Edmond, Louis, Alfred Charpentier

1858 - 1928

Informations générales
  • Né le 20 décembre 1858 à Limoges (Haute-Vienne - France)
  • Décédé le 21 décembre 1928 à Saint-maur-des-fossés (Val-de-Marne - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 3 septembre 1893 au 31 mai 1898
Département
Loire
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
VIIIe législature
Mandat
Du 11 mai 1902 au 31 mai 1906
Département
Loire
Groupe
Socialistes parlementaires
Régime politique
Troisième République - Chambre des députés
Législature
IXe législature
Mandat
Du 6 mai 1906 au 31 mai 1910
Département
Loire
Groupe
Socialistes parlementaires

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1889 à 1940 (Jean Jolly)

Né le 20 décembre 1858 à Limoges (Haute-Vienne), mort le 21 décembre 1928 à Saint-Maur-des-Fossés (Seine).

Député de la Loire de 1893 à 1898 et de 1902 à 1910 Après avoir fait ses études classiques au Lycée de Grenoble, Edmond Charpentier fit son droit à Paris et à Lyon.

Clerc d'avoué pendant trois ans, de 1882 à 1885, il s'inscrivit au barreau de Lyon le 31 décembre 1885.

Syndicaliste convaincu et ayant le goût de l'action sociale qualifiée à cette époque de quelque peu révolutionnaire, il fut délégué au Congrès national du parti ouvrier tenu à Lyon et ensuite à Nancy. Il fut élu conseiller municipal de Lyon en 1888 et à ce titre se fit le défenseur des intérêts ouvriers : il encouragea les syndicats, les bourses du travail, demanda la suppression des octrois, la diminution des heures de travail, se montra partisan de l'assistance ouvrière, de la rétribution des fonctions électives et de l'autonomie communale.

Comme avocat, il plaida plusieurs affaires relatives à des grèves ou à des manifestations publiques. Il devint le Conseil de diverses chambres syndicales et obtint un certain nombre de décisions favorables aux ouvriers, par application de la loi de 1884 sur les syndicats professionnels. Il intervint dans de nombreux litiges contre des propriétaires de bureaux de placement qui avaient enfreint les règlements administratifs et obtint, contre eux, des amendes et des dommages-intérêts. Il défendit encore les grévistes de Rive-de-Gier. Il fut un des fondateurs et des collaborateurs du journal Le Peuple, de Lyon.

Ayant donné sa démission du Conseil municipal en 1892, il transporta son cabinet d'avocat à Saint-Etienne et se présenta l'année suivante, comme candidat de l'Union socialiste (républicains socialistes et parti ouvrier réunis) aux élections générales législatives des 20 août et 3 septembre, dans la troisième circonscription de Saint-Etienne. Son programme comprenait notamment la révision de la Constitution, l'autonomie communale, la rétribution de toutes les fonctions électives, la suppression des gros traitements, le mandat impératif reconnu par la loi, la réduction de la journée de travail, la suppression du privilège de la Banque de France, l'annulation de tous les contrats ayant aliéné la propriété publique (chemins de fer, mines, canaux, etc.) principes qu'il avait déjà défendus en partie, en tant que conseiller municipal. Il fut élu au deuxième tour de scrutin, par 5.040 voix contre 4.815 à M. Soulenc et 4.718 à M. Dequaire, sur 14.620 votants.

Inscrit au groupe républicain radical puis à celui des socialistes parlementaires, il appartint à diverses commissions spéciales. Il fit preuve, dès ses premiers contacts avec la Chambre, d'une très grande activité. Auteur de deux propositions de loi tendant, l'une à modifier la loi du 29 juin 1894 sur les caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs (1896), l'autre à instituer dans chaque département une Commission dite d'enquête sur la situation du travail au point de vue du commerce, de l'industrie et de l'agriculture (1897), il prit part à de nombreux débats sur : le projet de loi concernant les associations de malfaiteurs (1893), la proposition de loi adoptée par le Sénat, relative aux caisses de secours et de retraites des ouvriers mineurs (1894), le projet de loi tendant à réprimer les menées anarchistes (1894), les budgets des travaux publics et de la guerre de l'exercice 1896 (1895), les budgets de l'intérieur, de l'instruction publique et de la guerre, de l'exercice 1897 (1896), le projet de loi adopté par le Sénat concernant la responsabilité des accidents dont les ouvriers sont victimes dans leur travail (1897), les budgets du commerce, des travaux publics, des P.T.T. et de la guerre de l'exercice 1898 (1897 et 1898). Dans la discussion des différents budgets de la guerre, il se préoccupait plus spécialement des ouvriers des établissements militaires. Il demanda, en outre, d'interpeller le Gouvernement sur l'attitude de certains fonctionnaires dans les conflits qui éclatèrent entre ouvriers étrangers et ouvriers français à Rive-de-Gier (1895) et intervint au cours de la discussion d'interpellations : sur le retard apporté par l'administration des travaux publics à statuer sur les règlements des caisses da secours des ouvriers mineurs (1895), sur les mesures à prendre contre le chômage (1897), sur la réduction du nombre des visites faites par les délégués à la sécurité des ouvriers mineurs dans les mines du Pas-de-Calais (1897), sur l'application de la loi concernant les délégués à la sécurité des ouvriers mineurs (1897).

