Louis Turreau de Linières

1741 - 1797

Informations générales
  • Né le 18 septembre 1741 à Evreux (Eure - France)
  • Décédé le 7 avril 1797 à Coni (Italie)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Yonne
Groupe
Montagne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

membre de la Convention, né à 0rbec (Calvados) en 1761, mort à Coni (Italie) le 15 décembre 1796, fils d'un receveur des domaines, était cousin du général Louis-Marie Turrcau de Linières (1756-1816). Il s'engagea volontairement, puis quitta le service pour aller habiter avec une de ses tantes, à Ravières, près de Tonnerre. Il épousa, le 31 août 1789, Mme veuve Davout, dont un des fils fut plus tard le prince d'Eckmühl, adopta les principes de la Révolution, fut nommé, en 1790; administrateur de l'Yonne, et, en 1791, députe suppléant à l'Assemblée législative, où il ne fut pas appelé à siéger. Lié avec Lepeletier de Saint-Fargeau, il fut, par son influence, élu, le 5 septembre 1792, député de l'Yonne à la Convention, le 3e sur 9, par 363 voix (539 votants). Turreau de Linières siégea à la Montagne et répondit au 3e appel nominal dans le procès du roi : « Lorsque j'ai donné mon opinion sur le tyran français, je me suis écrié dans un frémissement d'indignation: ce monstre, tout couvert de crimes et de sang, a mérité la mort. Ce cri de ma conscience n'était pas un arrêt fatal et définitif; il n'était que l'expression d'un sentiment profond. Appelé pour la première fois de ma vie à l'emplir un douloureux et pénible devoir, je ne peux me défendre d'un mouvement de sensibilité, faut il est vrai que le malheur, même dans un tyran, peut exciter la pitié. Je ne me reproche pas de payer ce tribut à la nature ; mais le sang de nos frères, qui tant de fois coula par les ordres de Louis la souveraineté du peuple qu'il méconnut, qu'il outragea sans cesse; la grande et terrible leçon que nous allons donner aux usurpateurs des droits inaliénables des nations; le salut de ma patrie; tout, en un mot, me ramène à l'austérité de mes devoirs républicains, je saurai les remplir. Je vote, dans l'intime conviction et de ma liberté et de ma conscience, pour la mort du dernier de nos rois. » 11 vota en outre contre l'appel et contre le sursis. Il prit plusieurs fois la parole, se prononça contre les Girondins, traita Lanjuinais de « calomniateur », fut envoyé en mission dans l'Yonne, dans l'Aube, puis à l'armée de l'Ouest, annonça la défaite des Vendéens au Pont-de-Cé, se plaignit de la destitution d'Aubert-Dubayet et de Canclaux, et prit, de concert avec son cousin le général Turreau, de nombreuses mesures de rigueur. Le 5 septembre 1793, il écrit à la Convention: « Nous exécutons à la lettre votre décret. Des monceaux de cendres, la famine, la mort, s'offrent de tous côtés aux regards des rebelles. » A Nantes (24 octobre), avec Kléber et Marceau, il protesta contre les honneurs rendus aux généraux: « Ce sont, dit-il, les soldats qui remportent les victoires, ce sont eux qui méprisent des couronnes, eux qui supportent tout le poids de la fatigue et des combats, » Le 15 janvier 1794, il écrit: « Mon intention est de tout incendier. Vous devez prononcer sur le sort des femmes et des enfants; s'il faut les passer tous au fil de l'épée, je ne puis exécuter une pareille mesure sans un arrêté qui mette à couvert ma responsabilité. » Il fit part à ses collègues de la prise de Noirmoutiers et des arrestations et exécutions qu'il avait ordonnées, et, rappelé par la Convention ainsi que Bourbotte, son collègue, devint secrétaire de l'assemblée (1er messidor an 11). Après le 9 thermidor, il s'associa aux mesures de réaction, En 1794, Turreau de Linières, qui avait divorcé avec sa première femme (Mme Davout), et qui s'était remarié avec la fille d'un chirurgien de Versailles, fut nommé commissaire à l'armée d'Italie (septembre) : il y passa une année. Au retour, il prêta son concours à la Convention contre l'insurrection royaliste du 13 vendémiaire, et fut de ceux qui conseillèrent de déférer le commandement militaire à Bonaparte, dans l'intimité duquel il avait vécu à l'armée de Nice. Après la session conventionnelle, Turreau fut nommé garde-magasin à l'armée d'Italie; il y mourut presque aussitôt. Dans le Mémorial de Sainte-Hélène, Napoléon dit de lui : « Représentant à l'armée de Nice, assez insignifiant. »