Hugues Destrem

1754 - 1804

Informations générales
  • Né le 8 février 1754 à Fanjeaux (Aude - France)
  • Décédé le 20 juillet 1804 à Gustavia (Saint-barthélemy)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 1er septembre 1791 au 20 septembre 1792
Département
Aude
Groupe
Modérés
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 14 avril 1798 au 10 novembre 1799
Département
Haute-Garonne
Groupe
Anti-bonapartiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député en 1791 et au Conseil des Cinq-Cents, né à Fanjeaux (Aude) le 8 février 1754, mort à Gustavia (île St-Barthélemy) le 20 juillet 1804, il était négociant à Fanjeaux lorsqu'il fut nommé, le 1er septembre 1791, député de l'Aude à l'Assemblée législative, le 3e sur 8, avec 139 voix sur 252 votants.

Il siégea parmi les modérés, s'occupa spécialement de questions commerciales; fit, le 18 mai 1791, au nom du comité du commerce, un rapport sur l'organisation d'un bureau de douane à la foire de Beaucaire, de façon à éviter la perte de temps occasionnée par la visite à Fourques ou à Arles; s'opposa, le 13 mai 1792, d'une façon très énergique, aux arrêtés qui empêchaient l'exportation des bestiaux à l'étranger, et réussit à les faire annuler. «Toute loi prohibitive, dit il, répugne à vos principes et vous n'en prononcerez jamais que vous n'y soyez forcés par l'impérieuse nécessité. »

Le 7 juin 1792, il fit adopter, au nom des comités de l'extraordinaire des finances et du commerce réunis, un décret d'urgence pour le versement des sommes destinées par le décret du 26 septembre à l'achat de grains par le département de l'Aisne, soit dans les districts qui ne souffrent pas de la disette des grains, soit à l'étranger; il fit, en outre, rejeter la mise à la disposition du ministre de l'intérieur d'une somme supplémentaire de 6 millions pour secours aux départements atteints par la famine, dont 4 millions employés en achats de blés à l'étranger, et 2 millions en secours pécuniaires; il demanda aussi l'état des 12 millions précédemment votés.

Le 30, dans un discours remarquable, il réclama le dégrèvement à l'entrée des droits sur le tabac, entrée que l'Assemblée nationale avait établie lors de la suppression du privilège exclusif, pour faciliter l'écoulement des tabacs de la ci-devant ferme générale. « Le droit excessif et la prohibition dont on avait grevé quelques espèces indispensables à une bonne fabrication ont, dit-il, été la source d'une contrebande inévitable lorsque le droit est excessif et la marchandise de peu de valeur... Le fabricant qui a acquitté le droit ne peut soutenir la concurrence de celui qui a su l'éluder. Nonobstant les efforts de la régie et les dépenses qu'ils ont exigées, toutes les manufactures de tabac ont souffert de l'introduction des tabacs fabriqués provenant de l'étranger. »

Son projet fut ajourné, mais, le 5 septembre, il obtint que l'exportation de toute espèce de tabacs en feuilles fût permise avec diminution des droits de moitié environ; dans la même séance, il fit maintenir provisoirement les droits que percevaient les chambres de commerce sur la comptabilité dont elles étaient chargées; le 11 du même mois, il obtint que les municipalités fussent autorisées à retenir le nombre d'ouvriers nécessaires pour le battage des grains et la culture des terres, considérant que les lois faites contre l'exportation des blés sont suffisantes, que la libre circulation à l'intérieur produira un bien-être général, que les approvisionnements de blés pour les armées et le défaut de bras pour le battage sont cause du manque d'approvisionnement des marchés.

Après la session, il fut nommé commissaire du gouvernement prés l'administration municipale de Toulouse. Le 25 germinal an VI, il fut élu député de la Haute-Garonne au Conseil des Cinq-Cents, avec 276 voix sur 295 votants. Il prit une part très active aux délibérations, entre autres, pour fixer les dépenses du ministre des relations extérieures pour l'an VII, pour combattre l'établissement d'un impôt sur les salines à l'extraction, pour présenter le tableau des ressources nationales, pour compléter l'emprunt de 600 millions (16 vendémiaire an VII). Le 24, il reçut à ce sujet, une lettre du ministre des finances, Ramel, sur les impôts indirects et les moyens de combler le déficit. Puis il proposa un projet d'imposition sur les portes et fenêtres, et la prohibition du papier étranger.

A la séance du 1er nivôse, il fut nommé secrétaire de l'Assemblée avec Quirot, Joubert et Rollin, et continua de s'occuper des questions de finances et d'administration, discuta le projet d'emprunt forcé de Lacuée, proposa la réduction de tous les traitements payés des deniers publics, fit adopter son projet d'emprunt de 100 millions, et, le 18 thermidor, présenta un projet d'organisation de la poste aux lettres.

Il fut l'un des opposants au coup d'Etat de brumaire, demanda des explications sur la convocation extraordinaire du conseil et la permanence, et, le 18, lorsque Bonaparte envahit la salle des Cinq-Cents, Destrem lui frappa sur l'épaule en lui disant : « Voilà donc pourquoi vous avez remporté tant de victoires? » Il pressa l'adoption de la motion de Talot (Voy. ce nom), et fut proscrit le lendemain. Le gouvernement commua bientôt cette peine en celle de la surveillance. Destrem se retira à Fanjeaux, mais, compris parmi les complices de l'affaire de la machine infernale, il fut définitivement déporté, et mourut en exil.