Michel, Louis Talot

1755 - 1828

Informations générales
  • Né le 22 août 1755 à Cholet (Maine-et-Loire - France)
  • Décédé le 12 juin 1828 à Cholet (Maine-et-Loire - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Révolution
Législature
Convention nationale
Mandat
Du 8 septembre 1793 au 26 octobre 1795
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Montagne
Régime politique
Révolution
Législature
Conseil des Cinq-Cents
Mandat
Du 26 octobre 1795 au 26 décembre 1799
Département
Maine-et-Loire
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Membre de la Convention, député au Conseil des Cinq-Cents, né à Cholet (Maine-et-Loire) le 22 août 1855, mort à Cholet le 12 juin 1828, il étudia le droit et devint en 1784 agréé au tribunal de commerce d'Angers.

Partisan de la Révolution, il fut nommé commandant d'un bataillon de la garde nationale de cette ville, membre du conseil général de Maine-et-Loire, et juge au tribunal de première instance. Elu, le 7 septembre 1792, quatrième député suppléant de Maine-et-Loire à la Convention par 357 voix (566 votants, 645 inscrits), il ne fut admis à siéger que le 8 septembre 1793, en remplacement de Pilastre de la Brardière démissionnaire.
Secrétaire de la Convention le 8 pluviôse an III, il alla en mission à l'armée de Sambre-et-Meuse, signa la capitulation de Luxembourg, et se montra opposé à la politique des sections de Paris (août 1795). Il sollicita ensuite la création d'un conseil de guerre pour juger les émigrés qui seraient arrêtés à Paris; puis fut envoyé dans le Pas-de-Calais pour y organiser les administrations. De retour à Paris, il prit devant le conseil de guerre la défense du général Menou, son ancien compagnon d'armes, mis en jugement à la suite du 13 vendémiaire, et obtint son acquittement.

Le 4 brumaire an IV, Talot fut appelé par ses collègues de la Convention à siéger au Conseil des Cinq-Cents. Il défendit le projet qui astreignait les représentants au serment de haine à la royauté, provoqua la peine de la déportation contre les déprédateurs des mandats, et, le 5 brumaire an V, parla contre les journalistes : « Je viens, dit-il, attaquer les vrais assassins de la patrie; je viens dénoncer une trentaine de gredins qui s'emparent de l'opinion publique et déchirent chaque jour le gouvernement. Les clubs ont rendu des services dans les commencements de la Révolution, bientôt ils ont fini par se corrompre et par devenir dangereux: eh bien chaque Journal est un club ambulant prêchant la révolte et la désobéissance aux lois. Il est impossible qu'un gouvernement subsiste et rétablisse l'ordre au milieu d'éléments aussi destructeurs. Il faut une loi qui réprime la liberté de la presse, ou bien permettre à chacun de se servir de la même liberté pour presser les omoplates de son calomniateur. » Il défendit le Directoire, reprocha à Aubry d'avoir destitué Bonaparte et Masséna, et, à la suite du 18 fructidor, fut nommé membre de la commission provisoire des inspecteurs. Il s'associa aux mesures prises à cette époque contre le parti royaliste, fut secrétaire des Cinq-Cents, et combattit le projet de Malibran accordant 300,000 francs au général Bonaparte. Il fit ensuite fixer par une loi l'enceinte constitutionnelle du corps législatif. Ayant obtenu sa réélection, le 23 germinal an VI, comme député de Maine-et-Loire, par 137 voix (268 votants, 288 inscrits), il se jeta dans l'opposition, reprocha à Lecointe-Puyraveaux son opinion contre la liberté de la presse et l'appela ironiquement le « procureur-général syndic du Directoire ». Il contribua, avec le parti démocratique, à écarter du Directoire Treilhard, La Revellière et Merlin, fut un des orateurs assidus de la réunion jacobine du Manège, protesta, dans la séance extraordinaire du 19 brumaire à Saint-Cloud, contre la nomination de Bonaparte au commandement des troupes qui entouraient le corps législatif, et exhorta, ses collègues à la résistance.

Talot fut arrêté et incarcéré à la Conciergerie, d'où la protection de Bernadotte le tira. Mais ayant continué de manifester des sentiments hostiles au gouvernement consulaire, il fut inscrit sur la liste des déportés de nivôse, échappa d'abord aux arrestations, puis fut découvert et enfermé au Temple. De cette prison, il écrivait à Fouché, le 17 nivôse an IX: « J'ai demandé plusieurs fois de reprendre mon rang dans les armées : au lieu de partager les lauriers, je ne partage ici que les fers. Des intérêts de famille m'appellent dans mon département. » On lui permit de s'y rendre après quatorze mois de détention. Remis en activité, comme adjudant commandant le 4 frimaire an X, il fut employé à l'armée de Saint-Domingue. En 1809, Il fit partie de l'armée destinée à repousser, sous les ordres de Bernadotte, les Anglais qui s'étaient emparés de l'île de Walcheren, et servit en qualité de chef d'état-major de la division qui occupait l'île de Cadsant. Réformé lors de la réunion de cette armée à celle d'Anvers, il rentra définitivement dans ses foyers.

Date de mise à jour: décembre 2018