Pierre Delbrel

1764 - 1846

Informations générales
  • Né le 2 juillet 1764 à Moissac (Tarn-et-Garonne - France)
  • Décédé le 2 mars 1846 à Moissac (Tarn-et-Garonne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 6 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Lot
Groupe
Gauche
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 16 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Lot
Groupe
Gauche
Régime politique
Cent-Jours
Législature
Chambre des représentants
Mandat
Du 13 mai 1815 au 13 juillet 1815
Département
Tarn-et-Garonne

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-cents et représentant à la Chambre des Cent-jours, né à Moissac (Tarn-et-Garonne), le 3 juillet 1764, mort à Moissac, le 2 mars 1846, il était avocat à Moissac au moment de la Révolution.

Nommé procureur de la commune en 1791, il s'enrôla comme volontaire, en 1792, dans le 4e bataillon de la Moselle. Elu membre de la Convention, le 6 septembre 1792, par le département du Lot, le 9e sur 10, « à la pluralité des voix », il prit place parmi les modérés, et, dans le procès de Louis XVI, répondit, au 3e appel nominal: « Je vote pour la mort à condition que le jugement ne sera exécuté qu'après que la Convention aura pris des mesures de sûreté générale sur la famille des Bourbons. »

Membre du comité militaire, il fut envoyé en mission à l'armée du Nord; on dut la victoire d'Hondschoote (8 septembre 1793) à l'obstination avec laquelle il empêcha le général Houchard d'ordonner la retraite de l'armée, et au courage personnel qu'il montra pendant l'action, en entrant lui-même dans les retranchements anglais, à la tête de la division du général Jourdan, qui venait d'être grièvement blessé. Avec non moins d'énergie, il conduisit et réussit à faire entrer dans Cambrai assiégé six bataillons de secours, et un bataillon dans Bouchain, renfort qui sauva ces deux places.

Rappelé au bout de six mois d'absence, il fut immédiatement envoyé dans le midi pour y lever des chevaux et organiser la cavalerie, contribua, à l'armée des Pyrénées-Orientales, à la capitulation du fort de Bellegarde, et, à la mort du général Dugommier à Saint-Sébastien, prit le commandement, et prépara pour le général Pérignon, nommé à sa place, la victoire du 30 brumaire an III, qui amena la capitulation du fort de Figuières, la prise de Roses, et finalement la signature de la paix de Bâle avec l'Espagne (4 thermidor an III).

Le 24 vendémiaire an IV, Delbrel fut élu député du Lot au Conseil des Cinq-cents par 102 voix, et réélu, le 25 germinal an V, par 150 voix. Il y prit surtout la parole sur les questions militaires, fut le promoteur et le rapporteur de la loi du 19 fructidor an VI, qui établit la conscription militaire, combattit (25 thermidor) l'augmentation du traitement des députés aux Conseils, attaqua vivement (25 thermidor an VII) Lucien Bonaparte, qui, après avoir demandé la mise en jugement des ex-directeurs, Rewbell, Treilhard, Merlin et La Révellière-Lépeaux, traitait d'agents de l'étranger les membres qui persistaient dans cette première opinion, enfin, le 19 brumaire an VIII, monta le premier à la tribune, à Saint-Cloud, pour s'opposer au coup d'Etat de Bonaparte. Aussi fut-il, le même jour, exclu de la représentation nationale, et condamné (29 brumaire) à se rendre à La Rochelle pour être interné dans le département de la Charente-Inférieure. Mais il parvint à se cacher chez le général Murat, qui obtint, peu de temps après, sa mise en liberté.

Delbrel se retira alors à Moissac, et devint commandant de la garde nationale. Lors de la création du département de Tarn-et-Garonne (1808), il vint à Paris pour demander que Moissac fût un des chefs lieux d'arrondissement du nouveau département ; c'est à cette occasion qu'il fut nommé président du tribunal civil de Moissac. Le 13 mai 1815, son arrondissement l'élut représentant à la Chambre des Cent-jours, par 40 voix sur 44 votants et 116 inscrits. La loi du 12 janvier 1816 contre « les régicides » lui ayant été appliquée, il se retira en Suisse, à Lausanne d'abord, puis à Saint-Gall. Mais ses amis sollicitèrent pour lui une ordonnance de rappel, qui fut rendue le 11 mars 1818, en reconnaissant qu'il y avait eu fausse application de la loi de 1816. Ce fut le seul dédommagement qu'il reçut du gouvernement: il revint habiter Moissac, ou il vécut jusqu'à un âge avancé, étranger à la politique.


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