Il subit un échec aux élections générales des 8 et 22 mai 1898, où Victor Gay emporta le siège de justesse au deuxième tour de scrutin, par 7.535 voix contre 7.457 à lui-même, sur 15.234 votants. Mais il prit sa revanche à celles des 27 avril et 11 mai 1902, en battant Victor Gay au deuxième tour de scrutin, par 10.265 voix contre 7.904, sur 18.300 votants. Il entra à la Commission da la justice militaire, à celle du commerce et de l'industrie, à la Commission d'enquête sur l'industrie textile, à la Commission de révision de la loi de 1853 sur les pensions civiles et à la Commission supérieure de la Caisse nationale des retraites pour la vieillesse. Il déposa une proposition de loi sur le traitement des instituteurs et des institutrices (1903), et se fit entendre à la tribune au cours de la discussion : des interpellations relatives aux grèves (1902), des budgets du commerce et de l'industrie, de la guerre, et de la loi de finances de l'exercice 1903 (1903), des interpellations sur le nouveau tarif pour les avoués, préparé par le garde des sceaux (1903), du budget de la guerre de l'exercice 1904 (1903), des budgets des beaux-arts, des conventions et garanties d'intérêt, et de la guerre de l'exercice 1905 (1904), et des propositions de loi concernant les retraites ouvrières (1905).

Réélu aux élections générales des 6 et 20 mai 1906 au deuxième tour de scrutin, par 10.004 voix contre 8.865 à M. Peuvergne, sur 19.078 votants, il siégea à la Commission de l'assistance et de la prévoyance sociales, et à celle des minés. Il fut chargé de rapporter la proposition de loi tendant à faire bénéficier les délégués à la sécurité des ouvriers mineurs, des dispositions de la loi sur les accidents du travail (1910), et le projet de loi concernant l'application de la loi sur les accidents du travail aux ouvriers et employés des exploitations de l'état (1910). On l'entendit parler : sur le budget de la guerre de l'exercice 1907 (1906), sur les budgets des travaux publics et de la guerre de l'exercice 1908 1907), sur le budget de la guerre de l'exercice 1909 (1908), sur le projet et les propositions de loi concernant les conseils de guerre (1909), sur les propositions de loi tendant à modifier le tarif général des douanes (1909), sur les budgets du travail de la prévoyance sociale, et de la guerre de l'exercice 1910 (1910), et sur la proposition de loi concernant les retraites ouvrières et paysannes (1910). Il demanda encore à interpeller le Gouvernement sur les mesures propres à hâter l'adoption de la loi sur les retraites ouvrières (1907) et développa cette interpellation l'année suivante.

Il échoua aux élections générales des 24 avril et 8 mai 1910, au deuxième tour de scrutin, où il n'obtint que 9.023 voix contre 9.515 à M. Antoine Arbel qui lui succéda, sur 18.696 votants.

Il tenta encore sa chance à celles des 26 avril et 10 mai 1914, mais en vain. Il fut battu par M. Blaise Neyret au deuxième tour de scrutin, par 8.813 voix contre 8.435 à lui-même, sur 17.489 votants.

A la suite de son échec de 1910, il entra dans la magistrature et fut nommé juge au tribunal de Bourgoin, le 7 décembre 1911. Le 30 janvier 1912, il y fut chargé pour trois ans de l'instruction, puis reprit ses fonctions de juge le 5 juillet 1919. Le 27 octobre de la même année, il était muté en qualité de juge da paix à Reims (premier et troisième canton) ; le 28 octobre 1924, il devenait juge de paix de première classe à Versailles (canton ouest) et le 14 avril 1926, juge de paix à Saint-Maur-des-Fossés (Seine). Il devait y mourir deux ans plus tard, le 21 décembre 1928, âgé de 70 ans.

Il avait collaboré en 1898 à une publication intitulée : Le Canal de jonction de la Loire au Rhône.