Philippe, Charles, François Seguin

1741 - 1812

Informations générales
  • Né le 17 janvier 1741 à Besançon (Doubs - France)
  • Décédé le 23 janvier 1812 à Vaivre (Haute-Saône - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 5 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Doubs
Groupe
Modérés
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 13 octobre 1795 au 20 mai 1798
Département
Doubs
Groupe
Modérés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, né à Besançon (Doubs) le 17 janvier 1741, mort à Vaivre (Haut-Saône) le 23 janvier 1812, il entra dans les ordres.

Il était chanoine à Besançon lors de la Révolution, dont il embrassa avec ardeur les principes. Vice-président de l'administration départementale du Doubs, évêque constitutionnel du département (février 1791), il fut élu, le 5 septembre 1792, député du Doubs à la Convention, le 3e sur 6, par 230 voix (329 votants), Seguin siégea parmi les modérés et répondit au 3e appel nominal dans le procès du roi :

« Louis Capet, incontestablement, s'est rendu coupable de haute trahison et de conspiration contre l'Etat. Obligé de répondre à la question : quelle est la peine que Louis doit subir ? je réponds d'abord que je ne partage point l'opinion de ceux qui croient devoir le condamner à mort. Je sais que c'est la peine prononcée par la loi contre tous les conspirateurs, et que de bien moins coupables que Louis y ont été condamnés. Mais, 1° cette loi est-elle applicable à Louis ? Et devons-nous ici, pouvons-nous même prononcer comme juges ? Je ne le pense pas.

« Si vous condamnez Louis à mort, ma crainte est que, loin de servir la nation française par ce grand acte de vengeance, vous ne serviez au contraire, contre elle, tous les despotes de l'Europe ; que leur donnant un nouveau prétexte de nous calomnier avec plus de fondement et d'avantages auprès des peuples, et s'armer d'une manière plus terrible contre notre liberté ; que vous ne serviez en même temps les projets de quelques ambitieux cachés qui n'attendent peut-être que ce montent et d'autres événements qu'ils peuvent faire naître, pour tenter de relever le trône, et de s'y placer eux-mêmes.

« Cette crainte peut-elle ne pas paraître au moins fondée, quand nous nous voyons environnés d'hommes achetés pour influencer, par leurs menaces surtout, le jugement à porter sur le ci-devant roi ? Sans doute, si, après un jugement à mort, quelques ambitieux osent se montrer, si les despotes de l'Europe coalisés tentaient quelque invasion nouvelle sur le territoire de la république, les Français, incapables de reprendre leurs fers, sauront par leur énergie et leur courage les faire repentir bientôt, les uns et les autres, de leur témérité et de leur audace.

« Mais est-ce donc un vœu encore à former pour le peuple français, que de nouvelles victoires ? Aurions-nous déjà oublié ce que les premières nous ont coûté de victimes ? Au moins cette considération mérite d'être pesée; car de quel danger pourrait être l'existence d'un ci-devant roi, devenu l'homme le plus méprisé et le plus avili ?

« J'ajoute que l'existence de Louis, en même temps qu'elle serait pour tous les despotes un exemple infiniment plus terrible que ne pourrait être sa mort, peut être au contraire utile à la nation, en lui servant d'otage et d'un garant de la paix.

« D'après ces considérations, je vote pour la réclusion de Louis Capet pendant tout le temps de la guerre, et le bannissement après le rétablissement de la paix. »

Il vota en outre pour l'appel au peuple et pour le sursis.


Réélu, le 21 vendémiaire an IV, député du même département au Conseil des Cinq-Cents, par 144 voix (220 votants), il en sortit en l'an VII, et ne reparut plus sur la scène politique.