François, Marie Agier

1780 - 1848

Informations générales
  • Né le 8 juillet 1780 à Saint-Maixent (Deux-Sèvres - France)
  • Décédé le 16 mars 1848 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 25 février 1824 au 5 novembre 1827
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Centre droit
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 16 mai 1830
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Centre droit
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 juin 1830 au 31 mai 1831
Département
Deux-Sèvres
Groupe
Centre droit
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Deux-Sèvres

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Fils de Charles Guy François Agier qui fut député aux Etats généraux, député des Deux-Sèvres, né à Saint-Maixent (Deux-Sèvres), le 8 juillet 1780 « du mariage légitime de Maître Charles Guy François Agier, licencié ès lois et de dame Marie Anne Boutet », mort à Paris, le 16 mai 1848, il fut, après de brillantes études, désigné comme sujet d'élite par son département, et vint à Paris suivre les cours de jurisprudence et d'économie politique de l'Académie de législation.

N'étant encore qu'élève de cette Académie, lors du procès du général Moreau, il apprit qu'un des coaccusés, Troche, n'avait pas de défenseur ; il s'offrit et eut le bonheur de sauver son client. En 1808, présenté simultanément comme candidat à une place de conseiller auditeur aux cours impériales de Poitiers et de Paris, il fut nommé à cette dernière cour; deux ans après, il y remplissait les fonctions de substitut du procureur général.

À la rentrée des Bourbons, Agier se mit à la tête des manifestations royalistes. Le 1er avril 1814, on le vit, suivi d'une troupe de jeunes gens, parcourir les rues de Paris avec des drapeaux blancs. Arrivé à la place Louis XV, Agier arrêta la colonne et s'écria : « À genoux, Messieurs, sur cette place où Louis XVI fut rendu à la vie immortelle ! À genoux devant Dieu, qui seul a pu produire le miracle de notre délivrance ! »

Nommé capitaine d'une compagnie de volontaires royaux, il continua d'affirmer son zèle légitimiste ; l'Acte additionnel aux constitutions de l'Empire n'eut pas son adhésion, il refusa de s'associer à l'adresse que la Cour de Paris voulait envoyer à Napoléon après le 20 mars ; l'inamovibilité le tint à l'abri d'une révocation. En 1816, Agier compta parmi les plus ardents des « ultras » royalistes. Président de la Société secrète des « Francs régénérés, » que le garde des sceaux dut dissoudre, il collabora ensuite activement à la rédaction du Conservateur. Destitué, à cause de l'exaltation de ses opinions, par le ministère modéré du duc Decazes, il quitta pour quelque temps la Cour de Paris, puis y rentra bientôt sur une demande en réintégration adressée par ce corps au ministre de la Justice (1822).

Nommé président du collège électoral de Parthenay en 1824, Agier, candidat du gouvernement, fut élu, le 25 février, député du 1er arrondissement des Deux-Sèvres (Parthenay), par 286 voix contre 18 données à M. Gilbert des Voisins et 13 à M. d'Abbadie. Il prit place au centre droit. À la mort de Louis XVIII, survenue la même année, il participa activement aux démonstrations du parti royaliste en l'honneur de la mémoire du roi défunt. En même temps, de concert avec le marquis de Roussy, préfet des Deux-Sèvres, il provoqua une souscription pour élever un monument aux vaincus de Quiberon. Mais, un peu plus tard, des missionnaires ayant organisé à Niort un grand jubilé, où figurèrent huit mille personnes, et qui produisit dans tout le pays une vive agitation, Agier se fit à la Chambre l'écho de certaines inquiétudes locales, et attaqua nettement la congrégation.

En 1827, à la présentation par M. de Villèle de la nouvelle loi sur la presse, dite loi d'amour, Agier parla le premier contre la loi, dans la séance du 13 février. « La France, dit-il, retrouvant ses princes légitimes, retrouva sa voix et ses libertés; voilà pourquoi elle salua la Restauration avec transport! Quel homme de bonne foi, quel sujet fidèle ne serait pas ému d'une profonde douleur, en comparant ces ravissants souvenirs avec la route dans laquelle on s'est si imprudemment engagé. On veut conduire les choses comme on eût pu le faire il y a quatre siècles, et on ne voit pas que tout est changé sur la surface du globe... »
Il concluait : « Quant à moi, le projet de loi me paraissant contraire à la Charte, au droit commun, à la plus précieuse de nos libertés, à la sûreté de la monarchie et aux intérêts de la propriété et de l'industrie, je vote son rejet. » Agier venait de rompre ainsi définitivement avec les ultras.

Réélu aux élections générales du 17 novembre 1827 par 164 voix seulement contre 118 données à M. d'Abbadie, il ne dut cette fois son succès qu'à l'appui de la puissante Société libérale : Aide-toi, le ciel t'aidera.

Vice-président de la Chambre des députés en 1828, sous le ministère Martignac, Agier groupa autour de lui une trentaine de ses collègues et disposa avec eux de la majorité. Lors de la discussion de l'adresse en réponse au discours de la Couronne, c'est à l'initiative du « parti Agier » que les « ultras » appelaient le « parti de la défection », que fut due l'adoption de cette phrase : « Les plaintes de la France ont repoussé le système déplorable qui a rendu illusoires les promesses de Votre Majesté. »

Le 8 août 1829, à l'arrivée de M. de Polignac au pouvoir, Agier, qui avait été nommé conseiller d'Etat l'année d'avant, s'empressa de donner sa démission.

Agier vota l'adresse des 221 et, dans sa discussion, le 15 mars 1830, prononça un discours extrêmement hostile au cabinet.

Les élections du 23 juin 1830, qui suivirent la dissolution prononcée par le ministère, ayant conféré à Agier un nouveau mandat, cette fois pour l'arrondissement de Bressuire, par 225 voix contre 131 à M. d'Abbadie, il vint reprendre sa place au Centre droit.
Le 31 juillet, il se trouva parmi les députés présents à Paris qui, au nombre de 91, proclamèrent la régence du duc d'Orléans.
Agier ne fut pas réélu à la Chambre de 1831 : il n'y rentra qu'aux élections du 21 juin 1834, par 89 suffrages contre 72 à M. Desgrange. Il se présenta sans succès aux élections du 4 novembre 1837 et du 2 mars 1839.

Agier était chevalier de la Légion d'honneur depuis 1816; il avait commandé, comme colonel, de 1824 à 1827, la 12e légion de la garde nationale parisienne.

Date de mise à jour : octobre 2015