Jacques, Louis, Narcisse, Fortuné Taveau

1755 - 1820

Informations générales
  • Né le 29 octobre 1755 à Honfleur (Calvados - France)
  • Décédé le 7 novembre 1820 à Vaugirard (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 7 septembre 1792 au 26 octobre 1795
Département
Calvados
Groupe
Modérés

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

membre de la Convention, né à Honfleur (Calvados) en 1756, mort à Vaugirard (Seine) le 7 novembre 1820, était négociant à Honfleur lors de la Révolution. Il en adopta les principes, devint (1790) administrateur du département, et fut élu, le 7 septembre 1792, membre de la Convention par le département du Calvados, le 8e sur 13, par 465 voix (622 votants). Dans le procès du roi, il se prononça, au premier appel nominal, pour la culpabilité de Louis XVI, en disant: « Louis a attiré nos ennemis; ils ont ravagé nos frontières, cinquante mille Français ont perdu la vie; je déclare Louis coupable. » Au 2e appel nominal: « Je respecte la liberté des opinions; je ne crois pas qu'on puisse faire l'injustice à aucun de nous de croire qu'ils peuvent influencer la liberté de leurs collègues, les forcer de penser de telle ou telle manière: ils sont bien faibles ceux-là qui, par leurs personnalités et leurs sottises, penseraient pouvoir y réussir; ils ne se rendent pas justice, ils ne me la rendent pas à moi-même. Je crois que, quelque parti que nous prenions, il y aura des inconvénients, mais le me plais à rendre hommage à la souveraineté du peuple : je dis oui. » Au 3e appel : « Il faut prouver aux rois qui règnent encore pour le malheur des peuples, que leurs têtes peuvent tomber sous la hache des lois comme sous la faux de la mort. Nous avons déclaré à l'unanimité Louis convaincu du crime de haute trahison. Ce crime mérite la mort; mais, après l'avoir prononcée, gardons-le comme un otage, et suspendons l'exécution jusqu'au moment où les ennemis tenteraient une invasion sur notre territoire. Mon opinion n'a de force que parce qu'elle est indivisible.» Taveau vota généralement avec le parti modéré, puis il demanda la suppression des commissions exécutives, prit la défense de Garat et de Robert Lindet attaqués par André Dumont, et se trouva que peu compromis dans la correspondance de l'agent royaliste Lemaître; mais l'affaire n'eut pas de suites. Après la session conventionnelle, il refusa d'être député de Saint-Domingue. Au 18 brumaire, il fut nommé messager d'Etat au Tribunat puis au Corps législatif. Il occupait encore cet emploi en 1814, et, à la rentrée des Bourbons, il adressa à la Chambre un mémoire sur les moyens d'éclairer le peuple et de lui démontrer les bienfaits de la Restauration. Aux Cent-Jours, il signa l'Acte additionnel pour conserver sa retraite, et tomba ainsi sons le coup de la loi du 12 janvier 1816 contre les régicides. Il obtint d'abord un sursis pour « empêchement physique» (dartre générale) jusqu'au 15 mai 1816, et partit alors pour la Belgique, où il vécut dans l'indigence aux environs de Bruxelles. Sur sa demande, le roi lui accorda la permission de rentrer, le 1er avril 1818; mais la maladie l'empêcha de profiter immédiatement de cette grâce; il ne put revenir en France qu'en septembre suivant, et mourut deux ans après.