Jean-François Bodin

1766 - 1829

Informations générales
  • Né le 26 septembre 1766 à Angers (Maine-et-Loire - France)
  • Décédé le 5 février 1829 à Chemellier (Maine-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 novembre 1820 au 24 décembre 1823
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de Saumur de 1820 à 1823, né à Angers, le 26 septembre 1766, mort à Chemellier (Maine-et-Loire), le 5 février 1829, il était fils d'un maître maçon de Baupréau.

Après quelques études à Angers, Bodin essaya de l'architecture, mais le mouvement de la Révolution l'entraîna ; en 1792, il était un des administrateurs du district de St-Florent, puis devint payeur à l'armée de l'Ouest ; il refusa à cette époque le poste de payeur général de la Vendée, mais accepta, en 1794, la recette particulière de Saumur, où il épousa Mlle Lenoir de la Motte, d'une famille de vieille bourgeoisie de Bauge.

À la pacification de 1796, il reprit un moment ses travaux d'architecture à l'occasion du concours ouvert par l'Institut pour élever un monument à la gloire des armées françaises; il envoya un projet d'arc de triomphe à ériger sur l'emplacement actuel de l'arc de l'Étoile, mais qui fut trouvé trop dispendieux.
En 1815, Bodin coopéra personnellement au licenciement de l'armée de la Loire, en avançant de sa poche une partie des fonds nécessaires à cette opération ; ce sacrifice ne désarma pas l'opinion ultra-royaliste qui lui reprochait ses relations avec les hommes de la Révolution et l'esprit antireligieux qui perçait dans les Recherches historiques sur Saumur et le Haut Anjou, publiées par lui en 1812 et 1815. Il prévint une révocation en se démettant de sa place (1817).
Le 4 novembre 1820, il fut élu député du 2e arrondissement électoral de Maine-et-Loire (Saumur), par 271 voix sur 449 votants et 504 inscrits, contre MM. Budon, maire d'Allonnes, qui obtint 137 voix, et Allain-Targé, 29. Il continua de publier quelques études historiques sur l'Anjou, et prit peu de part aux travaux parlementaires, mais fut nommé membre correspondant de l'Institut. Quelque peu impliqué dans la conspiration Berton, il subit une visite domiciliaire, n'invoqua point alors l'inviolabilité parlementaire, et ne dut qu'à une longue maladie de n'être pas compromis davantage.

Les élections du 6 mars 1824 lui furent défavorables; il échoua, avec 13 voix, au collège de département, et avec 71 voix à Saumur, dans son arrondissement, contre M. Benoît, élu avec 345 voix. Bodin se retira alors dans sa maison de campagne de Launay, aux Tuffeaux, et ne s'occupa plus que de la correction de ses ouvrages. La perte d'un oeil, en juin 1828, lui rendit bientôt ce dernier travail impossible, et il mourut sans regret sept mois après. Le bruit courut alors que Bodin à son lit de mort, à l'instigation du curé de Saint-Florent, avait abjuré solennellement tout ce qu'il avait pu dire et écrire de contraire à la religion. Ce fait a été l'objet de vives controverses locales, qui n'ont réussi ni à le prouver ni à l'infirmer.


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