François, Antoine Daubermesnil

1748 - 1802

Informations générales
  • Né le 5 septembre 1748 à Fitou (Aude - France)
  • Décédé le 10 mai 1802 à Perpignan (Pyrénées-Orientales - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 6 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Tarn
Groupe
Girondins
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 26 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Tarn
Groupe
Droite

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, né à Fitou (Aude) le 5 septembre 1748, « de messire Antoine Le Moine, chevalier et seigneur d'Aubermesnil, major de Salers et de dame Marguerite Amable de Villars », mort à Perpignan (Pyrénées-Orientales), le 10 mai 1802, il était sans antécédents politiques, quand il fut élu, le 6 septembre 1792, membre de la Convention par le département du Tarn, le 6e sur 9, avec 285 voix (425 votants).

Partisan modéré de la Révolution, il ne siégea pas à la Montagne : un congé, « antérieur au décret » dit le Moniteur, lui permit de ne pas prendre part au jugement de Louis XVI. Ses sympathies pour le parti de la Gironde l'obligèrent à donner sa démission de représentant (mai 1793). Il fut plus tard rappelé à la Convention (1795); mais ses travaux parlementaires s'y réduisirent à peu de chose : il faisait partie du comité d'instruction publique, et, en cette qualité, il proposa, le 3 brumaire an IV, de décréter que le sceau de la République serait « une ruche d'abeilles, et que cet emblème serait placé sur le frontispice de tous les édifices nationaux. » Barailon fit rejeter la motion par la question préalable, en observant que les abeilles étaient dans les armoiries de plusieurs rois de France de la première race, et que d'ailleurs les abeilles ne peuvent être l'emblème d'une république : « Ne sait-on pas qu'elles ont une reine, à laquelle toutes font leur cour ? »

Daubermesnil fut un membre plus actif du Conseil des Cinq-Cents, où il passa, comme ex-conventionnel, le 4 brumaire an IV. Il proposa des mesures pour rétablir le crédit des assignats, fit, le 7 floréal an IV, un rapport « sur les moyens de relever l'esprit public », et, le 17 du même mois, un autre concernant les détails d'une fête en l'honneur des victoires des armées françaises et des défenseurs morts pour la patrie. Il parla encore sur le code hypothécaire, sur l'hospice des Quinze-Vingts, sur les religionnaires fugitifs ; s'opposa à l'établissement d'un droit de passe sur les grandes routes ; fit accorder une pension à la mère d'Alba-Lasource ; combattit l'impôt sur le sel, déposa une motion sur les biens des émigrés, etc.

Sorti du Conseil à la suite du 18 fructidor an V, il y rentra, comme l'élu du département du Tarn, le 23 germinal an VI.

Daubermesnil se montra contraire au coup d'Etat de brumaire. Il fut, en conséquence, exclu du Corps législatif par Bonaparte, et condamné à être interné dans le département de la Charente-Inférieure ; mais cet arrêté fut presque aussitôt rapporté, Daubermesnil ayant été jugé peu dangereux. Il mourut peu de temps après, à Perpignan, où il s'était retiré.

Caractère bizarre et romanesque, Daubermesnil, qui se croyait le disciple et le continuateur des anciens mages, avait publié, en 1796, une curieuse brochure intitulée : le Culte des adorateurs de Dieu ; ce livre donna naissance à la secte des théophilanthropes, et son auteur forma lui-même, à Paris, un petit cénacle de sept à huit personnes qui se réunissaient rue du Bac pour se livrer à diverses cérémonies théurgiques. Au milieu de l'appartement, sur un trépied, était un brasier dans lequel chacun jetait un grain d'encens en entrant, et cette cérémonie se répétait de temps à autre, pendant la durée de la séance.

Date de mise à jour: octobre 2019