Pierre, Joseph Bédoch

1761 - 1837

Informations générales
  • Né le 28 décembre 1761 à Sérilhac (Corrèze - France)
  • Décédé le 15 février 1837 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Consulat et Premier Empire
Législature
Corps législatif
Mandat
Du 6 janvier 1813 au 4 juin 1814
Département
Corrèze
Groupe
Majorité
Régime politique
Première Restauration
Législature
Chambre des députés des départements
Mandat
Du 4 juin 1814 au 20 mars 1815
Département
Corrèze
Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 12 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Corrèze
Groupe
Majorité
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 20 octobre 1818 au 17 août 1822
Département
Corrèze
Groupe
Gauche constitutionnelle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 25 mai 1834
Département
Corrèze
Groupe
Gauche constitutionnelle
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 15 février 1837
Département
Corrèze
Groupe
Majorité conservatrice

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député au Corps législatif de 1813 à 1815, représentant à la Chambre des Cent Jours, député de 1818 à 1822, et de 1831 à 1837, né à Sérilhac (Corrèze) le 28 décembre 1761, mort à Paris, le 16 février 1837, il était avocat à Tulle avant la Révolution. Il embrassa les idées nouvelles, fut, sous la République, maire de Tulle, suppléant au tribunal de cassation, accusateur public, commissaire du gouvernement près le tribunal criminel, président de canton, etc.

Rallié au gouvernement consulaire, il devint, sous Napoléon Ier, procureur impérial à Tulle, et, le 6 janvier 1813, fut élu par le Sénat conservateur député au Corps législatif pour le département de la Corrèze. Dans l'allocution qu'il prononça devant l'empereur en lui présentant la députation de son collège électoral, il fit preuve d'une indépendance relative et déplora que les « sujets » de Sa Majesté « n'eussent presque que leur sang à lui offrir. » Bientôt il se rangea parmi les membres du Corps législatif qui, dans l'intérêt du rétablissement de la paix, opinèrent pour la déchéance de Napoléon et le retour des Bourbons avec la charte.

La Restauration le maintint dans ses fonctions de magistrat. En même temps, il continua de siéger à la Chambre des députés (ancien Corps législatif) et y devint un des chefs du parti constitutionnel. Rapporteur de plusieurs commissions, notamment de celle qui fut chargée de l'examen du projet de loi restituant au duc d'Orléans et au prince de Condé deux cent millions de propriétés non aliénées, il conclut à l'adoption (17 octobre 1814), mais s'éleva avec force contre cette théorie du ministre Ferrand: « Tout Français qui n'a point émigré n'a pas suivi la droite ligne et doit implorer la royale indulgence du monarque. » Il protesta aussi contre les « fausses espérances » que ce commencement de restitution avait fait naître, et, le 31 octobre, rappela que la plupart des grandes familles nobles n'avaient été enrichies que de biens confisqués par les rois.

Représentant de la Corrèze (12 mai 1815) à la Chambre dite des Cent Jours, il revint au parti de Napoléon, qui l'appela au conseil d'Etat, et prit la parole dans la discussion sur le mode de serment. Le 22 juin 1815, la Chambre, réunie à 8 heures du matin, obligea Bedoch, qui était secrétaire, à ouvrir la séance en l'absence du président et des vice-présidents.

Après Waterloo, Bédoch resta quelque temps éloigné du Parlement : il y rentra le 20 octobre 1818, toujours comme député de la Corrèze (au collège de département). Il siégea au côté gauche, et la part qu'il prit aux débats de la Chambre fut considérable, surtout dans la session de 1818 à 1819. A propos du premier projet sur la presse, il demanda la suppression de l'article relatif à l'enlèvement des signes publics de l'autorité royale et au port public de tout signe extérieur de ralliement non autorisé par les lois. Il appuya aussi un amendement de Chauvelin, modifié par Courvoisier, et tendant à établir que la responsabilité de l'imprimeur n'existerait que lorsqu'il aurait agi sciemment; il proposa que jamais on ne pût lui enlever son brevet sans jugement; il réclama la question préalable sur un amendement de Mestadier relatif à la péremption de saisie; se prononça contre les moyens indirects qu'on employait pour rendre la liberté de la presse illusoire, et vota pour la preuve testimoniale contre les fonctionnaires. Il fut le rapporteur d'un grand nombre de pétitions, et intervint fréquemment dans la discussion du budget. De 1819 à 1820, il vota contre les deux lois d'exception, et, avec les 95, contre le nouveau système électoral. Sur le projet de loi suspensif de la liberté individuelle, il défendit un amendement de Lacroix-Frainville, donnant au détenu la faculté de choisir un conseil : « On lui permet, dit-il, d'adresser des renseignements et des mémoires; mais qui les réunira, ces renseignements, et qui les rédigera, ces mémoires, si le prévenu ne sait ni lire ni écrire? » Il se déclara, à propos de la loi de censure, favorable à la proposition du général Foy, exemptant de la censure les estampes publiées jusqu'à la sanction de la loi. Rapporteur, comme à la précédente session, de plusieurs pétitions importantes, il demanda et obtint l'ordre du jour sur celle qui réclamait la destitution du comte Decazes, ministre de l'intérieur, l'accusant d'avoir chassé de toutes les administrations les anciens amis de la monarchie, de les avoir remplacés par des traîtres, d'avoir perverti le peuple et l'armée et d'avoir aiguisé le poignard de la révolte, etc. Le rapporteur établit que ces pétitions, quoique envoyées d'endroits différents et revêtues de signatures différentes, avaient été faites par la même personne. Il s'opposa à ce que Manuel fût rappelé à l'ordre pour avoir cité, parmi les pensionnés du roi, un chef vendéen frappé de condamnations infamantes; défendit l'élection du général Tarayre, libéral, et fit partie de la commission nommée pour examiner le projet de loi concernant l'exécution d'un traité avec le dey d'Alger : il soutint, à ce propos, que la Chambre pouvait allouer ou refuser les fonds que le roi demande, sans avoir le droit, toutefois, de modifier un traité.

Non réélu aux législatures suivantes sous la Restauration, il reparut à la Chambre aux élections du 5 juillet 1831, comme député du 1er collège de la Corrèze (Tulle). L'opinion qu'il avait toujours suivie le disposait assez à se rallier à la royauté de Louis-Philippe; c'est ce qu'il fit. De 1831 à 1837, - il obtint le 21 juin 1834 le renouvellement de son mandat, avec 106 voix sur 208 votants et 232 inscrits, - Bedoch vota presque toujours avec la majorité conservatrice. A l'ouverture des sessions de 1834, 1835 et 1836, il fut président d'âge, et eut, en cette qualité, le 30 décembre 1836, avant de quitter le fauteuil pour le céder à Dupin, l'occasion d'exprimer au roi, sur qui Meunier venait de tirer, « un sentiment douloureux, dit-il, qui me suivra jusqu'au dernier de mes jours. » Il n'eut pas longtemps, observe un biographe, à supporter ce souvenir pénible, car il mourut l'année d'après. Il était chevalier de la Légion d'honneur.

Date de mise à jour: décembre 2013