Jules Cels-Couybes

1865 - 1938

Informations générales
  • Né le 18 novembre 1865 à Figeac (Lot - France)
  • Décédé le 24 octobre 1938 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
Xe législature
Mandat
Du 8 mai 1910 au 31 mai 1914
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIe législature
Mandat
Du 26 avril 1914 au 7 décembre 1919
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Gauche radicale
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIIe législature
Mandat
Du 16 novembre 1919 au 31 mai 1924
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Parti radical et radical socialiste
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
XIVe législature
Mandat
Du 29 avril 1928 au 31 mai 1932
Département
Lot-et-Garonne
Groupe
Gauche radicale

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 18 novembre 1865 à Figeac (Lot), mort le 24 octobre 1938, à Paris.

Député du Lot-et-Garonne de 1910 à 1924 et de 1928 à 1932. Sous-Secrétaire d'Etat à la Marine de guerre du 17 novembre 1917 au 19 novembre 1918. Sous-Secrétaire d'Etat aux Travaux publics et Transports et à la Marine marchande du 19 novembre 1918 au 18 janvier 1920.

Né Cels et devenu Couybes 34 ans plus tard, après une légitimation tardive, Jules Cels, qui ne porta jamais d'autre nom que celui-ci, fit ses études primaires à l'école laïque d'Agen. Son père nourricier, Joseph Couybes, était homme d'équipe à la gare d'Agen et sa mère, Marie Cels travaillait à la journée.

Ayant obtenu une bourse municipale au lycée de garçons, qui devait devenir le lycée Bernard Palissy, il y termina ses études secondaires puis entra, après concours, dans l'administration des Ponts et Chaussées.

M. Nègre, ingénieur des travaux publics de l'Etat, qui l'avait à son service, remarqua ses étonnantes facultés mathématiques, et le signala aussitôt à son ingénieur en chef. Ce dernier et un prêtre lui donnent des leçons particulières et parlent de cet élève exceptionnel au maire d'Agen de l'époque, M. Jean-Baptiste Durand, qui l'envoie comme boursier au lycée de Bordeaux, en mathématiques spéciales. Il prépare les concours d'entrée à l'Ecole Polytechnique et à l'Ecole Normale supérieure et est reçu aux deux en même temps. Il opte pour Normale et en sort le n° 1, agrégé de mathématiques. Enfin, en 1891, il devient docteur ès sciences avec une thèse sur Les équations différentielles linéaires ordinaires.

Professeur au lycée Condorcet en 1902, puis au lycée Louis-le-Grand, la politique l'attire ; il songe à la députation, mais veut être député d'Agen. Agen n'est pas sa ville natale mais celle de tous ses souvenirs d'enfance, c'est la ville selon son cœur. Il se présente aux élections générales législatives des 27 avril et 11 mai 1902 sous l'étiquette de radical-socialiste contre M. Philippe Dauzon déjà député depuis 1893. Il n'obtient que 4.863 voix au premier tour de scrutin et se désiste en sa faveur au deuxième tour. Il échoue de la même façon aux élections générales des 6 et 20 mai 1906, avec 4.753 voix au premier tour et se désiste au deuxième en faveur de son même concurrent M. Philippe Dauzon. Mais au renouvellement des 24 avril et 8 mai 1910, il est élu au deuxième tour de scrutin, avec 9.707 voix contre 7.153 à M. le docteur Delcros, sur 17.005 votants. Il avait créé au début de cette campagne son journal électoral Le Citoyen libre dont le siège social se trouvait 5, rue de la Fédération à Agen, aujourd'hui rue Jules-Cels.

Dans sa profession de foi, il s'élevait contre l'indemnité parlementaire de 15.000 francs, contre la politique de gaspillage de la précédente législature et s'inquiétait de l'état lamentable de notre marine de guerre en face de l'accroissement de celle de l'Allemagne. Il se prononçait pour le scrutin de liste avec représentation proportionnelle, pour l'impôt sur le revenu, pour les retraites ouvrières et paysannes.

Inscrit au groupe de la gauche radicale et membre de diverses commissions, notamment de celle d'assurance et de prévoyance sociales et de celle des affaires extérieures, des protectorats et des colonies, il déposa une proposition de loi tendant à établir le scrutin de liste avec représentation proportionnelle (1910) et fut chargé de rapporter le projet de loi concernant le contrôle des sociétés d'assurance sur la vie (1914). Il participa en outre à la discussion : des budgets de l'agriculture, du travail et de la prévoyance sociale de l'exercice 1911, des budgets des finances, du travail et de la prévoyance sociale et des services pénitentiaires de l'exercice 1912, du projet et des propositions de loi relatifs à la réforme électorale (1911, 1912, 1913), des interpellations sur les causes de la catastrophe de Melun (1913) et du projet de loi sur la construction du port de Papeete (1914).

Aux élections générales du 26 avril 1914, il retrouva son siège au premier tour de scrutin, par 8.535 voix contre 6.865 à M. Laboulbène maire d'Agen, sur 17.261 votants. Son programme électoral s'orientait vers une politique de défense agricole, la création de l'impôt sur le revenu, le capital et la richesse acquise, et le contrôle des dépenses. « Il faut établir un organe spécial de contrôle des dépenses, sévèrement armé, investi de tous pouvoirs, analogue au fameux bureau de comptabilité qui faisait trembler les ordonnateurs de dépenses sous la Révolution », affirmait-il.

Inscrit au groupe radical-socialiste, et siégeant à la Commission d'assistance et de prévoyance sociales, et à la Commission de la marine, il fut nommé, en 1917, membre du Comité consultatif des entreprises de capitalisation et d'épargne. Il intervint au cours de la discussion du budget de l'exercice 1914 et des propositions de résolution sur l'organisation du contrôle aux armées (1915), et il demanda à plusieurs reprises à interpeller le Gouvernement sur la guerre navale et particulièrement la guerre sous-marine (1915 et 1917).

