Marc, Jean Demarçay

1772 - 1839

Informations générales
  • Né le 11 août 1772 à Martaizé (Vienne - France)
  • Décédé le 21 mai 1839 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IIe législature
Mandat
Du 11 septembre 1819 au 9 mai 1823
Département
Vienne
Groupe
Extrême-gauche
Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 21 avril 1828 au 16 mai 1830
Département
Seine
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 12 juillet 1830 au 31 mai 1831
Département
Seine
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 25 mai 1834
Département
Vienne
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Vienne
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IVe législature
Mandat
Du 4 novembre 1837 au 2 février 1839
Département
Vienne
Groupe
Gauche
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 2 mars 1839 au 21 mai 1839
Département
Vienne
Groupe
Gauche

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1819 à 1823, et de 1828 à 1839, né à Martaizé (Vienne) le 11 août 1772, mort à Paris le 21 mai 1839, il suivit la carrière des armes, et fut nommé capitaine d'artillerie le 30 septembre 1793.

Il fit les campagnes d'Italie, d'Allemagne, de Hollande et d'Egypte, parvint au grade de colonel, commanda, en 1802, le 5e d'artillerie au camp de Boulogne, fut nommé membre de la Légion d'honneur le 19 frimaire an XII, puis officier du même ordre, se distingua à Austerlitz où il fut promu commandeur de l'ordre, devint directeur de l'Ecole de Metz, et fut envoyé en 1807 en Hollande avec le grade de major-général, premier inspecteur de l'artillerie et du génie. Appelé en Espagne en 1808, il fut, la même année (10 septembre), créé baron de l'Empire, et sollicita bientôt sa retraite, à laquelle il fut admis (25 janvier 1810), comme général de division.

Il revint alors se fixer dans la Vienne, s'occupa d'agriculture, et fut nommé, en 1815, colonel de la garde nationale de Poitiers.

Le 11 septembre 1819, le collège de département de la Vienne l'élut député par 496 voix sur 924 votants et 1 193 inscrits ; il prit place à l'extrême gauche, à côté de La Fayette ; soutint la validité de l'élection de l'abbé Grégoire ; refusa de donner au gouvernement une preuve de confiance en votant les six douzièmes provisoires demandés par le ministre des finances (24 décembre 1819) ; déposa (janvier 1820) une proposition tendant à faire convoquer les collèges de quatre départements dont la députation était incomplète ; combattit les projets contre la liberté individuelle et contre la liberté de la presse présentés après l'assassinat du duc de Berry ; et, le 7 mars 1820, dit : « Je ne suis pas venu ici pour défendre les intérêts du trône, mais ceux du peuple... Je ne suis point inquiet, au reste, sur le résultat de la lutte que vous engagez aujourd’hui : je n'ai aucune crainte sur le sort de la liberté, mais ce choc qui en résultera m’épouvante. » Il demanda le maintien de la loi électorale, approuva la motion de Manuel pour une adresse au roi réclamant le changement des ministres, et protesta contre les excès commis par les troupes lors des troubles provoqués par la discussion de la nouvelle loi électorale. À la séance du 20 mars 1821, M. de Villèle, député, ayant dit que « la révolution n'était pas encore vaincue, et qu'elle s'agitait toujours », le général Demarçay se plaignit âprement du rétablissement des congrégations, des majorats, du retour des Jésuites, et des menaces incessantes contre les détenteurs de biens nationaux. Un de ses collègues, M. Josse-Beauvoir l'interrompit par ces mots : « Ce sont des sottises, vous mentez. » Un duel au pistolet eut lieu le lendemain, au bois de Boulogne ; M. Josse-Beauvoir tira le premier et manqua son adversaire ; M. Demarçay tira en l'air. Au moment de l'expulsion de Manuel (1823), il s'élança à la tribune, et s'écria : « Je déclare à mes commettants que je ne puis plus les défendre au sein d'une assemblée où dominent les éternels ennemis de la France. »

Le ministre empêcha sa réélection aux élections de 1824 ; il ne reparut à la Chambre que le 21 avril 1828, élu dans le 2e arrondissement de Paris par 616 voix sur 1 145 votants, contre MM. Lahure 185 voix, Ardoin 156, André 92, et Pichon 56. Il reprit sa place à gauche, fut des 221, et fut réélu, le 12 juillet 1830, par 1 133 voix sur 1,253 votants, contre M. Sanlot-Baguenault 104 voix.

Il redevint député de la Vienne (3e collège électoral, Civray), le 5 juillet 1831, par 137 voix sur 183 votants et 265 inscrits. Il avait commencé par soutenir le gouvernement de Juillet, mais il se rangea bientôt de nouveau dans l'opposition de gauche contre les ministères de résistance qui se succédèrent au pouvoir, et continua son opposition durant les législatures suivantes, ayant été successivement réélu :
- le 21 juin 1834 par 152 voix sur 186 votants et 267 inscrits, contre 15 voix à M. de Châteaubriand ;
- le 4 novembre 1837, par 123 voix sur 186 votants et 249 inscrits ;
- le 2 mars 1839 par 143 voix sur 189 votants et 251 inscrits.

Il mourut deux mois après cette dernière élection, et fut remplacé par M. Bonnin. Il était depuis longtemps conseiller général de la Vienne.