Pardoux Bordas

1748 - 1842

Informations générales
  • Né le 14 octobre 1748 à Saint-Yriex (Haute-Vienne - France)
  • Décédé le 29 mai 1842 à Saint-Yriex (Haute-Vienne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Assemblée nationale législative
Mandat
Du 31 août 1791 au 20 septembre 1792
Département
Haute-Vienne
Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 2 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Haute-Vienne
Groupe
Montagne
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 13 octobre 1795 au 1er avril 1797
Département
Haute-Vienne
Groupe
Antibonapartiste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député à l'Assemblée législative de 1791, membre de la Convention, et député au Conseil des Cinq-Cents, puis au Conseil des Anciens, né à Saint-Yrieix (Haute-Vienne) le 14 octobre 1748, mort à Saint-Yrieix le 29 juin 1742, il fut, au début de la Révolution, président du district de Saint-Yrieix.

Il fit partie de l'Assemblée législative, le 31 août 1791, comme député de la Haute-Vienne, élu par 218 suffrages sur 232 votants ; son rôle y fut modeste.

À la Convention, où Bordas représenta (2 septembre 1792) le même département, il vota « pour la réclusion » de Louis XVI, mais contre l'appel au peuple et contre le sursis. Prenant une part active aux discussions financières et administratives, il fit rendre plusieurs décrets de liquidations d'offices, et présenta, le 26 prairial an II, un rapport sur la succession des Rohan-Soubise. Devenu secrétaire de la Convention, après avoir pris parti pour les Thermidoriens, il parla encore sur la liquidation de la dette publique, sur la liquidation des dettes des émigrés, etc., et obtint un décret sur les certificats d'arrérages des rentes sur l'Etat. Avec son collègue Jean Bon Saint André, envoyé en mission dans les départements de la Charente, de la Gironde et de la Dordogne, il écrivait de Bordeaux à la Convention, le 9 nivôse an III : « Qu'il est beau à voir, le peuple bordelais ! S'il se souvient de ses maux passés, ce n'est, citoyens collègues, que pour mieux s'accrocher au bonheur qu'il n'attend que de vous. Le sceau de la confiance est imprimé sur tous les visages; l'amour de la liberté est gravé dans tous les coeurs; dans toutes les sociétés il n'est qu'un cri ; Hors la Convention, point de salut !... »

De retour à Paris, Bordas prononça, le 16 juin 1795, sur les bases de la Constitution, un discours qui contribua à le faire nommer membre du comité de sûreté générale; dans ce discours, il combattait l'avis de la commission sur beaucoup de points, notamment quant aux pouvoirs à donner aux assemblées primaires ; il désapprouvait les dénominations proposées pour le Corps législatif. « Le mot de conseil me semble, disait-il, insignifiant et trivial ; celui d'anciens a quelque chose de dérisoire ; j'aimerais mieux qu'une des sections s'appelât Chambre des Cinq-Cents, et l'autre Sénat. Ces noms plus caractéristiques, plus augustes, ces noms réveillent de grandes idées, en rappelant de grands souvenirs ; ils commanderaient mieux le respect, par cela seul que le temps les a consacrés. » Il opina pour que les deux Chambres, en cas de désaccord, se réunissent pour délibérer en commun. « On éviterait du moins les grands chocs, et ce serait déjà beaucoup. »

Le 21 vendémiaire an IV, Bordas fut élu député au Conseil des Cinq-Cents, pour la Haute-Vienne, avec 147 voix ; il intervint dans les débats relatifs au traitement du directeur général de la liquidation, aux assignats, au droit de successibilité des enfants naturels, etc.

Sorti du Conseil des Cinq-Cents, il fut élu peu de temps après (23 germinal an V), par 110 voix, à celui des Anciens. Il demanda avec véhémence la déportation des conjurés de fructidor, et dit que, « pour profiter de la victoire, il fallait se montrer inexorable envers les vaincus. » Secrétaire, puis président de l'Assemblée, il prit encore plusieurs fois la parole : à propos des élections, des victoires de l'armée d'Italie, et de la « dépravation de l'esprit public par l'ancien Directoire » (13 messidor an VII).

Adversaire du coup d'Etat de brumaire, il fit tous ses efforts pour s'opposer aux menées de Bonaparte, et fut en conséquence éliminé, le lendemain, du Conseil. Il parut, d'ailleurs, se rallier plus tard au gouvernement consulaire et impérial ; car on le retrouve chef de bureau au ministère de la Justice, puis juge suppléant (1807) à la Cour de justice criminelle.

Atteint par la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides, il se réfugia en Suisse. En juillet 1829, il se résigna à rentrer en France sans passeport, mais dut bientôt sortir du royaume, sous la menace d'être traduit devant les tribunaux comme réfractaire. L'appui de Verneilh-Puyraseau, député de la Dordogne, lui valut l'autorisation définitive de rentrer, en août 1830. (Arch. Nat. F7 6710.)

Il avait été fait chevalier de la Légion d'honneur le 10 juin 1815, nomination confirmée par l'ordonnance du 28 novembre 1831.

Date de mise à jour: février 2019