plus tard, il désavoua cet acte, et s'efforça d'ailleurs vainement par son attitude de gagner la confiance des modérés.

Elu, le 12 septembre 1792, député du département de Paris à la Convention nationale, le 11e sur 24, par 457 voix sur 697 votants, il prit place à la Montagne, fut l'objet de vives attaques de la part des Girondins, qui lui demandèrent compte de sa gestion municipale, et répondit dans le procès du roi, au 2e appel nominal :

« Aux puissants motifs développés par les meilleurs républicains que je connaisse, j'ajouterai que les Richelieu, les Breteuil, les Sartine, tous ces grands hommes d'Etat, suppôts du despotisme, auraient proposé l'appel au peuple pour désorganiser la République : je dis non ».

Et au 3e appel nominal :

« La réclusion ou la déportation pourrait égorger la liberté naissante. La loi, la justice, la patrie, voilà mes motifs ; je vote pour la mort. »

Membre du comité de sûreté générale, Panis s'associa d'abord aux mesures prises par le gouvernement révolutionnaire ; puis il se tourna contre les Jacobins, et contribua au succès de la journée du 9 thermidor an II. Le 8, il avait directement interpellé Robespierre et lui avait demandé de lui déclarer s'il l'avait aussi porté sur la liste des proscrits. Il faillit être, d'ailleurs, en dépit de ses efforts, une des victimes de la réaction thermidorienne.

La nouvelle majorité l'impliqua, sur la proposition d'Auguis, dans les poursuites exercées contre plusieurs représentants, après les journées de prairial an III, et Panis ne recouvra la liberté que par l'amnistie du 4 brumaire an IV.

Employé dans l'administration des hospices de Paris sous le Directoire, il y resta peu de temps, vécut dans l'obscurité, mécontent : « Je n'ai été, disait-il, qu'un citron dont on a exprimé le jus et qu'ensuite on a rejeté. »

Il aurait appartenu ensuite, s'il faut en croire un biographe étranger, à la police secrète de l'Empire. Ayant perdu sa fortune à la Révolution, il avait reçu du Directoire une pension de 300 francs par mois

Aux Cent-Jours, il signa l'Acte additionnel, et tomba ainsi sous le coup de la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides. Il obtint un sursis indéfini et resta chez lui, 19, rue de Sèvres, « où il lit Horace », dit un rapport de police : mais sa pension fut réduite à 100 francs par mois. Il réclama, le 16 novembre 1817, près du ministre, par une lettre curieuse dans laquelle il disait : « Je fus le jeune ami de Rousseau, du duc de Nivernais, du duc d'Ormesson et d'une foule de cœurs semblables, etc. » Mais ses réclamations, auxquelles se joignirent (12 octobre 1824) celles de sa femme, restèrent vaines, et il végéta. jusqu'à sa mort.