Armand, François, Bon, Claude de Bricqueville

1785 - 1844

Informations générales
  • Né le 23 janvier 1785 à Bretteville (Manche - France)
  • Décédé le 19 mars 1844 à Paris (Paris - France)

Mandats à l'Assemblée nationale ou à la Chambre des députés

Régime politique
Seconde Restauration - Chambre des députés des départements
Législature
IVe législature
Mandat
Du 17 novembre 1827 au 16 mai 1830
Département
Manche
Groupe
Opposition
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ire législature
Mandat
Du 23 juin 1830 au 31 mai 1831
Département
Manche
Groupe
Opposition
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIe législature
Mandat
Du 5 juillet 1831 au 25 mai 1834
Département
Manche
Groupe
Opposition
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
IIIe législature
Mandat
Du 21 juin 1834 au 3 octobre 1837
Département
Manche
Groupe
Opposition
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
Ve législature
Mandat
Du 13 novembre 1841 au 12 juin 1842
Département
Manche
Groupe
Opposition
Régime politique
Monarchie de Juillet - Chambre des députés
Législature
VIe législature
Mandat
Du 9 juillet 1842 au 19 mars 1844
Département
Manche
Groupe
Opposition

Biographies

Biographie extraite du dictionnaire des parlementaires français de 1789 à 1889 (Adolphe Robert et Gaston Cougny)

Député de 1827 à 1837 et de 1841 à 1844, né à Bretteville (Manche), le 23 janvier 1785, mort à Paris, le 19 mars 1844, il descendait d'une famille de vieille noblesse normande; son père fut fusillé par les républicains, en criant : Vive le roi!

A 17 ans, il entra à l'Ecole militaire de Fontainebleau; il en sortit sous-lieutenant de cavalerie, passa lieutenant de dragons en 1807, et aide de camp du général Lebrun, fit les campagnes de Prusse, de Pologne, d'Espagne, de Russie et de France; capitaine en 1808, chef d'escadron et officier d'ordonnance de Napoléon en 1812, et lieutenant-colonel des lanciers de la garde en 1813, il se distingua sur tous les champs de bataille par son intrépide valeur.

A la chute de l'Empire, il voulut se retirer, mais, étant encore à la tête de ses lanciers, il rencontra Louis XVIII qui rentrait en France, suivi d'une escorte prussienne. Bricqueville se fit céder la place par l'officier étranger : « Sire, dit-il au roi, V.M. ne doit rentrer en France que sous la protection des Français.» Il accompagna le roi jusqu'à Saint-Ouen, et là lui remit respectueusement sa démission.

Aux Cent-jours, colonel du 20e dragons, il eut la plus grande part à la victoire de Ligny, et fut mis à l'ordre du jour de l'armée; n'ayant pu, malgré ses instances, faire marcher Grouchy du côté de Waterloo, il revenait à Paris, quand il rencontra près de Versailles une colonne de cavalerie prussienne ; il fondit sur l'ennemi, en tua un grand nombre, et eut lui-même la tête fendue d'un coup de sabre, et le poignet presque enlevé.
Il prit alors sa retraite, fut mêlé à plusieurs complots bonapartistes des premières années de la Restauration, et, le 17 novembre 1827, fut élu député dans le 4e arrondissement électoral de la Manche (Valognes), par 164 voix sur 318 votants et 402 inscrits, contre 144 voix données à M. Avoyne de Chantereine. Il siégea dans l'opposition, et vota constamment avec elle, en adversaire irréconciliable des Bourbons.

Réélu le 23 juin 1830, par 211 voix sur 393 votants et 436 inscrits, contre M. de Bonnemains qui eut 160 voix, il applaudit à la révolution de Juillet, et demanda le bannissement de la branche aînée des Bourbons, en déposant un projet de loi calqué sur la loi du 12 janvier 1816, par laquelle les Bourbons avaient frappé d'exil les membres de la famille Bonaparte. Mais la monarchie de juillet ne l'eut pas longtemps pour soutien; « cette série d'actes arbitraires, d'humilités extérieures et d'usurpations hardies, masquée avec les mots d'ordre et de devoir» le jeta dans l'opposition constitutionnelle; les électeurs du 3e collège électoral de la Manche (Cherbourg) lui ayant renouvelé son mandat de député, le 15 juillet 1831, par 176 voix sur 253 votants et 351 inscrits, contre 56 voix données à l'amiral de Rigny, il demanda, au nom de l'égalité devant la loi, la mise en jugement de la duchesse de Berry ; ayant vivement attaqué à la Chambre le maréchal Soult, il se battit en duel avec le fils de ce dernier, et déclara le lendemain à la tribune qu'il maintenait tout ce qu'il avait dit.
Réélu, le 21 juin 1834, par 171 voix sur 331 votants et 394 inscrits, contre M. Quénault (160 voix), il échoua aux élections suivantes du 4 novembre 1837, avec 150 voix contre 313 données à M. Quénault, élu. M. Quénault ayant été nommé procureur général à la Cour de cassation, fut soumis, à la réélection, le 13 novembre 1841, et fut battu par M. de Bricqueville, élu par 275 voix contre 247; ce dernier l'emporta encore au scrutin du 6 juillet 1842, avec 274 voix sur 514 votants et 592 inscrits, sur le général Meslin (144 voix), et sur M. Noël (94). Quelques jours avant de mourir (mars 1844), et déjà gravement malade, le colonel de Bricqueville se fit porter à la Chambre pour demander que les restes du maréchal Bertrand fussent déposés aux Invalides, auprès de l'empereur. Il expira quelques jours après.

Il était commandeur de la Légion d'honneur.

Date de mise à jour: octobre 2013