A la suite de Georges Leygues, auquel il resta attaché toute sa vie, il entra dans le deuxième Cabinet Clemenceau, le 17 novembre 1917 comme Sous-Secrétaire d'Etat à la marine de guerre d'abord, et partir du 19 novembre 1918, comme Sous-Secrétaire d'Etat aux travaux publics et aux transports. En cette qualité, il soutint, en 1918, les cahiers de crédits concernant les dépenses militaires et l'utilisation des voies navigables, et, en 1919, ceux relatifs aux transports. Il répondit aux interpellations sur la crise de la vie chère en 1919 et intervint au cours de la discussion des projets de loi sur la crise des transports, sur les chemins de fer, sur l'utilisation de l'énergie hydraulique, les travaux d'aménagement du Rhône, et l'énergie électrique dans les régions libérées (1919).

Sa conduite de la guerre sous-marine, de 1917 à 1918, lui avait valu les félicitations publiques de Clemenceau.

C'est avec l'autorité s'attachant à ses fonctions ministérielles, qu'il se représenta aux élections générales du 16 novembre 1919, qui eurent lieu au scrutin de liste. Il fut réélu à la plus forte moyenne par 25.194 voix, sur 58.160 votants, deuxième de la liste d'Union des républicains pour le relèvement national, conduite par Georges Leygues. La liste adverse, patronnée par le parti socialiste n'eut aucun élu. L'Union des républicains se prononçait pour le travail dans la paix, l'ordre et la liberté, pour le maintien des alliances avec les Etats-Unis et la Grande-Bretagne, pour la poursuite du programme de Clemenceau, et déclarait : « Nous répudierons et nous combattrons sans répit le bolchevisme sous toutes ses formes. » Cette période marqua l'apogée de sa carrière politique : il était à la fois maire et député, président du Conseil général du Lot-et-Garonne où il représentait le canton Port-Sainte-Marie, et Ministre. Toujours inscrit au groupe radical-socialiste, il siégea, après la démission du Ministère Clemenceau, le 18 janvier 1920, qui le ramena à son banc de député, à la Commission de la marine militaire, à celle des travaux publics et des moyens de communication, à celle des spéculations de guerre et fut également nommé membre du Comité consultatif des forces hydrauliques. Il se fit entendre au cours de la discussion : d'une interpellation sur la crise du charbon (1920), du budget des chemins de fer de Paris-Orléans de l'exercice 1920, du budget de la marine militaire de l'exercice 1921, du budget des finances de l'exercice 1923 pour plaider la cause du personnel des manufactures de tabac, du projet de loi sur la distribution de l'électricité dans les campagnes (1923), du projet de loi concernant le régime fiscal du petit commerce et de la petite industrie (1924), et du projet de loi relatif au régime des retraites des ouvriers de l'Etat (1924).

Aux élections sénatoriales du 6 janvier 1924, il pose sa candidature, mais la liste composée de MM. Carrère, Laboulbène et Marraud, l'emporte sur la sienne. Il subit également un échec aux élections générales législatives du 11 mai 1924, deuxième de la liste conduite par Georges Leygues qui fut seul élu. Il n'obtint que 22.896 voix, sur 63.185 votants.

Mais il prend sa revanche au renouvellement des 22 et 29 avril 1928, qui marquent le retour au scrutin d'arrondissement, et retrouve son siège de député d'Agen au deuxième tour de scrutin, par 8.449 voix contre 6.593 à M. Philippot sur 15.552 votants. Son programme électoral comportait l'appui total à l'œuvre de redressement financier de Raymond Poincaré, recommandait la poursuite de l'électrification des campagnes et la participation des travailleurs à la gestion et au bénéfice des entreprises. Il proclamait : « Je suis toujours un républicain radical indéfectible... mais qui n'est nullement disposé à céder devant les sommations et les menaces de Léon Blum et de Marcel Cachin. »

Inscrit au groupe de la gauche radicale, et siégeant à la Commission d'assurance et de prévoyance sociales, et à la Commission des travaux publics et des moyens de communication, il déposa plusieurs propositions de loi tendant : à dégrever les petits commerçants et industriels et les cultivateurs, d'une partie de leurs charges fiscales (1929), à créer une Caisse autonome des assurances sociales (1929) et à venir en aide aux agriculteurs du Lot-et-Garonne (1929 et 1931) ; il fut chargé de rapporter le projet de loi sur les accidents causés aux personnes par les automobiles (1931), et se fit entendre au cours de la discussion : du budget de l'exercice 1929 pour condamner l'impôt sur les salaires, du budget de l'agriculture de l'exercice 1930, du budget de l'exercice 1931 pour donner son point de vue sur la gratuité de la classe de 5e de l'enseignement secondaire, de la loi de finances de l'exercice 1932 et des projets de loi : sur le commerce des blés (1929 et 1930), sur les droits de douane appliqués aux sucres (1929), et il demanda à plusieurs reprises à interpeller le Gouvernement sur sa politique agricole (1929 et 1931).

Aux élections générales des 1er et 8 mai 1932, il échoua, n'obtenant au deuxième tour de scrutin que 6.731 voix contre 9.204 à M. Gaston Martin, professeur d'histoire, qui lui succéda.

Il tenta en vain sa chance aux élections générales des 26 avril et 3 mai 1936, qui marquèrent le succès du front populaire. Il n'obtint, au premier tour de scrutin que 2.528 voix, contre 3.962 à M. Robert Philippot, et se retira avant le deuxième tour.

Ayant abandonné la vie politique, il mourut à Paris, deux ans plus tard, le 24 octobre 1938, âgé de 73 ans.