François Gentil

1755 - 1830

Informations générales
  • Né le 26 mai 1755 à Saint-Didier-en-Chablais (Haute-Savoie - France)
  • Décédé le 9 mai 1830 à Saint-Didier-en-Chablais (Haute-Savoie - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 22 février 1793 au 26 octobre 1795
Département
Mont-Blanc
Groupe
Dantonniste

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, né à Saint-Didier-en-Chablais (Haute-Savoie) le 26 mai 1755, fils d'un avocat consultant de Saint-Didier, il s'établit avocat à Carouge.

« Avant la Révolution, a-t-il dit lui-même dans un compte rendu à la Convention, ma fortune se réduisait à une femme, deux enfants, quelques vieux bouquins et un petit mobilier. J'exerçais le malheureux métier d'avocat consultant, parce que l'existence de ma famille en dépendait, et parce que c'était celui qui, à la charrue prés, m'assurait plus d'indépendance. »

Nommé deux fois maire par ses concitoyens, il fut élu, le 22 février 1793, membre de la Convention par le département du Mont-Blanc, le 1er sur 8, avec 337 voix sur 591 votants. Il siégea à la Montagne, ne manqua pas une séance de la Convention, des Cordeliers ni des Jacobins, et fut envoyé en mission (22 juin 1793) à l'armée de la Moselle ; après avoir inspecté les places fortes de la frontière, il demanda son rappel (21 juillet).

Lorsque Saint-Just voulut (27 ventôse an II) justifier l'arrestation d'Hérault et de Simond (député du Mont-Blanc), Gentil essaya de défendre ce dernier, mais, peu orateur, il parcourut les bancs de la Convention, en montrant les pistolets qu'il avait dans ses poches, et en disant : « Laisserons-nous égorger les meilleurs patriotes en les livrant aux fureurs de Robespierre ? » L'arrestation n'en fut pas moins maintenue, et, après l'exécution de Simond, Gentil fut expulsé des Jacobins, le 26 germinal suivant, « comme ami du conspirateur Simond, et pour avoir fait, lors de l'arrestation de ce dernier, des motions contre le comité de salut public. »

À la Convention, Gentil fit partie du comité des finances, et, comme il le dit encore lui-même, il vécut « isolé, du salaire que la Nation m'accorde, et avec une frugalité que me recommande l'existence d'une famille qui, dès la Révolution, s'est accrue d'un individu, et qui n'a pour ressource que mon salaire ».

Non réélu au Conseil des Anciens ni à celui des Cinq-Cents, il revint dans son pays natal, fut nommé, sous l'Empire, juge de paix à Douvaine, quoique toujours républicain, puis fut révoqué en 1814, à la première Restauration, et rentra dans l'obscurité.

M. Gentil est le bisaïeul de M. César Duval, député de la Haute-Savoie.

On a de lui : Compte rendu de mes recettes et de mes dépenses pendant ma mission à l'armée de la Moselle, et de ma vie et de ma fortune avant et depuis la Révolution (pluviôse an III).