Martin, Michel, Charles Gaudin

1756 - 1841

Informations générales
  • Né le 16 janvier 1756 à Saint-denis (Seine-St-Denis - France)
  • Décédé le 5 novembre 1841 à Gennevilliers (Seine-St-Denis - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
Ire législature
Mandat
Du 22 août 1815 au 5 septembre 1816
Département
Aisne
Groupe
Majorité ministérielle
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 4 octobre 1816 au 17 juillet 1819
Département
Aisne
Groupe
Majorité ministérielle

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Pair des Cent-Jours, ministre et député de 1815 à 1819, né à Saint-Denis (Seine) le 16 janvier 1756, mort au château de Gennevilliers près Paris le 5 novembre 1841, il était fils d'un avocat au parlement ; sa mère était la fille d'un subdélégué aux finances.

Il fit son droit, entra dans les finances grâce à l'appui d'un commis de d'Ormesson, et fut chargé par Necker, en 1777, d'une direction dans l'administration générale des contributions, qu'il conserva jusqu'en 1789 ; c'est là qu'il conçut l'idée du cadastre, qu'il devait réaliser plus tard.

L'Assemblée constituante ayant organisé une trésorerie nationale chargée de veiller sur les deniers publics, Gaudin en fut nommé membre (1791). À partir de cette époque, il fut en butte à de continuelles dénonciations, auxquelles il échappa par sa stricte probité et son entente des affaires. Le 10 août 1792, il fut accusé d'avoir avancé au roi sa liste civile ; quelque temps après, Dumouriez le dénonça pour avoir laissé ses traites impayées. Cambon et Saint-Just le défendirent toujours et l'écoutèrent parfois, notamment quand Gaudin obtint la grâce des 48 receveurs généraux qui venaient d'être décrétés d'accusation en même temps que les fermiers généraux. Néanmoins la situation n'était pas tenable ; l'hôtel de la Trésorerie était constamment envahi par la foule, et Gaudin dut plus d'une fois avoir recours à la ruse pour se débarrasser de ses visiteurs. Un décret ayant accordé une paie journalière aux femmes des citoyens qui combattaient pour la patrie, une bande de femmes envahit ses bureaux. Il reçut les plus exaltées, leur dit qu'il était prêt à les payer, mais que, les choses devant être faites régulièrement, elles devaient au préalable lui montrer leur certificat de mariage. Bien peu d'entre elles pouvaient sans doute produire cette pièce, car elles partirent sans rien réclamer. Il conserva sa place de commissaire à la Trésorerie jusqu'en l'an III, époque à laquelle il se retira près de Soissons. En l'an IV, il refusa le ministère des Finances, et en l'an VI, la fonction de commissaire-général de la Trésorerie. Pourtant, en floréal de cette même année, il accepta la direction des postes.

Au 18 brumaire, Sieyès le présenta à Bonaparte.

« Vous avez longtemps travaillé dans les finances, lui demanda le premier consul.
- Pendant vingt ans, général.
- Nous avons grand besoin de votre secours et j'y compte. Allons, prêtez serment, nous sommes pressés. »

Gaudin introduisit de grandes réformes dans l'administration financière, supprima les marchés et les délégations, rétablit les contributions directes, fit confectionner les rôles et exigea les paiements par douzièmes et à l'avance des impôts de l'année courante. Il organisa la hiérarchie du percepteur au receveur particulier et au receveur général ; enfin, à l'aide de la caisse d'amortissement où étaient déposés les cautionnements de ces fonctionnaires, il put créer la Banque de France.

Gaudin emprunta l'idée du cadastre, qui fut sa grande préoccupation, à la Constitution de 1791. Mais nul n'en avait comme lui compris l'importance, pour établir d'une manière équitable la contribution foncière.

Il présenta en l'an X le premier budget vraiment digne de ce nom.

Toutes ces réformes ne s'étaient pas accomplies sans luttes ; aussi Gaudin crut-il devoir envoyer à Bonaparte sa démission (28 floréal an XII), que celui-ci refusa ; Gaudin resta donc ministre des Finances jusqu'au 30 mars 1814.

Membre de la Légion d'honneur (9 vendémiaire an XII), grand-officier le 25 prairial suivant, grand-aigle le 13 pluviôse an XIII, il fut créé, le 26 avril 1808, comte de l'Empire, et duc de Gaëte le 15 août 1809

En 1805, Gaudin organisa les finances de la Ligurie, en 1811 celles de la Hollande.

Du 21 mars au 8 juillet 1815, pendant les Cent-Jours, il fut nommé ministre des Finances pour la 3e fois, et, le 2 juin 1815, pair des Cent-Jours.

Il fut toujours fidèle à Napoléon, et, dans les chambres de la Restauration où il siégea, quand les royalistes attaquaient la mémoire de l'Empereur, il ne manqua jamais de la défendre. Il fut, en effet, élu député, le 22 août 1815, par le collège de département de l'Aisne, avec 68 voix sur 135 votants et 266 inscrits, et réélu, le 4 octobre 1816, par 119 voix sur 180 votants et 293 inscrits. Il siégea dans la majorité, et, en 1820, fut nommé gouverneur de la Banque de France, situation qu'il garda jusqu'en 1834.

On a de lui :
- Mémoires, souvenirs et opinions de M. Gaudin, duc de Gaëte (1826) ;
- Notice historique sur les finances de la France depuis 1800 jusqu'au 1er avril 1814 (1818), etc.

Date de mise à jour: juin 2015

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